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24 Heures du Mans. Le Sarthois Emmanuel Esnault nommé à la tête du programme Hypercar de Peugeot... |
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Emmanuel Esnault, natif de Saint-Cosmes-en-Vairais, est nommé à la tête du programme Endurance de Peugeot Sport. © Franck Dubray / Ouest France
Peugeot annonce l’arrivée d’Emmanuel Esnault, natif de Saint-Cosme-en-Vairais, comme Team Principal de son programme Hypercar en WEC. Fort d’une carrière internationale, le Sarthois pilotera la stratégie sportive dès 2026.
Peugeot a officialisé ce jeudi 11 décembre, l’arrivée d’Emmanuel Esnault au poste de Team Principal de son programme Hypercar en WEC. À partir de janvier 2026, le Sarthois de Saint-Cosme-en-Vairais prendra la tête opérationnelle du projet 9X8, avec pour mission de structurer l’équipe et d’en accompagner la progression dans un championnat où la concurrence entre constructeurs n’a jamais été aussi élevée.
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Cette nomination marque un tournant majeur pour Peugeot Sport, engagée dans une profonde réorganisation technique et sportive. Elle s’inscrit également dans le mouvement plus large initié par l’arrivée d’Olivier Jansonnie à la tête de Stellantis Motorsport au 1er février 2026.
Un expert du sport automobile international
À bientôt 50 ans, Emmanuel Esnault apporte au constructeur français plus de vingt-cinq ans d’expérience dans le très haut niveau. Passé par McLaren en Formule 1, impliqué ensuite dans les programmes Formule E et Indycar de la marque britannique, il a également dirigé en 2024 le projet Hypercar de Lamborghini Iron Lynx, avant de conseiller la structure en 2025. Un profil rare, à l’aise aussi bien dans les environnements techniques pointus que dans la gestion de projets d’envergure et la structuration d’équipes.
 Je suis très honoré d’avoir l’opportunité de rejoindre PeugeotÂ
, explique le nouveau Team Principal.  Peugeot porte un héritage immense en endurance. Il y a énormément de potentiel dans ce programme, et j’ai la conviction que nous avons tout pour progresser ensemble.Â
Peugeot, de son côté, ne cache pas son ambition :  Son expérience sera essentielle pour renforcer notre stratégieÂ
, souligne Jean-Marc Finot, directeur de Stellantis Motorsport.  Nous avons toute confiance en sa capacité à faire avancer l’équipe dans un championnat extrêmement compétitif.Â
Un Sarthois revenu de loin
L’annonce trouve un écho particulier en Sarthe : Emmanuel Esnault est natif de Saint-Cosme-en-Vairais, où il a grandi. Il revendique volontiers ses racines :  Je suis un pur produit sarthoisÂ
, confiait-il encore récemment. Rien ne le prédestinait pourtant à une carrière internationale. Ses parents travaillaient dans le milieu agricole, loin du sport automobile. Mais l’environnement du Mans a fait naître une vocation.
Adolescent, il multiplie les premiers contacts avec la course : un stage de 3e chez Synergie, dans les anciens locaux de Jean Rondeau, puis un coup de main à Courage Compétition, grâce aux liens avec l’usine Simonds, partenaire de l’écurie.  Je nettoyais les roues, je faisais la petite main. Je séchais l’école pour aller aider. J’aurais été prêt à payer pour faire partie de la famille du sport automobile.Â
Après le bac, il poursuit en DUT génie mécanique à Alençon, sans jamais s’éloigner du circuit. Il tente même le volant Elf en 1994. Les expériences s’enchaînent : la NSX semi-officielle du team Honda au Mans en 1995, un stage chez Courage en 1996, le service militaire, puis une opportunité chez Research Limited, devenu plus tard Cosworth Electronics. Il y apprend la data, l’ingénierie piste, et découvre l’écosystème des équipes italiennes.
Sa carrière prend une dimension supérieure en 2004 lorsqu’il rejoint Renault Sport, avant de passer en F1 chez McLaren en 2012. Pendant plus d’une décennie, il navigue entre les plus grands championnats internationaux, de la Formule 1 à la Formule E, en passant par l’Indycar, jusqu’à revenir en endurance.
L’été où tout bascule
L’opportunité Lamborghini arrive à l’été 2023. Contacté par René Rosin, patron de Prema, il accepte de prendre la responsabilité du tout premier programme Hypercar de la marque italienne. À Losail, en 2024, il observe la SC63 verte passer à pleine vitesse :  C’est l’une des Hypercars les plus proches du design d’une voiture de série. Elle est réussie.Â
Il dirige alors une équipe qui découvre la catégorie, gère un constructeur prestigieux, et signe plusieurs performances solides. L’homme se plaît dans ce rôle mêlant management, technique, stratégie et logistique :  Le sport auto, c’est un mix de plein de choses. C’est ce qui me passionne.Â
Â
L’aventure ne va durer qu’une saison, Lamborghini se retirant du WEC, fin 2024. Mais Peugeot frappe à la porte, en cette fin de saison 2025, avec une mission ambitieuse et un projet structurant dans une écurie qui se relance, avant l’arrivée de sa nouvelle voiture en 2027. Un défi à la hauteur de son parcours.
« Le travail paie toujours »
Son histoire personnelle, Emmanuel Esnault la résume en une phrase, comme un message adressé aux jeunes passionnés :  Je suis parti d’un DUT, je n’avais aucun contact. Mais j’étais passionné, j’ai travaillé, j’ai appris. La chance paie parfois, le travail tout le temps.Â
Son arrivée chez Peugeot, dans un rôle majeur, en est une nouvelle démonstration.