Les moustachus de Deluxe sur la scène de l’Oasis le 23 Avril !... |
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En 2013, le groupe, composé de Liliboy, Kaya, Pépé, Pietre, Soubri et Kilo, a composé la bande originale du film « Les Profs » © GWENAËLLE GAUDY
Les six membres du groupe français Deluxe sont de retour avec un nouvel album « Moustache Gracias » et une tournée. Entretien avec la chanteuse, Liliboy.
C’est aujourd’hui que sort votre nouvel album « Moustaches gracias » (L’interview a été réalisée le 18 mars, Ndlr). Dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Liliboy : En fait, on est en train de peaufiner le live, du coup on est concentrés sur plein de choses à la fois. Mais dès qu’on a une pause, on file sur les réseaux sociaux pour lire les commentaires et on est super contents d’interagir avec les auditeurs. Cela fait longtemps qu’on est prêts ! D’un coup, il y a un réel intérêt de perdre du temps sur les réseaux sociaux (rires).
Comment pourrait-on qualifier l’ambiance de ce nouvel album ?
Festif ! On est un groupe de live, on a toujours eu cette volonté d’avoir des morceaux qui bougent pour avoir des moments très festifs sur scène. On a des morceaux qui cassent la baraque avec des titres bien énervés, mais a contrario on a aussi des titres bien plus intimistes. Pour la première fois dans l’histoire de Deluxe, qui est vieille de 12 ans, on a appris à télétravailler avec le Covid. Ce qui fait qu’on est allés plus loin dans les idées de chacun, des six entités qui constituent le « nous ». J’ai l’impression qu’on sent un peu plus les inspirations de chacun dans cet album.
Vous avez collaboré pour cet opus avec La Rue Ketanou, Féfé, Youssoupha, des artistes venant d’horizons très différents. C’est aussi ça la marque de fabrique du groupe, un style hybride ?
Absolument ! Avec La Rue Ketanou, on a arpenté les festivals ensemble. Sur scène, on s’est toujours beaucoup identifiés, la façon dont ils mettent le feu nous a toujours interpellés ! On a vite sympathisé en coulisses et on s’est toujours dit qu’on ferait un truc ensemble ! Le 30 avril, à l’Arena d’Aix, ils seront avec nous sur scène pendant la tournée. Pour Youssoupha, il est venu vers nous lors d’un festival, il nous connaissait : on s’est pincés pour y croire ! Il avait vu nos vidéos pendant le premier confinement et trouvait que c’était super cool. On n’a pas hésité à lui proposer de nous rejoindre dans le sud de la France. Il est venu tout seul, pour voir six musiciens qu’il ne connaissait pas du tout et enregistrer un morceau !
L’histoire de Deluxe a commencé par des concerts de rue dans votre ville natale, à Aix-en-Provence… On dit que la rue, c’est une super école. C’est aussi votre avis ?
Oui. À l’époque, les garçons du groupe partaient de rien car il n’y avait pas de salles qui voulaient les faire jouer. La rue était leur terrain de jeux. En effet, c’est une super école. Le but étant de faire de la musique qui interpelle les passants, ça a poussé le groupe à chercher une énergie, un son particulier, et un sens du divertissement. Je les ai rejoints quelques années après, on a dû jouer un an et demi tous les six dans les rues d’Aix en Provence avant de faire des salles de concert.
Vous avez rejoint le groupe cinq ans après les autres. Les membres étaient en recherche d’une voix féminine ?
Je ne sais pas s’ils cherchaient particulièrement, je crois que c’est le hasard et la chance qui nous ont réunis. J’avais 19 ans, je faisais mes études à Aix, je les voyais jouer dans la ville. Un jour, je les ai alpagués dans un bar, et le lendemain on était en studio pour enregistrer « Pony ». J’étais au bon endroit, au bon moment.
On parle beaucoup de la place de la femme dans la musique. Selon vous, les femmes sont-elles suffisamment mises en avant dans ce milieu ?
J’avoue que je suis dans une bulle qui me permet d’être un peu naïve. Je suis extrêmement bien entourée, je suis une privilégiée en tant que femme. Franchement, je n’ose jamais trop m’exprimer sur le sujet car j’ai trop de chance. Les mecs du groupe ont tendance à identifier avant moi des propos sexistes. « Ah non ce n’est pas parce que c’est une fille qu’elle doit faire ça ! » J’adore. Maintenant c’est clair que les chiffres ne mentent pas, il y a encore énormément de chemin à faire. Quand on regarde une programmation, combien de femmes sont à la technique ? Combien sont sur scène ? On est loin d’être à égalité. Mais les mecs se réveillent face à cette problématique, qu’on ne voyait pas forcément avant.
Comment la moustache est-elle devenue l’emblème du groupe ?
Il y en a un dans le groupe, dont je tairai le nom (rires), qui n’a absolument aucun poil sur le corps. C’est un dauphin, il n’a que la moustache qui pousse. Par solidarité et par bonne camaraderie, on a tous adopté la moustache pour qu’il ne soit pas seul dans la différence (rires). Même-moi, je l’ai longtemps portée en jupe ! Et ça nous a porté chance, maintenant c’est notre logo à vie !
Samedi 23 avril À 20 heures - L’Oasis, 1 avenue du parc des expositions
Contact : 07 67 24 90 47
Tarifs : de 23 à 29 euros
Rédaction : Julie MARCHAND
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