|
Centenaire des 24 Heures du Mans. Yves Courage : « ce qui se prépare est fantastique »1 |
3
En 2007, Hugues de Chaunac (Oreca) a repris l’écurie fondée par Yves Courage, avec les débuts de la Cougar C01 (N.35, à gauche) aux 24 Heures 1982. © Le Maine Libre – Denis LAMBERT
Le retour massif des grandes marques aux 24 Heures laisse pantois le Manceau Yves Courage, venu sur la grande scène des constructeurs il y a tout juste 40 ans !
Il y a tout juste quarante ans, Yves Courage débutait aux 24 Heures du Mans en tant que constructeur sur la grande scène de l’endurance avec un prototype fermé baptisé Cougar C01. Le début de cette aventure, longue de 25 ans sur toutes les pistes mondiales, marquait aussi la naissance de la nouvelle catégorie Groupe C et la présence massive des constructeurs : 19. Du jamais vu depuis 1964.
Le Maine Libre : Yves, le monde de l’endurance fait-il toujours partie de votre quotidien ?
Yves Courage : « En tant que Manceau et passionné de sport automobile, je suis toujours à l’écoute de l’actualité. Bien que retiré du monde de la compétition, la course des 24 Heures m’intéresse autant. Et ce qui se prépare me semble vraiment fantastique… »

L’équipe belge WRT fera équipe avec BMW. bmw
Etes-vous surpris justement par le retour en masse des constructeurs ?
« Waouh, quel plateau pour le centenaire ! C’est incroyable. Cela me rappelle les Groupe C, il y a quarante ans, avec Nissan, Mercedes, Toyota… La tournure des choses, surtout dans un monde où certains n’hésitent pas à tirer à boulets rouges, est forcément une bonne nouvelle pour l’endurance et l’ACO. On va assister à de belles courses. Le Mans va redevenir la course à la diversité, avec des voitures au style différent. Cela va nous changer de la catégorie monotype du LMP2 vis-à -vis de laquelle le grand public à du mal s’y retrouver. Un public de connaisseurs qui est toujours aussi nombreux d’ailleurs. »
Le thermique a-t-il encore de l’avenir selon vous ?
« J’ignore si cette crainte a contribué au rapprochement des organisateurs américains de l’IMSA et du Mans, avec un règlement commun, mais je pense que d’une façon générale on verra encore des choses entre ce qui est annoncé aujourd’hui pour le thermique et ce qui se passera vraiment demain. Pour le reste, à savoir l’électrique et l’hydrogène, il faut donner du temps au temps… »

Cadillac fera équipe avec les teams américains Chip Ganassi et Action Express). Cadillac
Votre avis sur les nouvelles Hypercars ?
« Elles sont superbes, même si certaines ont des look surprenant. À ce stade, il n’est pas facile de savoir qui sera compétitif. Nous sommes typiquement sur le schéma de la Formule 1 et nous n’en saurons guère plus tant qu’elles n’auront pas roulé ensemble… La balance de performance (BoP) ? C’est le grand mal du siècle mais indispensable. Bien sûr, du fait de son expérience en endurance Porsche semble solide, mais il y a en face d’autres belles équipes. Les constructeurs sont là pour vendre des voitures, développer les autos de demain. Ils ne sont plus là que pour l’image. »
Dans ce nouveau monde de l’endurance, l’artisan Glickenhaus est-il le Courage des années 80 ?
« Il y a beaucoup de similitudes en effet, même si les budgets engagés sont supérieurs à ceux dont nous disposions à l’époque. Il s’agit d’un projet à taille humaine, je connais d’ailleurs certaines personnes qui ont travaillé dessus. Je suis également sidéré par la fiabilité du moteur Pipo, un moteur français. Reste qu’en 2023, la concurrence promet d’être rude face aux grands constructeurs. Aujourd’hui, il faut être adossé à un constructeur pour exister à ce niveau… »
Et combien de jets privés vont débouler en juin prochain, en temps normal c'est déjà l'overdose mais avec le centenaire et le retour de grands constructeurs ça va être le bouquet, ce petit monde ne connait pas la crise et ne sait même pas ce qu'est un TGV, repérez l'immatriculation de ces engins et aller sur Flightaware ou Flightradars, c'est édifiant, les 24h du Mans sont une aubaine financière pour une partie des entrepreneurs manceaux, mais est-ce une raison pour se taire devant la gabegie de ces privilégiés qui n'ont absolument rien à faire de la crise climatique.