Maillot.
En ethnologue de plage avisée, je préfère observer l'individu mâle en maillot. Il est moulant par principe, sa matière glissante taillée pour fendre les flots. Ce qui permet l'étude précise d'une musculature, de la fermeté d'un ventre, de l'effet de l'eau froide sous la ceinture... Premier constat : ce petit triangle de tissu, boudé ces deux dernières décennies, revient en force, porté par des hommes soucieux de leur image. Eux aussi ont leurs magazines de régimes. Mais trop de perfection finit par ennuyer. Le défi de l'ethnologue consiste alors à repérer les corps replets ou frêles (à la Christian Clavier, dans Les bronzés) qui osent le maillot. Sujets plus rares à observer.
Bermuda.
Bien sûr, il faut choisir un modèle équipé d'un filet de contention intérieur, pour éviter le frottement irritant de la couture sur la partie la plus sensible de l'individu mâle. À cette condition, l'ampleur du bermuda (ou du short) de bain offre une liberté de mouvement sans pareille. Et suffisamment de surface pour affirmer un choix esthétique : le choisirez-vous bariolé comme un surfer, noir comme un rockeur, à carreaux de golfeur ? Sur la plage, l'homme en bermuda de bain ne renie rien de son identité profonde. Seul inconvénient : le soir venu, sous la douche ou au lit, le bronzage stoppé net au genou reste particulièrement disgracieux.
Christelle GUIBERT et Philippe RICHARD.