Clarisse l'artiste
Couronnée Miss 24 Heures du Mans Le Maine Libre le 24 mai, Clarisse Aleid-Ripoche prend quelques secondes de réflexion quand on lui demande trois mots pour parler d’elle. "Artiste, ça fait présomptueux ?" demande timidement la jeune femme de 23 ans.
Pas vraiment au déroulé de la liste de ses activités. Modern jazz et basket pratiqués à La Bazoge, la commune de son enfance. Piano, théâtre et peinture, domaines auxquels elle touche aujourd’hui.
Comme bon nombre d’enfants, elle a dansé devant son miroir, rêvant d’être chanteuse. Une quinzaine d’années plus tard, la passion demeure. Seule ou avec son amoureux, Quentin, elle pousse la chansonnette, qu’elle poste ensuite sur sa chaîne YouTube.
Elle peint à l’aquarelle et crée sa boutique en ligne pour proposer ses créations.
Clarisse la prof
La scolarité de Clarisse Aleid-Ripoche est sage, les notes excellentes. Après un bac scientifique obtenu avec une mention bien, la Mancelle enchaîne licence et master d’anglais à l’université du Mans.
En janvier dernier, elle débute comme professeur contractuelle au collège Ambroise-Paré puis au lycée Yourcenar, l’établissement qu’elle a fréquenté. "D’anciens professeurs sont devenus mes collègues", rigole-t-elle.
Mais l’enseignement n’est pas sa voie. "Le volet autorité est compliqué à trouver en tant que jeune professeur et femme."
Clarisse la femme
Comment considère-t-elle l’image de la femme avec les affaires Weinstein, le producteur américain accusé de viols, et le mouvement MeToo ? "La société doit plus respecter la femme. C’est bien de dénoncer les différents problèmes qui touchent les femmes, dans le quotidien comme dans les sphères plus élevées. "
Est-ce cohérent de se présenter comme miss ? "Je ne considère pas que ces concours font du mal à l’image de la femme. C’est fini les élections qui se basent uniquement sur la beauté. On promeut plus une personnalité", affirme-t-elle.
Clarisse et sa double culture
Le sourire de Clarisse disparaît, sa voix devient murmure à l’évocation de la Syrie, pays d'origine de son père. Un pays qu’elle a appris à découvrir et dont elle parle désormais au passé. "Les gens adoraient leur pays, ils y étaient heureux. Pour rien au monde ils n’auraient voulu le quitter… J’ai du mal à voir une issue positive à cette guerre."
Tissia, le village familial, situé au sud de Damas, a subi les assauts de la branche jihadiste, le Front al-Nosra, dès 2013. La famille crée une association pour faire venir ses parents en danger car chrétiens. "Un de mes cousins avait reçu des éclats d’obus dans la tête. Il n’avait que 20 ans. Aujourd’hui, une partie de la famille est au Mans, ils sont tous intégrés et scolarisés."
Clarisse la miss
De son élection Miss 24 Heures, elle se souvient d’un moment joyeux, "sans trop de stress", devant des membres de sa famille.
Clarisse Aleid-Ripoche fait la fierté de son entourage. "J’ai de vieilles connaissances qui m’ont félicitée. Tout le monde veut savoir ce que je vais faire en tant que miss."
"Je me sens privilégiée d’endosser cette fonction de Miss 24 Heures du Mans Le Maine Libre, explique-t-elle. Je suis de nature curieuse, j’espère échanger avec les pilotes, me constituer un carnet d’adresses. D’ici là, je révise un peu l’histoire de la course."