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« Avant un match, c’est obligatoire » : l’importance de la musique dans la vie des basketteurs... |
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Pour une grande partie des joueurs du MSB, la musique est au menu matin, midi et soir. © Archives Le Maine Libre - Yvon LOUÉ
Pour se concentrer avant les matchs, pour répéter les efforts en salle de musculation, ou pour se détendre loin des parquets : la musique joue un rôle primordial dans la vie des basketteurs. Ceux du MSB ont évoqué son importance au Maine Libre.
En rejoignant sa voiture garée sur le parking au pied d’Antarès, ce samedi 24 janvier 2026 après l’entraînement matinal de veille de match contre l’Asvel, le meneur et arrière américain du MSB Shannon Bogues pousse la chansonnette. Il n’est pas non plus rare de voir les joueurs Tango donner de la voix tous ensemble lors des shootings de fin de séance. C’est indéniable, la musique joue un rôle prépondérant dans la vie des sportifs de haut niveau, dont les basketteurs professionnels manceaux.
S’immerger dans une bulle
 Quand j’ai mon casque sur les oreilles, je me recentre sur moi, j’entre dans ma bulleÂ
, confie l’arrière Ugo Doumbia. Le jeune arrière Français de 22 ans, qui souffre d’une entorse du genou et est indisponible deux à trois semaines, compte sur la musique pour trouver de l’énergie, du bien-être :  Ça m’apporte de la bonne humeur et ça peut aussi aider à répéter les efforts, que ce soit en salle de musculation ou lorsque l’on fait de l’individuel.Â
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Lorsque les basketteurs sarthois occupent les  bancs de muscuÂ
, avec des poids en main,  il y a souvent un gars de l’équipe qui met du son sur une enceinteÂ
, glisse Lucas Duféal. Pour l’intérieur Tango, la musique c’est du matin au soir :  J’en écoute tout le temps, pour mes trajets en voiture, notamment pour venir à l’entraînement, mais aussi à la maison.Â
Et si la compétition permet aux joueurs de vivre des émotions fortes, la musique leur offre aussi l’opportunité de se laisser un peu aller.  Elle a vraiment une place importante, j’en écoute dès le réveil, mais aussi quand je me sens malÂ
, avoue Shannon Bogues.
« Les Américains n’aiment pas trop le rap français »
Dans un vestiaire manceau très soudé, l’équipe se divise en deux clans lorsqu’on parle musique.  Les Américains n’aiment pas trop le rap françaisÂ
, assure David Simonovic, l’intérieur né au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis). Les basketteurs US sont chauvins et plébiscitent les artistes du cru comme Drake et Kendrick Lamar.
De l’autre côté, le style urbain inhérent au monde de la balle orange se glisse aussi dans les oreilles des joueurs du MSB français qui écoutent, la grande majeure partie du temps, des  rappeurs FRÂ
. Kaaris, Ninho, Niska, Gradur, Booba, sont les artistes qui sortent du lot pour les jeunes sarthois aussi inspirés par la nouvelle génération. Quand Lucas Duféal streame Bouss, l’ailier de 17 ans Swann Penda se penche sur Favé, Timar ou encore 1PLIKÉ140.  Mais j’ai une culture musicale assez diversifiée, je peux aussi écouter du AngèleÂ
, précise ce dernier. Un peu de douceur, aussi péché mignon de Trevor Hudgins.  Je suis la personne qui écoute le plus de musique. Je vibre avec Whitney Houston, Luke Bryan, Aerosmith et en fin d’année dernière j’ai beaucoup écouté « The Man I need » d’Olivia Dean. » Pour garder le sang froid à trois points dans les moments chauds, rien de mieux qu’une préparation plongée par des notes calmes  :Â
 Je préfère le gospel ou le RnB au rap.Â
Se préparer pour le combat
À Antarès avant l’échauffement, les basketteurs manceaux portent des casques ou écouteurs sans fil pendant le shooting (tirs). Un moment aussi très important pour se préparer à la bataille du terrain. Et là aussi, chacun sa méthode.  Avant un match, la musique est obligatoire. Si je sais que je dois être intense, dur, je vais lancer un son qui me motive, agressif, des titres de l’artiste Kalash par exemple. Mais si je suis stressé, je vais écouter des musiques calmes de Ninho pour m’apaiser. Mais pas ses titres de lovers (amoureux en anglais, ndlr)Â
, explique David Simonovic en riant.
Et s’ils devaient choisir une musique pour les accompagner sur le parquet d’Antarès, un son pour décupler leur motivation, les jeunes Français jettent en partie leur dévolu sur un titre dont les paroles ne font pas dans la dentelle : « Zoo » de Kaaris. Un morceau qui devrait être censuré pour ne pas heurter une bonne frange des quelque 5 000 spectateurs de moyenne à Antarès depuis le début de saison. Mais avec ça, assure Lucas Duféal,  les gars sont chauffés pour aller à la bagarre !Â