|
10 km Le Maine – Libre : Christophe Lemaître : « J’ai envie de retrouver un niveau d’excellence »... |
2
Christophe Lemaître a choisi de tout remettre à plat, autour d’une nouvelle équipe, pour revenir au plus haut niveau. © Le Maine Libre – YVON LOUE
Parrain de la 6e édition du 10 km Le Maine – Libre au départ du Mans, le sprinter Christophe Lemaître croit en ses chances de revenir au plus haut niveau avant Paris 2024. Il a échangé avec le public sur ses ambitions, mercredi 16 novembre 2022, à l’abbaye de l’Epau.
À la recherche de ses sensations passées, le médaillé olympique prépare son retour à la compétition. Miné par les blessures depuis plusieurs saisons (élongation à l’adducteur en juin dernier), le Savoyard de 32 ans rêve des Jeux Olympiques de Paris en 2024. Lors de sa rencontre avec le public sarthois, mercredi 16 novembre à l’Abbaye de l’Epau, l’athlète au plus gros palmarès du sprint masculin s’est confié avec pudeur.
Le Maine Libre : Christophe, pourquoi avoir accepté d’être le parrain du 10 km Le Maine Libre au départ du Mans ?
Christophe Lemaître : « Le cross fait partie du monde de l’athlétisme. J’ai déjà assisté à des épreuves similaires, des courses populaires, entre athlètes de haut niveau et plus jeunes. Et puis, c’est l’école de la vie. »
Pratiquez-vous le cross ?
« J’ai du courir deux ou trois courses lorsque j’étais au collège, avec l’UNSS, dans des conditions météorologiques similaires à celles du moment. De toute façon, un cross sous le soleil n’est pas un vrai cross… »

250 spectateurs étaient présents, mercredi, à l’Abbaye de l’Epau, pour écouter le parcours de Christophe Lemaître. Le Maine Libre – YVON LOUE
« Je préfère ne pas me donner de date limites »
À 32 ans, où en êtes-vous dans votre carrière sportive ?
« Depuis plus d’un mois je suis dans une phase de préparation foncière. J’ai réuni autour de moi une nouvelle organisation, un nouveau coach, un nouveau staff, de nouvelles méthodes de travail… Je suis en phase de reconstruction pour que je fasse du sprint sans me blesser. Ce qui a été le problème des dernières années… Aujourd’hui, je dois faire 14 heures d’entraînement par semaine. Une psychologue du sport m’a également servi à remettre de l’ordre dans ma tête, à moins me torturer l’esprit, à surmonter les moments de doute. Avant, je faisais de bonnes choses à l’entraînement que je n’arrivais pas forcément à convertir le jour de la course. »
Paris 2024 constitue-t-il l’objectif final de votre carrière ?
« J’ai envie de retrouver un niveau d’excellence. Est-ce que j’en suis capable ? Je ne le sais pas ! L’objectif est de revenir à un niveau proche du mien, de celui que j’ai connu il y a quelques années. Au moins j’aurai tenté des choses et je n’aurai pas de regrets. Je préfère ne pas me donner de dates limites, cela dépendra aussi de ce que j’ai envie d’endurer. Du physique aussi. Il faudra que tous les critères soient réunis… Je souhaite participer aux Jeux de Paris. C’est la raison pour laquelle je me donne toutes les chances d’atteindre cet objectif. »
Sur 100 ou 200 m ?
« Si je peux me qualifier sur les deux, il n’y a pas de raison que je me prive… Le 200 m est ma priorité mais je compte bien courir aussi le 100 m. J’espère que les changements d’organisation que je viens de mettre en place vont me le permettre. »
Quel souvenir gardez-vous de votre 3e place sur le fil, au Brésil, lors des JO de 2016 ?
« Les Jeux Olympiques restent l’objectif ultime pour un sportif. Ma première médaille olympique individuelle sur 200 m, au Brésil, s’est jouée à rien, à trois millièmes… J’ai tremblé même après l’arrivée, de peur d’être déclassé, car on n’est jamais à l’abri de la photo finish. »
+ 10 km Le Maine Libre. Elle court pour offrir des tee-shirts aux femmes atteintes d’un cancer
« J’ai de la sympathie pour Usain Bolt »
Dans ces moments de liesse, ressentez-vous les acclamations de la foule ?
« Bien sûr que j’entends l’ambiance du stade, mais je suis tellement obsédé par ma course… Je reste dans ma bulle, très concentré. Avant le départ, je m’échauffe dans un ordre bien établi afin de ne rien oublier. En revanche, ma perception du moment est différente lorsque je revois les vidéos. »
Est-ce impressionnant de courir au côté de la star du sprint Usain Bolt ?
« Le jour de la finale du 200 m j’étais plutôt concentré sur ma course. Je savais que cela irait vite et qu’il faudrait en profiter pour m’accrocher à lui… J’ai de la sympathie pour Usain Bolt, c’est quelqu’un de très nature, sur les pistes d’athlé comme dans la vie. »
Avez-vous déjà une idée de ce que vous ferez après votre carrière sportive ?
« Peut-être ouvrirais-je une boutique de jeux de société, j’aimerais oui, à moins de m’orienter vers la formation des jeunes dans le milieu de l’athlétisme… »
Lemaître en bref
11 juin 1990 : naissance à Annecy.
2011 : 2e du 4x100 m en 2011 et 3e du 200 m en 2011 (19’’80) aux championnats du monde à Daegu.
2012 : médaille de bronze aux Jeux Olympiques du 4X100 m et 6e du 200 m à Londres.
2013 : court pour la 9e et dernière fois un 100 m en moins de 10 secondes (9’’98).
2016 : médaille de bronze du 200 m des Jeux olympiques de Rio (20’’12).
Championnats de France : 13 titres en plein air et 7 titres en salle.