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Le Mans FC sauvé ou coulé : décision lundi... |
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Maîtres Nicolas Bon et Catherine Léger, ici avec le président Henri Legarda, ont défendu les intérêts du club.
© Franck Dubray
Le Mans FC. Le juge du tribunal administratif de Nantes rendra sa décision lundi. Les Manceaux sauront alors s'ils sont sauvés en National. Ou pas...
Les intervenants
Le juge des référés du Tribunal administratif de Nantes Jean-Yves Guéguen a écouté hier après-midi pendant près de deux heures les avocats du Mans FC (Maîtres Nicolas Bon et Catherine Léger) et de la Fédération française de football (Maître Claudine Morain).
Les arguments du Mans
Dans sa plaidoirie, Maître Nicolas Bon a insisté sur les conséquences irrémédiables d'une relégation en CFA et de l'illégalité de la décision de la commission d'appel de la DNCG (Direction nationale de contrôle de gestion).
« Reléguer le club en Division d'honneur était une des sanctions les plus lourdes prononcée contre un club. C'était complètement disproportionné. Reléguer le club manceau en CFA, c'est lui faire perdre le statut professionnel, son centre de formation, le contraindre à résilier tous les contrats de joueurs. C'est aussi le priver de recettes, de droits télévisuels. Des décisions irrémédiables qui ne peuvent pas être réparées par des dommages et intérêts. Il faut arrêter de vouloir tuer ce club. Car enfin, quel risque y a-t-il pour la Fédération et la Ligue à ce que Le Mans FC joue en National ? Que le bon déroulement de la compétition ne soit pas assuré ? On apporte la preuve que le club a les moyens de jouer en National ! »
« Concernant la décision de la DNCG, je m'étonne qu'elle ait été prise à la suite d'une réunion téléphonique. Ce n'est pas légal. C'est possible pour un conseil d'administration urgent. Pas dans ce cas. On ne sait même pas si le quorum a été atteint. Et on ne nous a pas permis de nous exprimer. Nous n'avons été ni informé, ni convoqué, ni auditionné. À aucun moment, il n'y a eu de débat contradictoire. C'est complètement illégal. »
Maître Catherine Léger a, de son côté, insisté sur le rôle économique et social du club : « Dans cette affaire, il y a quand même une entreprise et des emplois à sauver. J'affirme que le club du Mans a l'ensemble des financements nécessaires pour assurer son avenir et apurer ses dettes et a même de nouvelles possibilités de rentrée d'argent. Les éducateurs du club ont un savoir faire qui intéresse des clubs français et étrangers. Cela, c'est du concret, il n'y a pas d'aléas sportifs. »
Les arguments de la Fédération
De son côté Maître Claudine Morain a estimé que« le club n'avait pas engagé les moyens nécessaires pour s'engager en National. Dès le mois de février, la DNCG l'avait alerté. La situation financière apparaissait déjà très compromise. La relégation en Division d'honneur ne relevait pas d'une sanction mais d'une mesure administrative puisque la situation financière du club ne permettait pas d'assurer sa pérennité. Le club a souvent changé ses conditions de recettes au cours des derniers mois. Jusqu'à quand cela va t-il durer? »
Ce que demande Le Mans FC
« Je vous demande d'enjoindre la Fédération et la Ligue d'inscrire Le Mans FC en National et de lui délivrer le statut professionnel », a demandé Maître Nicolas Bon.Avant d'insister sur les deux requêtes : « Il ne faudrait pas que par un nouveau tour de passe-passe, la Fédération inscrive le club en National et que la Ligue ne lui attribue pas le statut professionnel... »
Et maintenant ?
Le juge a placé le jugement en délibéré. « La décision sera sans doute rendue lundi en fin de journée », a t-il conclu.
Ouest-France