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24 Heures du Mans. Retour sur les « années en 0 »

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photo retour sur les éditions en 0 de l’histoire des 24 heures du mans. © ouest-france 13

Retour sur les éditions en 0 de l’histoire des 24 Heures du Mans. © Ouest-France

Avant d’attaquer l’édition 2020, lancée ce samedi 19 septembre sur le circuit, revivons ensemble, par décennie, quelques-uns des faits marquants des 24 Heures du Mans des « années en 0 ».

21 et 22 juin 1930 – Mareuse et Siko, premières femmes et premier équipage 100 % féminin

Elles s’appellent Odette Siko et Marguerite Mareuse. Elles ont respectivement 30 et 41 ans. Et elles sont les premières femmes pilotes de l’histoire des 24 Heures du Mans.

C’est donc le 21 juin 1930 que cet équipage 100 % féminin entre dans l’histoire, au volant de la rutilante Bugatti Type 40 « bleu de France » n° 25. Dans un univers très masculin, les deux  vaillantes et expertes conductrices », selon l’expression de L’Ouest-Éclair de l’époque, ne sont pas venues faire de la figuration. Et elles vont le prouver de la plus belle des manières en finissant 7es de cette course très accrochée, après avoir bouclé 132 tours.

Deux ans plus tard, associée à Louis Charavel, dit « Sabipa », Odette – par ailleurs excellente joueuse de tennis – décrochera une très belle 4e place,  meilleure performance féminine à ce jour »,précise le site de l’Automobile-club de l’ouest (ACO).

Les deux femmes pilotes ont ouvert la voie à des générations de conductrices. L’édition 2020 des 24 Heures du Mans comptera d’ailleurs deux équipages 100 % féminins : Tatiana Calderon, Beitske Visser et Sophia Flörsch sur une Oreca 07 Gibson, en LMP2, et Manuela Gostner, Rahel Frey et Michelle Gatting en GTE-Am sur une Ferrari 488 GTE Evo.

1940 – Première annulation des années de guerre

Le 3 septembre 1939, la France déclare la guerre à l’Allemagne nazie. Les 24 Heures du Mans entrent dans un tunnel de près de dix ans. Tunnel que l’ACO avait vu venir :  Les exigences du moment, les besoins de l’autorité militaire et d’autres considérations qu’il est inutile de préciser nous priveront certainement pendant longtemps de cette grande manifestation  , confiait M. Berthier, directeur de l’ACO, au journaliste de L’Ouest-Éclair dès février 1940.

Il précise que  le circuit a reçu une affectation spéciale et n’est pas près d’être rendu à la circulation automobile.  Un camp a été construit dessus par les Anglais, à Mulsanne. Il deviendra le Frontstalag 203 pendant l’Occupation, puis un camp de détention de prisonniers allemands à la Libération. Bombardées, chamboulées, il ne reste plus grand-chose des  installations du circuit permanent de la Sarthe  au sortir de la guerre. Il faudra tout reconstruire… Les pilotes et le public ne retrouvent les 24 Heures qu’en 1949.

24 et 25 juin 1950 – Rosier père l’emporte en – presque – solitaire

Cette édition de 1950 est marquée par l’exploit d’un papa pilote de 44 ans : Louis Rosier. Engagé avec son fils – Louis aussi, mais appelé Jean-Louis – il aurait remporté la course après avoir conduit durant presque toute l’épreuve, ne prêtant le volant à son fiston qui vient de fêter ses 25 ans que pour deux tours.  On sait aujourd’hui qu’il n’en est rien », modère Gérard de Cortanze, qui, dans son Histoire des 24 Heures du Mans pour les Nuls, explique qu’on  suggéra au père et au fils de s’arranger avec la réalité  pour relancer les 24 Heures du Mans sur un exploit.

D’autant que l’année précédente, l’Italien Luigi Chinetti avait fait sensation en remportant la course sur Ferrari, après avoir conduit pendant 22 h 48 ! Lord Selsdon, son coéquipier, n’aura pas eu tellement l’occasion de goûter aux joies du pilotage.

