|
« Mon cousin est mort à moto après avoir percuté un sanglier » : ce chasseur tire la sonnette d’alarme... |
1
« Le monde de la chasse fait, dans la majorité des cas, ce qu’il peut pour réduire la population de sangliers. » Ici, lors d’une battue le long de la D137 entre Rennes et Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) en mai 2025. Photo d’illustration. © THOMAS BREGARDIS / OUEST FRANCE
Courrier des lectrices et des lecteurs. « La population de sangliers est devenue si importante que les chasseurs sont débordés. Administration, agriculteurs, chasseurs, mettez-vous autour d’une table et trouvez des solutions. »
Dans le cadre de notre rubrique « Courrier des lectrices et des lecteurs », Guy Bru (Maine-et-Loire) réagit face à la prolifération des sangliers :
« Je me suis décidé à écrire ces quelques lignes après avoir assisté aux obsèques d’un cousin de 56 ans tué après avoir percuté un sanglier alors qu’il se rendait au travail à moto. Malheureusement, il y en aura d’autres…
Oui, il y a trop de sangliers, et je tiens à apporter mon point de vue sur ce sujet en tant que chasseur, retraité de l’agriculture mais aussi comme usager de la route. En témoignant, je ne vais pas me faire que des copains, mais je demande à tous de regarder la situation et de réfléchir à comment en sommes-nous arrivé là .
Lire aussi : Pourquoi y a-t-il une « explosion du nombre de sangliers » ?
« Régulièrement, on ne peut pas tirer »
Le monde agricole, autrement dit le « biotop », est complètement bouleversé. Les exploitations et surtout les parcelles en culture sont de plus en plus grandes. Il n’est pas rare de devoir chasser en battue autour de champs de maïs, de moutarde, de colza d’une superficie d’environ 25 à 30 ha voire plus. Le sanglier peut s’y cacher et s’y nourrir tranquillement, voire s’y reproduire. Tous les louvetiers vous le diront, il n’est pas facile de faire sortir les sangliers de ces « forêts artificielles ». Est-il normal que l’on sème des grandeurs de maïs pour alimenter les méthaniseurs ? Pour ma part, la réponse est non. […]
On peut aussi rencontrer des fermes plus ou moins abandonnées et/ou en friche, lieux où la « bête noire » vient se réfugier après s’être nourrie dans les parcelles situées à proximité en y faisant d’énormes dégâts.
Le monde de la chasse fait, dans la majorité des cas, ce qu’il peut pour réduire la population de sangliers. Que ceux qui en doute viennent assister aux battues ! Ils verront les difficultés que nous rencontrons : l’obligation d’utiliser des balles (et non pas de la chevrotine ou du plomb, interdits dans ce genre de battue pour des raisons de sécurité et d’efficacité, sauf exception) nous force à être ultra-prudents par rapport à l’environnement (maisons, routes, chemins pédestres…). Il arrive régulièrement que nous ne nous puissions pas tirer. Amis agriculteurs, prenez donc votre permis de chasse.
Lire aussi : REPORTAGE. Face aux dégâts causés par les sangliers, ces agriculteurs bretons se forment à la chasse
« Il faut trouver des solutions »
Bien sûr, certains territoires de chasse où l’on pratique ce que j’appellerai des « chasses commerciales » ne jouent pas franchement le jeu. Ils ciblent les animaux à ne pas tirer, les laies suitées par exemple (une femelle accompagnée de son ou ses marcassins encore dépendants d’elle).
La population de sangliers est tellement importante que nous sommes débordés. Les chasseurs de petits gibiers sont dégoûtés, car le sanglier en est un prédateur, et ce petit gibier disparaît, certains parlent même d’arrêter la chasse.
En conclusion, administration, agriculteurs, chasseurs, mettez-vous autour d’une table et trouvez des solutions, il en existe. Je suis prêt à y participer en y donnant mes idées, notamment inciter les agriculteurs à s’impliquer davantage dans ce combat. Pour moi, la situation est grave, sinon je n’aurais pas pris mon stylo. »