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CARNET DE BORD. Julien Canal : «On ne partira pas du circuit avant 1h30 du matin mercredi et jeudi»

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photo  natif du mans, julien canal va participer une 12e fois aux 24 heures du mans  ©  dominique breugnot (aco) 5

Natif du Mans, Julien Canal va participer une 12e fois aux 24 Heures du Mans © Dominique BREUGNOT (ACO)

Pendant les 24 Heures du Mans, le Sarthois Julien Canal (Panis Racing) tiendra un carnet de bord sur Ouest-France et Prolongation. Le pilote natif du Mans raconte les premiers jours sur le circuit, entre la satisfaction de la journée test et l’excitation avant les essais libres. Premier carnet de bord, ce mercredi 18 août 2021.

Pilote semi-professionnel et propriétaire de quatre restaurants McDonald’s au Mans, Julien Canal (Panis Racing) s’apprête à participer une douzième fois aux 24 Heures du Mans. Au volant de l’Oreca 07 Gibson n°65 avec le Britannique Will Stevens et l’Australien James Allen, le pilote de 39 ans a la capacité de décrocher un podium en LMP2. Plusieurs fois pendant l’événement, le natif du Mans tiendra un carnet de bord sur Ouest-France et Prolongation .

Pour le premier opus, il raconte tout l’engouement qui entoure la course d’endurance la plus mythique du monde et explique les spécificités de sa voiture en LMP2. Il fait également le bilan de la journée test de dimanche et se projette sur les essais libres de mercredi et jeudi.

photo à bord de l’oreca 07 gibson n°65 et avec un logo mcdonald’s bien visible, julien canal se dit content de la journée test de dimanche.  ©  daniel fouray / ouest-france

À bord de l’Oreca 07 Gibson n°65 et avec un logo McDonald’s bien visible, Julien Canal se dit content de la journée test de dimanche. Daniel Fouray / Ouest-France

« J’ai 39 ans, je suis papa de trois enfants et j’ai quatre restaurants McDonald’s au Mans. C’est une profession que j’exerce depuis mes 18 ans, j’ai franchi toutes les étapes en interne au Mans et au siège. En parallèle, j’ai commencé le karting à 13 ans pendant une dizaine d’années jusqu’à être champion de France junior de karting. Je fais partie de la même génération que de pilotes qui ont plutôt bien marché en Formule 1 comme Hamilton, Rosberg, Kubica.

En endurance, je vais participer pour la 12e fois aux 24 Heures du Mans. Parmi mes beaux résultats aux 24 Heures du Mans, il y a eu ma victoire en GT1 en 2010 pour ma première participation (sur une Saleen S7R de Larbre Compétition) et deux victoires en GTE Am en 2011 et 2012 (sur une Chevrolet Corvette C6.R de Larbre). J’ai fait deux autres podiums en 2015, avec G-Drive Racing où j’ai fini 3e en LMP2 et l’année dernière avec Panis Racine. J’ai également trois titres de champion du monde en WEC (le World Endurance Championship, le championnat du monde d’endurance FIA, ndlr) en 2012, 2015 et 2017.

Les 24 Heures du Mans, c’est vraiment une course particulière pour moi, car je suis né au Mans. La ligne droite des Hunaudières, je la prends plusieurs fois par semaine pour aller à mon restaurant qui est à Mulsanne (juste à côté du Mans). Emprunter cette route qui nous sert de piste une fois par an aux 24 Heures du Mans fait vraiment partie de mes habitudes. Depuis deux ans en raison du Covid-19, il n’y a pas de parade et de pesage qui sont pourtant des évènements incroyables dans la ville. Ce sont des moments inoubliables, c’est une communion mythique avec le public. Même si ça fait longtemps que je fais les 24 Heures du Mans, ça reste incroyable.

Une voiture de 960 kg pour 600 chevaux qui peut atteindre les 312 km/h

L’essentiel, comme l’année dernière, c’est que la course ait lieu. Il y a des retombées marketing énormes car pour certaines équipes, leurs saisons tournent autour du Mans. Les sponsors affluent pour cette course-là et c’est ce qui leur permet de financer le reste de la saison.

Mais les 24 Heures du Mans, ça reste encore plus mythique au mois de juin. Car c’est le week-end de l’année où le jour est le plus long, vers la mi-juin. C’est un emblème du Mans. L’année dernière, c’était en septembre alors que cette année, c’est en août. Cela ne change pas beaucoup de choses pour nous si ce n’est que ça décale un peu la préparation.

photo au mans plus qu’ailleurs, rien n’est laissé au hasard  ©  dominique breugnot (aco)

Au Mans plus qu’ailleurs, rien n’est laissé au hasard Dominique BREUGNOT (ACO)

Ce week-end, je vais concourir en catégorie LMP2. C’est une voiture prototype avec une seule place à l’intérieur. Elle n’est pas homologuée pour rouler sur la route. On est aussi bas qu’en Formule 1. La voiture pèse environ 960 kg quand on n’est pas dedans et elle fait 600 chevaux. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le rapport poids / puissance est exceptionnel. Par rapport à une voiture GT dérivée du commerce, elle va beaucoup plus vite dans les virages. En ligne droite, elle peut atteindre les 312 km / h. L’organisation a décidé de baisser la vitesse maximale car il y avait une concurrence avec les Hypercar qui est la catégorie reine au Mans.

