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Basket (Pro A) : Le Bouille : « Je me suis vraiment fâché »... |
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Pour Kahudi et les Manceaux, le temps presse. © DOMINIQUE BREUGNOTteamdbc-pictu
Pro A. Le Mans - Nanterre, ce soir (20h). Le président du directoire du MSB s’est fâché hier matin. Il attend une réaction dans un contexte d’urgence.
Christophe Le Bouille, peut-on parler de crise au MSB ?De crise non à proprement dit dans le sens où on l’entend habituellement. Il y a une crise de confiance, c’est certain. De la souffrance aussi. Mais je dois l’avouer la frontière est mince entre ces deux types de crise.
Avez-vous diagnostiqué les symptômes qui affectent l’équipe ?C’est la même chose depuis le début de la saison. Il y a eu des erreurs de casting. Il y a eu un nombre effarant de blessés. Après pour ce qui est des bilans définitifs, je les dresserai plus tard. L’objectif du moment est d’aller en play off.
Justement quels sont vos leviers dans ce type de situation ?Ils sont avant tout psychologiques et mentaux. Je suis tout bonnement effaré de notre comportement de samedi à Rouen qui était dans la droite ligne de notre 2e mi-temps en Roumanie. Les joueurs sont très vite découragés, il y a une sorte de démission sur le terrain. L’équipe se retrouve alors sans réaction, sans intensité. Ce n’est pas admissible. J’attends bien autre chose des joueurs et du staff. J’attends qu’ils se battent au maximum de leurs possibilités. S’ils perdent, en ne développant pas un jeu fantastique, je peux l’accepter. Mais là ce n’est pas le cas. Nous avons un contrat avec les joueurs. Il y a des droits et des obligations.
On vous sent remonté ?Le club a tout fait pour mettre cette équipe dans les meilleures conditions. Le club s’est investi et j’ai le sentiment de ne pas être payé en retour. J’ai ma part de responsabilité, j’ai mis des gens en place. Je me suis vraiment fâché et ce n’est pas dans mes habitudes.
Pensez-vous qu’il y a une cassure entre Erman Kunter et son groupe de joueurs ?Je ne pense pas que l’on peut parler de cassure. Il y a des soucis de compréhension. Les joueurs et le coach ont la réponse à cette question. Je ne suis pas sur le terrain. Chacun son rôle, chacun sa place. Le mien a été de rappeler fortement les attentes du club. On leur a demandé beaucoup d’efforts, il y a eu beaucoup de matches, il y a une usure physique et mentale, je le conçois. Tant que nous avions des objectifs à court terme, l’équipe arrivait à se faire violence. Je pense qu’après la Coupe d’Europe, il y a eu une décompression.
C’est embêtant alors que les play off ne sont pas acquis, loin de là…Jusqu’à présent, cette équipe a toujours eu un fonctionnement en réaction. Là, avec les play off, il ne faut pas attendre quatre ou cinq matches pour se mettre en route. Gagner face à Nanterre, c’est notre premier objectif.
Votre discours a suscité des réactions de la part du groupe ?Franchement, pas beaucoup. C’est surtout moi qui ai parlé.
Des joueurs sont dans le collimateur ?Je ne vise aucun joueur en particulier. Je vise l’équipe dans sa globalité. Je suis en droit d’attendre plus de Rodrigue Beaubois mais je me pose surtout la question pourquoi il n’est pas bon. Il n’y a pas si longtemps, il nous a permis de gagner à Pau. Je suis certain que c’est collectivement que l’on va s’en sortira. Si nous attendons que Rodrigue inscrive 30 points à chaque match, ce n’est pas la peine. J’attends une réaction d’orgueil, que joueurs et staff se remettent en cause. Je pense qu’il peut se passer quelque chose.
Et si le MSB n’allait pas en play off ?Je n’en suis pas là. Aujourd’hui, la possibilité est encore là. Je sais qu’un jour notre série de présence en play off s’arrêtera. Mais je n’accepterai pas qu’elle s’arrête de cette façon car cette équipe a le potentiel de faire autre chose. Il ne faut pas abandonner.