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Fréquentation en baisse, tarifs en hausse : le cinéma Eden 3, à Ancenis, connaît-il la crise ?... |
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Morgane Lainé, directrice du cinéma Eden 3, à Ancenis-Saint-Géréon et Éloise Calvar, responsable jeune public et communication. © Ouest-France
Dans un contexte national cinématographique contrasté, le cinéma Eden 3 d’Ancenis Saint-Géréon (Loire-Atlantique) n’échappe pas à la baisse du nombre de spectateurs, malgré des chiffres qui restent encourageants.
Entretien avec Morgane Lainé, directrice du cinéma Eden 3, à Ancenis-Saint-Géréon, qui revient sur une année délicate. Avec de réelles difficultés, mais aussi des satisfactions et des projets.
Quel bilan tirez-vous de l’année 2025 ?
L’année s’est terminée de façon plus réjouissante qu’elle n’avait commencé. Un incident avait entraîné, dès début janvier 2025, la fermeture de la salle 1 pendant six mois.
Nous sortions alors d’une année exceptionnelle, avec 160 000 entrées en 2024 et nous ne savions pas encore que le contexte serait morose pour tous les cinémas français puisqu’au plan national, la fréquentation a chuté de 14 %.
Quelles sont les conséquences pour le cinéma Éden 3 ?
En 2025, nous avons réalisé 117 000 entrées dont 22 000 rien qu’en décembre, grâce au succès des films Avatar et Zootopie.
Malgré les aléas, nous avons donc réussi à tenir un rythme tout à fait correct avec le maintien de l’intégralité de nos animations. Soit environ 120, en 2025. C’est notre marque de fabrique et cela joue sur la fréquentation. Nous avons aussi maintenu une bonne dynamique avec 43 % de films d’art et essai.
Et, nous gardons l’ambition d’un cinéma de territoire avec une programmation très éclectique. Il nous tient à cœur de donner à voir la diversité dans la cinématographie du monde entier, tout en continuant à proposer des événements.
L’association Louis Lumière, qui gère le cinéma, est-elle en danger ?
Pas du tout ! L’association reste en bonne santé. Avec 470 films diffusés au cours de l’année, nous restons une des salles à trois écrans qui propose le plus de films dans la région. Nous avons également le nombre d’entrées le plus élevé. Malgré tout, nous accusons une baisse de 26 %.
Face à la situation et pour garder l’équilibre, nous avons cependant augmenté nos tarifs. C’est la première fois, en sept ans d’existence. Une place plein tarif coûte désormais 8 €, au lieu de 7 €. Avec une carte de dix places, l’augmentation est de 30 centimes par film et nous avions à cœur de ne pas toucher aux tarifs pour les moins de 18 ans. La place reste donc à 4,50 €. Il me semble important de rappeler que si nous pouvons maintenir des tarifs aussi bas, c’est grâce à l’implication sans faille de nos cent bénévoles.