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Auto. 12 Heures de Sebring : le virus aboie, le sport automobile passe... |
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Le public et le soleil sont au rendez-vous des 12 heures de Sebring où les Corvette que l’on verra aux prochaines 24 Heures du Mans ont troqué leur habituelle robe jaune pour du gris. © LAT IMAGES – DOLE
Après les 24 Heures de Daytona, le départ de la seconde manche du championnat d’endurance américain IMSA est donné ce samedi à Sebring. Grâce à des règles sanitaires adaptées, l’événement est ouvert au public.
Il est certainement plus aisé d’organiser quelque chose sur un seul et même continent, et plus particulièrement en Amérique du Nord. Mais il convient de reconnaître que l’IMSA (championnat américain d’endurance. Ndlr) fait des envieux de notre côté de l’Atlantique, à l’heure où les plus grands championnats internationaux bousculent leur calendrier. En outre, le circuit de Sebring, situé au centre de la Floride, va non seulement cette fois ouvrir ses portes aux spectateurs, mais aussi aux campeurs. Une première depuis un an.
Sur le site internet du « Sebring International Raceway », on découvre en effet que l’infield où se regroupent chaque année d’innombrables tentes et camping-cars était ouvert dès le mercredi matin. Bien entendu, le circuit n’accueillera pas les 70 000 à 80 000 spectateurs habituels, et certainement même un peu moins de la moitié sur les quatre journées d’activités piste. Mais on peut observer que les places en loge VIP sont toutes vendues, tout comme celles des grosses structures montées par les clubs Porsche ou Corvette.
Seule l’immense « Gurney Terrace » proposait encore le week-end dernier quelques packages « 4 jours et parking » en marge des tribunes. Une seule règle, commune à tous les espaces publics, doit néanmoins être observée : respecter une distance sociale de « 6 pieds » (1,80 m) entre chaque personne, famille ou groupe de personnes venues ensemble. Compte tenu de l’étendue du lieu, ce ne sera pas difficile.
Les Français pris pour exemple
Pour mettre au point son protocole sanitaire, Si l’IMSA s’est inspiré du modèle de la Formule 1 et a constitué des « bulles ». Les personnes qui composent le paddock ne peuvent pas accéder aux parties publiques, et inversement. Un dispositif évolutif mis en place depuis la course de Petit Le Mans, à l’automne dernier, et qui semble fonctionner. Pour affiner leur stratégie sanitaire, les organisateurs ont aussi consulté leurs sponsors et partenaires, et notamment Michelin souvent cité en exemple par d’autres sociétés en Amérique du Nord pour la qualité de son protocole.
Ici, Michelin fait partie des entreprises leader sur ce sujet car nous avons appliqué dès le mois de mars 2020 les mêmes consignes que celles des sites du groupe en France, indique Tony Ménard, directeur de Michelin North America. A ce moment-là , il pouvait y avoir un décalage avec ce que vivait l’Amérique, mais en sport automobile les choses ont rapidement évolué et aujourd’hui l’organisation de l’IMSA est vraiment bonne. Grâce aux mesures prises le risque de contamination est contenu, et c’est pour cela que nous parvenons à faire des courses avec un peu de public. C’est très important pour nous car nous équipons 100 % des voitures du championnat, qui est pour nous un outil marketing intéressant. Mais le plus important chez Michelin, ce sont les gens. Nous étudions chaque course en amont avec notre responsable Santé et Sécurité, afin de toujours exposer un minimum de personnes en fonction des besoins.
Alors que cela semble impossible en Europe, les États-Unis ont été agiles et semblent avoir adapté leurs événements à la situation sanitaire. Ce week-end, les fans de course automobile peuvent donc assister au spectacle, tout comme les sponsors peuvent accueillir clients et prospects en bordure de circuit. Mais tout cela va aussi se faire au prix de quelques concessions importantes aux yeux des Américains.
Car si le sport automobile américain est réputé pour ouvrir ses paddocks aux fans, leur offrir une proximité avec les machines et les pilotes voire se rendre sur la grille de départ, cette fois-ci il n’en sera rien. Chacun doit rester dans sa bulle, masque sur le visage. Des conditions inhabituelles pour cette 69e édition des 12 Heures de Sebring (départ samedi à 10 h 30), mais qui lui permettent d’exister. Dans le contexte actuel, c’est déjà beaucoup.
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Cadillac en pole
Le Brésilien Pipo Derani (Cadillac-Whelen Engineering Racing), associé à Nasr et Conway, a dominé les essais (1’45’’354) et qualifié son prototype en pole position de la 69e édition des 12 Heures de Sebring. Il partira au côté de l’Acura de l’équipage Taylor-Rossi-Albuquerque (Konica Minolta, 1’45’’464) et l’autre Cadillac de Magnussen-Van der Zande-Dixon (Chip Ganassi Racing, 1’45’’849). Côté Français, l’Acura d’Olivier Pla (Acura-Meyer Shank Racing, 5e), équipier de Montoya et Cameron (1’46’’377) s’élancera devant la Cadillac-JDC Miller du trio tricolore Bourdais-Vautier-Duval (1’46’’549). Plus loin au classement, Simon Pagenaud récupérera au départ la Cadillac accidentée en qualification par son équipier Jimmie Johnson (champion NASCAR). En GT, doublé Corvette avec la C8R pilotée par Antonio GarcÃa (1’54’’910) devant celle de Tommy Milner.