Combien de temps Louis junior a-t-il réellement conduit cette année-là ? 2 tours ? 2 heures ? Plus ? Ce qui est certain, c’est que papa Rosier a tenu le volant durant la très très grande majorité de la course, réalisant un véritable exploit.

Deux ans plus tard, Pierre Eugène Alfred Bouillin, dit Pierre Levegh – qui trouvera la mort dans de terribles circonstances en 1955 – sera à deux doigts de signer l’exploit absolu. Engagé sur une Talbot Lago T26 GS, avec René Marchand qui ne conduira pas une seconde, il devra abandonner à seulement 1 h 15 de la fin, alors qu’il était confortablement en tête…

L’année suivante, en 1953, le nouveau règlement interdit aux pilotes de conduire plus de 80 tours d’affilée et met fin à l’ère des « marathoniens » du volant.

Une petite curiosité a animé les vérifications techniques de cette édition qui se sont déroulées au manège de la caserne Cavaignac, les 20 et 21 juin 1950. Le journaliste de Ouest-France note la présence de peintres autour d’une  magnifique Jaguar  sur laquelle ils inscrivent le numéro 15. Mais il ne s’agit que d’une doublure de la voiture de Peter Clark, qui  servira aux prises de rues du film que doivent tourner des cinéastes anglais sur les 24 Heures du Mans . Le film a-t-il vu le jour ?

Lors de cette édition, la passerelle des 24 Heures est habillée par une grande marque de pneus : Dunlop.

25 et 26 juin 1960 – Le maçon sarthois se classe 4e sur son cheval cabré

Sacré pilote, que ce Fernand Tavano ! Après avoir épaté les spectateurs sarthois en se classant 5e de l’édition 1959 des 24 Heures du Mans, l’entrepreneur en maçonnerie d’origine italienne, né à Sillé-le-Guillaume en 1933, décroche en 1960 une magnifique 4e place (et première GT !) avec son coéquipier Pierre Dumay, dit « Loustel ». Ovationné par la foule et ses nombreux amis, le tandem encore tout chaud de sa victoire sur la Route du pétrole Alger – Hassi Messaoud – Alger, ne cachait pas sa satisfaction à l’arrivée.

Leur Ferrari 250 GT a tourné comme une horloge.  À Maison Blanche notamment, elle passait avec plus de facilité que toute autre  , confiait Fernand Tavano à Ouest-France à la fin de la course.

Cette édition consacre une nouvelle fois la domination de Ferrari, qui réussit à placer six voitures dans les sept premiers, dont deux sur les deux premières marches du podium.

Le pilote et journaliste Paul Frère ne pouvait espérer plus beau cadeau que cette victoire – remportée avec son compatriote belge Olivier Gendebien – pour sa huitième et dernière participation aux 24 Heures du Mans. Il reviendra sur son expérience sur le circuit sarthois et sur l’histoire de l’épreuve dans son livre Les 800 heures du Mans.

13 et 14 juin 1970 – Porsche signe sa première victoire au Mans

Porsche et Le Mans forment un couple solide depuis 1951. Trois ans seulement après sa création, la firme allemande est au départ des 24 Heures. À partir de cette date, pas une édition ne se déroulera sans qu’une Porsche soit au départ.

Mais la victoire se fait attendre. L’année précédente, lors de la palpitante édition de 1969 qui s’est achevée sur un sprint d’anthologie, la firme de Stuttgart est passée à deux doigts du titre avec une 908.

La marque de Stuttgart est bien décidée à l’emporter enfin. Sa fantastique 917 est désormais une redoutable machine à gagner et, comme s’il fallait un signe supplémentaire, c’est « Ferry », le fils de Ferdinand Porsche, le fondateur de la marque, qui donne le départ. Cette fois, c’est sûr, ce sera l’année de Porsche. Et effectivement, 24 heures plus tard, Porsche monte sur la première marche du podium… ainsi que sur la deuxième et la troisième. Un triomphe !

L’autre événement de cette édition des 24 Heures de 1970, c’est bien sûr la présence de Steve McQueen et de son équipe pour les besoins du tournage du film dont il rêve depuis longtemps : Le Mans.

