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Soirée ciné rencontre autour du « Fabuleux bistrot de Jeannine » au Trianon du Bourgneuf-la-Forêt... |
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Daniel Blanchetière, du cinéma Le Trianon au Bougneuf-la-Forêt, et Jacqueline Bruand, devant le bistrot emblématique du Bourgneuf-la-Forêt, qui s’appelle aujourd’hui l’Alica © . Ouest-France
Vendredi 13 février 2026, le cinéma Le Trianon, au Bourgneuf-la-Forêt (Mayenne), présentera « Le fabuleux bistrot de Jeannine ». Un documentaire tendre et drôle réalisé au Mans par Pierrick Bourgault, qui animera l’échange après la projection du film. Jacqueline Bruand, qui a connu cet univers, raconte.
Après la guerre, mes parents Berthe et Bernard Bruand ont repris le commerce, au Bourgneuf-la-Forêt (Mayenne). Il s’agissait d’un café, bar, épicerie, hôtel-restaurant et en parallèle, mon père faisait le commerce de chevaux »,
rappelle Jacqueline Bruand, ajoutant que l’établissement était situé place des Fénéants.
C’est une autre époque, mise en scène par Pierrick Bourgault, dans son film « Le fabuleux bistrot de Jeannine », que nous raconte la septuagénaire, qui a longtemps travaillé dans cette maison appelée successivement « Bouvier Loge à Pied et à cheval », « Hôtel Bruand », puis « Hôtel du Commerce ».
« C’était toujours excellent »
Dès qu’elle en a eu l’âge et jusqu’à 50 ans environ, Jacqueline a aidé sa mère, une femme travailleuse et rigoureuse en matière d’organisation. De bonne heure le matin, les marchands de bestiaux venaient boire leur café et s’installaient parfois pour plusieurs heures. Ils discutaient affaires, jouaient aux cartes et prenaient plusieurs rincettes. Chacun sa tournée !
En fin de matinée, sa mère Berthe commençait sa cuisine. Elle ne s’y mettait jamais très tôt car elle ne voulait pas avoir de perte. Tout était fait au coup par coup et en quantité suffisante. Je me suis souvent demandé comment elle arrivait à gérer. Mais c’était toujours excellent, certains s’en souviennent encore »,
évoque Jacqueline, qui en rentrant de l’école, servait les clients et avait à peine le temps de s’asseoir pour manger.
Mais le jour où le café était vraiment bondé était le dimanche car il y avait trois offices à 7 h, 9 h et 11 h. Après la messe, les hommes s’y retrouvaient pendant que les femmes faisaient leurs courses. Comme il y avait plus d’une dizaine de cafés au Bourgneuf, certains faisaient la tournée des bistrots
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Dans les années 1960, la commune comptait quatre hôtels. Comme la campagne attirait les Parisiens, Berthe Bruand passait une annonce dans une revue pour faire connaître son établissement. Nous avions des familles qui venaient passer deux à trois semaines en pension complète. C’était du travail supplémentaire entre le ménage, les repas et les lessives. Nous n’avions pas l’eau courante, il fallait faire bouillir le linge dans une chaudière et le rincer au lavoir
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Concernant le commerce de chevaux de son père Bernard, il se faisait sur les marchés, mais son écurie servait aussi de relais. Les vendeurs les amenaient chez lui où un camion venait les chercher pour les conduire à la gare, d’où ils partaient pour la boucherie, souvent vers Paris.
Cet établissement, qui se nomme aujourd’hui l’Alica, a été repris il y a 7 ans par Pierre-Denis Bessière, dont l’épouse est une des petites-filles de Berthe et Bernard Bruand.
Le film « Le fabuleux bistrot de Jeannine » sera diffusé vendredi 13 février à 20 h 30 au Trianon.