|
24 Heures du Mans. Chez Toyota, c’est enfin l’heure de la victoire pour Conway, Kobayashi et Lopez... |
1
Après trois années de domination de la Toyota n° 8, l’heure de la n° 7 a enfin sonné. © Daniel Fouray / Ouest-France
Lors des trois victoires précédentes de Toyota aux 24 Heures du Mans, la n° 8 avait toujours occupé la première marche du podium. Cette fois-ci, le succès a souri à la n° 7. A la régulière. Récompensant au passage un équipage qui mérite son heure de gloire.
Il y a parfois des signes indiens. Certains parlent de chats noirs. Il y a aussi des circonstances qui font que la victoire vous semble promise mais finalement le destin choisit une autre voie. Il y a aussi parfois des décisions un peu « politiques » où les pilotes ont la nécessité de céder face aux ordres du board. Cela fait partie du jeu de la course automobile. Alors quand les planètes sont alignées, que rien ne vient s’opposer à une marche vers la gloire, la victoire n’en est que meilleure. Que plus belle car elle est le fuit d’un bon travail.
C’est ce qui est arrivé à Mike Conway, Kamui Kobayashi et José Maria Lopez sur cette 89e édition des 24 Heures du Mans.
Rois de la pole position
Depuis quelques années, ils tournaient autour. Ils s’illustraient dans l’exercice des qualifications avec les flèches Conway et Kobayashi mais en course, il y avait toujours ce petit os, cette petite ombre au tableau qui faisaient que finalement le trio devait se contenter des deuxièmes ou troisièmes marches du podium et se contenter de la joie réservée aux auteurs de la pole position. Une bien maigre consolation.
Là , la n° 7 a récité une leçon sans rature. Bien partie dans un scénario de début de course complètement fou où la voiture sœur a perdu du terrain suite à son choc avec la Glickenhaus n°708 d’Olivier Pla, la n° 7 a pu mettre en place le plan initial établi, louvoyer entre safety car et slow zone avec une certaine réussite. Il y a bien eu une petite sortie de piste au milieu de la nuit. Sans importance sur le déroulé du scénario. La suite a ressemblé à la récitation d’une leçon bien apprise, tout en ménageant une GR010 qui parfois avait quelques petites trépidations. Dans l’esprit du trio, les images de Monza ont sans doute redéfilé. En Italie, à un mois du rendez-vous manceau, les Toyota avaient connu des soucis de fiabilité qui avaient eu le don de semer quelques petits doutes. Il n’en a rien été.
Le Mans a choisi la n° 7
La fin de course a pris des allures de marche triomphale. Les soucis étaient pour la n° 8.
Dans le dernier tour, Kamui Kobayashi pouvait savourer le goût du succès qui se refusait à lui. « C’est évident que Le Mans, c’est l’une des courses que l’on veut gagner quand on fait de l’endurance, et qu’on court pour un constructeur, disait encore José Maria Lopez à la veille de la journée test. Jusqu’ici, on n’a pas été sur la bonne, souriait-il. Tout le monde connaît cette phrase qui dit que c’est Le Mans qui te choisit, mais chaque année, on se rend compte que c’est vrai. »
Cette année, Le Mans a choisi Mike Conway, Kamui Kobayashi et José Maria Lopez. C’est mérité. Le destin a su renvoyer l’ascenseur. C’est la victoire des éternels Poulidor. Ils resteront dans les mémoires comme les premiers pilotes à avoir gagné Le Mans en Hypercar.