C'est un mélange de régression (ah, les tatouages Malabar !), d'air du temps et de suivisme, teinté d'ironie face à la mode du vrai tatouage. Les tatouages temporaires sont l'accessoire du moment. Même les grandes marques, comme Bourjois, s'y mettent.
Ceux de Peter Philips, pour le défilé printemps-été Chanel 2011, avaient fait sensation. Mais le mouvement a gonflé grâce à de petites boutiques web montées, ou alimentées par des graphistes underground.
Pourquoi ça marche ?
Ce n'est pas très cher (de 2 à 5 € le tatouage) et ça ne tient que deux à cinq jours. L'erreur est donc permise. En plus, la pose est très simple. On applique la feuille, on humidifie, on retire délicatement. Oh, la belle ancre de marine !
Le site Robert Forever, premier à se lancer en France en 2012, est né à Roubaix au sein d'une petite équipe de communicants et de graphistes : « C'était plutôt une récréation pour un marché de niche. On pensait que ça marcherait l'été dernier et ne durerait pas. En un semestre, on en a vendu plus que sur toute l'année 2012 », assure Maxime-Antoine Boyavel, le patron.
Associé à une dizaine de graphistes, dont des pointures comme So-Me (lié au très hype label électro Ed Banger), Robert Forever propose des tattoos colorés et décalés. Comme dans le monde du vrai tatouage, les motifs géométriques ont la cote.
Autre marque française branchée, Temtatouage.com se spécialise dans les petits tatouages en noir et blanc. Mais la référence sur le marché reste l'AméricainTattly, qui travaille avec plus de quatre-vingts graphistesrenommés.
« Nous ne sommes pas concurrents des tatoueurs, assure Maxime-Antoine, c'est une manière légère de jouer avec son apparence. Par contre, certains clients testent des tatouages temporaires avant de sauter le pas. »
Philippe Richard.