|
Basket. Elite : le MSB tombe face à Monaco, non sans avoir lutté... |
1
La précision de Johnny Berhanemeskel a remis Le Mans dans le bon sens, au deuxième quart-temps. © Dominique Breugnot
Les Sarthois, très mal partis en premier quart-temps, ont remonté les Monégasques, jusqu’à prendre l’avantage. Mais la puissance et le réalisme de la Roca Team ont donné l’avantage à Monaco, en fin de match (84-93).
Vincent Loriot, directeur sportif du MSB et vieux briscard du basket avait prévenu, en amont : « C’est une équipe qui décide : quand elle veut gagner, elle peut écraser n’importe qui en France. J’espère simplement qu’elle n’aura pas cette motivation-là , ce dimanche. » Des paroles pleines de sens, au regard du scenario du début de match. Face aux Monégasques, Le Mans n’a pas vraiment existé… du moins pendant 15 minutes.
Car la Roca team a largement dominé le premier quart-temps, imposant d’entrée un rythme trop élevé pour Le Mans. Portés par une adresse insolente (90 % à 2 pts, 67 % à 3 pts), les Monégasques ont rapidement creusé l’écart grâce à l’activité de Strazel, Begarin et Blossomgame, très incisifs en transition. Mike James et Okobo ont ajouté leur touche, alternant agressivité et maîtrise pour alimenter la marque.
Le Mans, rapidement dépassé, n’a trouvé des solutions qu’à travers Jeanne et DiLeo, efficaces près du cercle. Mais les pertes de balle répétées (4 dans le quart) et la domination monégasque au rebond défensif ont empêché toute continuité offensive. Malgré quelques éclairs – notamment un tir primé de Berhanemeskel et l’énergie de Travante Williams – le MSB a subi la densité physique et la vitesse de Monaco. Avec un écart grimpant jusqu’à + 19, Monaco a contrôlé la période de bout en bout et a imposé son empreinte dès les premières minutes. Et surtout, terminait son premier quart-temps à 18-35, un score bien rare, en Elite, en entame de match.
Le Mans résiste, prouve qu’il existe
Et puis, un réveil, un sursaut. En fin de deuxième quart-temps, Le Mans change radicalement de visage. Après un début de période toujours en faveur de Monaco, le MSB retrouve de l’énergie et de la confiance.
Shannon Bogues déclenche le mouvement avec un lancer puis un layup décisif, donnant le ton à une équipe qui jusque-là semblait en retard sur tous les duels. La défense mancelle se durcit instantanément : Travante Williams et Wilfried Yeguete multiplient les interceptions et les contres, forçant Monaco à précipiter ses attaques. Les balles perdues s’enchaînent pour la Roca Team, et l’écart, longtemps figé, commence enfin à fondre.
Mention spéciale au tir primé de DiLeo, qui remettait les Sarthois dans le bon chemin (29-41, 14’). Offensivement, Trevor Hudgins retrouvait son calme et orchestrait mieux le jeu, alternant passes et tirs intelligents. Berhanemeskel, malgré une faute technique précédente, revenait avec une précision clinique, enchaînant lancers et tirs à distance, tandis que le public d’Antarès retrouvait logiquement sa voix. Même des joueurs comme David DiLeo s’illustraient, grattant des rebonds et provoquant des fautes, alimentant la dynamique du MSB.
Une autre rythme
Le troisième quart-temps démarre sur un rythme intense et équilibré, avec Le Mans et Monaco à égalité (68-68) grâce à Bogues. Dès l’entame, Wilfried Yeguete dynamise le MSB avec un layup rapide suivi d’un rebond offensif décisif. Les premières minutes témoignent d’une alternance de scores et de possessions tendues : Trevor Hudgins répond immédiatement par des tirs à trois points et des lancers francs, et si James en fait de même, maintenant Monaco dans le match, la réactivité mancelle ne faiblit pas.
Le Mans se montre particulièrement agressif sous les panneaux. Yeguete et Williams les rebonds offensifs, forçant les fautes et créant des opportunités faciles à scorer. Shannon Bogues et Travante Williams trouvent la faille dans la défense adverse avec des layups précis, tandis que le collectif manceau impose sa fluidité sur les passes et la circulation du ballon. Chaque possession est disputée, et la rencontre prend des allures de bras de fer physique, ponctué de contres spectaculaires, de tirs ratés mais suivis de récupérations rapides et d’interceptions cruciales.
Offensivement, la force du MSB repose sur la complémentarité de ses joueurs : Hudgins gère le tempo et distribue, Berhanemeskel apporte ses tirs longue distance, et Thomas s’impose dans la peinture. Monaco, malgré ses efforts et quelques actions de Mike James et Alpha Diallo, peine à trouver de la régularité face à la pression mancelle. Le Mans, tout en gardant la maîtrise défensive, réussit à reprendre légèrement l’avantage avant de finir ce quart-temps à égalité : 68-68.
Monaco reprend la main
Le dernier quart s’ouvre sur un Le Mans déterminé à coller au score. Les rotations se multiplient, tandis que Hudgins et Berhanemeskel gèrent la pression offensive. Chaque possession est disputée : rebonds défensifs, tirs ratés et fautes s’enchaînent. Makoundou et Dufeal créent des opportunités clés, tandis que Begarin et James tentent de maintenir Monaco devant. L’intensité reste maximale, et le score reste étriqué, promettant une fin de match haletante. Et si Monaco semble retrouver la maîtrise qui lui a fait défaut 20 minutes durant, le MSB a clairement pris confiance. Témoin, ce lay up d’Hudgins qui permettait de rester au score (73-79)
Mais peut-être aussi que l’excès d’énergie mis pour revenir commence à se faire ressentir. Car Le Mans commençait à souffrir, physiquement. Et la précision d’Okobo commençait aussi à peser 73-82). Et les Monégasques commençaient à reprendre, petit à petit, une avance confortable. Au point de posséder 11 unités d’avances à 4 minutes du buzzer. La tension était là , témoin, l’exclusion de James, sur une faute technique, non sans une certaine colère du meneur monégasque.
Les Sarthois, malgré tout, ne baissaient pas les yeux, et Berhanemeskel, décidément très en forme gardait les Sarthois au près (80-89, 38’). Dès lors, les hommes de Spanoulis géraient les dernières possessions, et Monaco ne s’imposait pas aussi facilement qu’on aurait pu le croire (84-93).