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Sara Giraudeau au cœur d’un triangle amoureux éprouvant dans « Derrière les palmiers »... |
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"Derrière les palmiers" avec Sara Giraudeau © Pyramides Films
Le nouveau long-métrage de Meryem Benm’Barek mêle les destins d’un jeune Marocain en quête d’ascension sociale, de sa copine prête au mariage, et d’une riche Française, installée à Tanger. Intimiste et classique, le film franco-marocain est à découvrir en salle dès ce mercredi 1er avril.
« Le film Derrière les palmiers met en contact deux mondes qui sont aux antipodes ». Sara Giraudeau, venue rencontrer trois de nos lecteurs au siège de Ouest-France mardi 24 mars, y joue le rôle d’une Française installée à Tanger (Maroc) avec ses parents. Entre les marocains dont les espaces de la ville sont peu à peu rongés par les Occidentaux, et les expatriés déconnectés des réalités du pays, il y a un fossé. « Il y a quelque chose de sournois et malsain entre ces deux réalités », rajoute la comédienne.
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Ces deux mondes, Meryem Benm’Barek les a connus de près. Avec ce deuxième long-métrage, la cinéaste marocaine s’interroge sur les relations amoureuses qui deviennent politiques, où « le pouvoir, l’argent, la religion et la sexualité prennent une place importante », expose Sara Giraudeau. Dépassées par des dynamiques de pouvoir, les histoires d’amour dépeintes par la réalisatrice internalisent une violence de classe qui finit, inévitablement, par déborder.
Un drame conjugal intimiste
Mehdi (Driss Ramdi) vit une idylle avec Selma (Nadia Kounda), une jeune Marocaine croyante et prête à l’épouser. Alors qu’il travaille sur le chantier d’une villa, il croise le chemin de Marie (Sara Giraudeau), fille du riche couple français expatrié propriétaire de la demeure. De là naît une liaison charnelle, en parallèle de celle vécue plus chastement avec Selma. Sa soif d’ascension sociale l’entraîne dans une spirale de mensonges pour rester au plus près de cette famille en or, quitte à trahir ses valeurs. « Chez Marie, je n’ai pu m’identifier à aucun aspect ! s’amuse l’interprète du personnage. Elle est agaçante. Mais j’aime les personnages qu’on n’est pas toujours amené à aimer. »
En questionnant nos biais occidentaux à travers un drame social et conjugal, Meryem Benm’Barek réussi à traiter avec adresse un sujet épineux. Intimiste et intrigante, la fable racontée par le film tend toutefois à verser dans la caricature. Ses personnages, esquissés à gros traits, se révèlent chacun déplaisants à leur manière, mais restent habilement incarnés par des comédiens de talent.