Triple vainqueur des 24 Heures du Mans, c’est le consultant Eurosport Benoît Tréluyer qui nous livre son analyse du plateau GTE Pro. « Quand vous vous penchez sur la catégorie, c’est assez impressionnant. Les pilotes, les voitures, les équipes, c’est du top niveau partout. Je pense que la course en GT va vraiment être très intéressante. » Revue des forces en présence avec l’Ornais.
« Ils ont montré une belle rapidité mais aussi une voiture un peu pointue à conduire : on a vu beaucoup de 911 partir à la faute. J’ai un doute sur la course. S’ils ne se calment pas un peu, où s’ils ne parviennent pas à rendre la voiture plus facile à conduire, ça va être compliqué d’aller au bout », analyse l’ex-pilote Audi. Avec 4 voitures sur la grille de départ, la marque allemande est pourtant l’une des deux plus importantes forces en présence. Elle affiche confiance et sérénité après une pole position spectaculaire de Bruni (n° 91).
Quatre voitures défendent les couleurs du constructeur américain. « Rapides aussi, mais on les a vues assez souvent en difficulté », analyse l’Ornais. Les Ford sont, sur la grille de départ, les plus proches du poleman. Bien placé avec la n° 68 (5e), Joey Hand se méfie de tous ses adversaires, sans exception. « Ce ne sera pas qu’un duel entre Ford et Porsche, mais bien plus. »
L’Américaine est une valeur sûre en terre mancelle. Tréluyer confirme. « Force tranquille, ils sont un peu loin au chronomètre mais on n’a pas vu une seule fois une Corvette en dehors de la trajectoire. » Si les fusées jaunes ne sont que deux sur la grille, elles bénéficient du soutien d’une équipe qui est presque chez elle, quand ses roues touchent le grand circuit de la Sarthe. Magnussen (n° 63) et Gavin (n° 64) sont des capitaines de premier choix.
La marque au cheval cabré présente trois exemplaires sur la grille du GTE Pro. James Calado (Ferrari n° 51) estime avoir ses chances. « Nous avons fait du bon boulot jusqu’ici. La voiture est performante. »
« Un peu déçu, mais il y a peut-être un peu de politique dans ces chronos de qualifications. » L’Alençonnais fait allusion au jeu du chat et de la souris consistant à masquer ses performances pour bénéficier d’avantages réglementaires le jour J. Tous les constructeurs ont plus ou moins joué ce jeu au fil des saisons.
« Très loin. Même si c’est politique, ça fait beaucoup », conclut Benoît Tréluyer. Mais la voiture est toute neuve. L’équipe britannique retrouve toujours du rythme une fois en course.
Benoit SONNET