« À la hauteur d’un concert international ou d’un match de football au stade de France »

Le seul point positif du huis clos, c’est que c’est plus facile pour aller manger et dormir mais les 24 Heures du Mans à huis clos c’est quand même triste. L’année dernière, on a fait un podium avec seulement 100 personnes au pied du podium. Et c’était triste… Alors que d’avoir la foule qui envahit la ligne droite de départ et d’être sur les marches du podium à ce moment-là, c’est juste incroyable. C’est à la hauteur d’un concert international ou d’un match de football au stade de France. C’était un petit peu plus triste mais les passionnés ont réussi à suivre la course.

Le public sera de retour pour la course et heureusement car c’est un peu l’ADN du Mans. Pouvoir mixer professionnels, amateurs et public, c’est génial, même s’il y a des règles sanitaires qui sont ce qu’elles sont.

La journée test de dimanche s’est plutôt très bien passée. On a réussi à avoir un « tour clair » comme on dit dans le jargon (un tour de circuit sans trop de voitures, ndlr). Car avec quatre catégories de voitures sur la piste en même temps, ce n’est pas toujours simple. On est très souvent gêné sur la piste mais avoir ce « tour clair », sans doubler personne, c’est assez rare. On a fait le deuxième meilleur temps, à quinze centièmes des premiers. On est dans le bon wagon mais la catégorie LMP2 est la plus représentée avec 25 voitures.

« Aucun boulon à négliger »

Avec notre 2e place lors des 4 Heures de Barcelone en avril dernier et notre victoire lors des 4 Heures de Monza en juillet, on a de belles chances de figurer dans les cinq premiers et sur le podium si on réussit à faire une très belle course. Je pense que 50 % des voitures peuvent gagner en LMP2 mais Le Mans reste Le Mans. Ça reste une course d’endurance mais les écarts sont de plus en plus serrés et le niveau augmente d’années en années.

photo julien canal sera accompagné du britannique will stevens et l’australien james allen.  ©  daniel fouray / ouest-france

Julien Canal sera accompagné du Britannique Will Stevens et l’Australien James Allen. Daniel Fouray / Ouest-France

Il y a 5 voire 6 mécaniciens par voiture à chaque arrêt. Il n’y a pas de boulon, un geste à négliger. Il faut rapidement se positionner dans les cinq ou huit premiers et après, c’est plus de la gestion de course et du trafic. On peut faire un très bon temps tout seul mais si on n’arrive pas à doubler les autres, ça ne sert à rien. Il faut aller vite certes mais il faut aussi avoir une bonne vision de la course et savoir travailler sur la longueur.

« On a deux voire trois pièces neuves de chaque élément »

On a fini tard dimanche après la journée test car on a fait beaucoup de débriefings avec les ingénieurs et les autres pilotes. Que ce soit lundi ou mardi, on a eu les matinées libres et on s’est retrouvé dimanche midi pour manger ensemble. Ensuite, on a visionné les vidéos embarquées de chacun pour voir comment on a négocié nos virages et les angles de volant dans la voiture. On travaille sur la manière dont on peut optimiser les passages de vitesses. Rien n’est laissé au hasard, il n’y a pas d’improvisation.

Mercredi et jeudi, ont lieu les essais. On va prendre la piste pour voir comment la voiture est. On a changé énormément de pièces dans la voiture avant les essais. Hormis la chassie de base, la plupart des pièces de la voiture sont neuves pour éviter tout problème. On a deux voire trois pièces neuves de chaque élément de la voiture au cas où il y a un accrochage voire de la casse. On va faire un tour de circuit puis un check up de la voiture pour voir si tout tient bien. C’est important car quand on roule à 300 km/h, on regarde tous les serrages, toutes les pièces. On pourra ensuite simuler des relais plus longs pour voir le comportement de la voiture.

« On ne partira pas du circuit avant 1h30 du matin mercredi et jeudi »

Les autres années, les essais préliminaires étaient quinze jours avant le début de la course donc on n’a pas trop eu le temps de faire d’autres activités comme des balades à vélo ou du bowling. Même si la journée de vendredi sera plus cool, on ne partira pas du circuit avant 1h30 du matin mercredi et jeudi. L’année dernière, on avait fait un peu de paddle au Cedre juste à côté du Mans. Le programme de vendredi sera un peu plus léger car il faut qu’on reste frais pour la course samedi. Il faut donc éviter de piétiner et maximiser son énergie toute la semaine.

J’aime bien que mes affaires soient bien rangées et au bon endroit. J’ai trois paires d’oreilles au cas où j’en perds une et j’ai deux paires de gants. Il faut que tout soit bien calé pour qu’on n’ait rien à chercher au moment d’aller dans la voiture.

photo pour julien canal comme pour ses 183 autres concurrents, les essais libres se déroulent mercredi et jeudi.  ©  dominique breugnot (aco)

Pour Julien Canal comme pour ses 183 autres concurrents, les essais libres se déroulent mercredi et jeudi. Dominique BREUGNOT (ACO)

Par rapport à la journée test, les essais libres sont plus espacés dans le temps. L’autre différence, c’est qu’il y a un chronométrage officiel et qu’on va rouler de nuit. C’est important car on va pouvoir s’habituer au circuit de nuit pour voir s’il n’y a pas de lumière dans les virages qui ont changé… Il y aura une partie des qualifications qui vont commencer mercredi soir.

Je fais partie de la catégorie des pilotes professionnels et amateurs donc je vais être ciblé sur le test des longs relais pour aider le pilote pro. Chacun a son rôle dans la course. Ce sera Will Stevens qui mettra au point la voiture afin qu’elle soit du mieux possible pour la qualification. »

 
Julien CANAL (recueilli par Théo QUINTARD).    Ouest-France  

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