14 et 15 juin 1980 – L’enfant du pays triomphe sur ses terres

Si une aventure devait illustrer le fameux conseil « Crois en tes rêves ! », c’est bien la victoire de Jean Rondeau au Mans, en juin 1980.

Passionné d’automobile et de 24 Heures depuis l’enfance, au point de rater quelques cours les jours de pesage, comme le confiera sa maman dans son émouvant livre-hommage Un rail de trop, le Sarthois Jean Rondeau a réussi ce qu’aucun autre n’avait encore jamais réalisé : construire sa propre voiture, la piloter et gagner les 24 Heures du Mans.

La victoire de l’équipage Rondeau/Jaussaud sur la Rondeau n° 16 noire, sponsorisée par Le Point, est sans doute l’une des plus belles pages de l’histoire de la course sarthoise. Une deuxième Rondeau se classe 3e, la Porsche 908 de Jacky Ickx et Reinhold Joest s’étant glissée entre les deux.

 Nous avons gagné avec une équipe de gens qui n’étaient pas des ingénieurs mais des passionnés, se souvient Jean-Pierre Jaussaud, sur le site de l’ACO. On aurait pu dire que c’était un projet de fou, dantesque pour des gens qui n’étaient pas des pros, pas compétents pourrais-je même dire à certains postes, mais qui, une fois réunis par Jean Rondeau, devenaient compétents. C’était la force de Jean : savoir rassembler les gens autour de lui. 

16 et 17 juin 1990 – Les Jaguar dévorent le bitume manceau

God save the queen ! Malgré la concurrence des Porsche et des Nissan, les Jaguar britanniques transforment l’essai marqué au Mans deux ans plus tôt, en plaçant deux de ses magnifiques XJR-12 (l’écurie britannique nous a habitués aux voitures d’exception : souvenez-vous de la superbe Type D…) aux première et deuxième places de cette édition très disputée. Il faudra attendre le tout dernier quart d’heure pour être quasi certain de la victoire britannique.

Les 24 Heures 1990 sont aussi celles de l’apparition des chicanes, aménagées pour « casser » la longue ligne droite des Hunaudières, la Fédération internationale du sport automobile ayant décidé de ne pas donner, ou renouveler, l’homologation de tout circuit comprenant une ligne droite supérieure à 2 km. C’est la fin d’une époque que beaucoup regrettent encore.

17 et 18 juin 2000 – Audi empoche sa première victoire au Mans

L’édition 2000 des 24 Heures du Mans est donnée par le « pilote du siècle », le chouchou des spectateurs : Jacky Ickx. « Monsieur Le Mans » a même effectué un tour d’honneur à bord de la GT40 avec laquelle il avait décroché sa première victoire mancelle, en 1969.

Mais revenons à la grille de départ. Pour sa deuxième participation aux 24 Heures du Mans, Audi débarque avec un commando de trois R8, nouvelle version de la R8R arrivée 3e et 4e l’année précédente. Elles occupent les trois premières places sur la grille de départ et se retrouveront sur les trois marches du podium, 24 heures plus tard… Tom Kristensen (un autre « Monsieur Le Mans ») en profite pour empocher sa deuxième victoire sarthoise. L’édition 2000, ça se fête, non ?

Cette année-là, la Courage de Pescarolo Sport décroche une très belle 4e place. Et côté people, on aperçoit Jean-Paul Belmondo, venu soutenir la Viper n° 54 de l’écurie de son fils, Paul Belmondo Racing.

12 et 13 juin 2010 – Peugeot s’enflamme mais Audi triomphe

Peugeot face à Audi… Le duel s’annonce aussi palpitant que féroce, d’autant que les quatre 908 HDI FAP françaises ont réalisé les meilleurs temps des essais et occupent donc les deux premières lignes de la grille de départ.

Juste derrière elles, les trois R15 + TDI allemandes sont à l’affût. Les premières heures de course confirment la suprématie des Françaises. Mais, comme le dit le proverbe,  c’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens . Et au final, eh bien c’est Audi qui signe un nouveau triplé, tandis qu’aucune Peugeot ne finira la course.

 
Olivier RENAULT.   Ouest-France  

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