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Entretien. Lætitia Casta à l’affiche du « Crime du 3e étage » : « C’est bon de rire ensemble dans une salle »... |
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Lætitia Casta dans Le crime du 3e étage © SND films
La comédienne est à l’affiche du film « Le crime du 3e étage». Une comédie policière à l’ancienne inspirée d’Alfred Hitchcock. Elle nous explique ses choix et son regard sur la période actuelle.
Look décontracté et abord direct, Lætitia Casta arrive au rendez-vous fixé dans une brasserie parisienne. Elle qui n’aime pas trop les opérations de promo prend le temps de parler et de défendre «Le crime du 3e étage», cette comédie policière qui lorgne du côté des films populaires des années 1970-1980. Le pitch ? Colette (Lætitia Casta), professeure de cinéma spécialisée dans l’œuvre d’Hitchcock, soupçonne son nouveau voisin d’en face (excellent Guillaume Gallienne) d’avoir assassiné sa femme. Son mari, François (Gilles Lellouche), écrivain de romans historico-policiers un peu has been, refuse d’y croire. Mais à force de persuasion, Colette l’embarque dans une enquête rocambolesque. Comédie policière à l’ancienne, le film de Remi Bezançon multiplie les références à l’œuvre d’Hitchcock et à quelques classiques du genre comme « Le Magnifique », avec Jean-Paul Belmondo. Sans atteindre cette excellence, cette comédie alerte embarque le spectateur avec son charme désuet mais très plaisant.
Entretien
Qu’est-ce qui vous a séduit dans cette comédie policière ?
J’avais envie de légèreté ! La comédie, c’est un fabuleux coffre à jouets dans lequel on peut puiser en tant que comédienne. Et j’aime beaucoup l’univers Hitchcockien dont le film s’inspire, que ce soit « Vertigo » ou « Fenêtre sur cour ». Et surtout, j’ai beaucoup ri à la lecture du scénario.
C’est un film qui fait du bien ?
Oui et on en a besoin. C’est assez salvateur, vu la période, de lâcher son téléphone ou sa télévision et d’aller rire ensemble dans une salle.
Comment s’est passée la rencontre avec vous partenaires, Gilles Lellouche et Guillaume Gallienne ?
C’est toujours bien d’être entourée de partenaires de ce niveau ! Avec Gilles, on avait déjà joué ensemble dans un épisode de «La Flamme» et on avait beaucoup ri ! J’étais très contente de le retrouver. Quant à Guillaume, c’est un acteur fantastique.
Dans le couple que votre personnage forme avec François (Gilles Lellouche), c’est elle qui mène la barque et vient réveiller son mari qui vit beaucoup en pyjama…
Je ne m’en suis pas rendue compte tout de suite. Je la voyais surtout comme une femme énergique. Elle est passionnée, exaltée et un peu obsessionnelle. Mais oui, c’est un signe des temps dans « Fenêtre sur cour » c’est James Stewart qui espionne son voisin. Là, c’est Colette l’héroïne.
On retrouve aussi une référence au « Magnifique » de Philippe de Broca, avec Jean-Paul Belmondo...
Oui c’est un cinéma que j’adore ! «Le crime du 3e étage» parle à toutes les générations. On retrouve des standards de la comédie policière revisités de façon moderne.
Les César viennent d’avoir lieu, quel regard portez-vous sur le cinéma français et notre exception culturelle qui est attaquée ?
Hélas, bien souvent, quand la crise vient frapper un pays c’est souvent la culture qui est ciblée en premier. Et la liberté de création aussi. Pourtant, les artistes ont un rôle important à jouer. Ne serait-ce que de continuer à faire rêver les gens. Il faut défendre notre modèle qui est source de diversité.
Vous êtes nostalgique ?
Non pas du tout. Il y a aussi beaucoup de choses positives. En tant que femme, je me réjouis de l’évolution des pratiques dans deux milieux que je connais bien : la mode et le cinéma. Clairement, il n’y a pas de regrets à avoir ! C’est une époque difficile et mouvementée mais il se passe des bouleversements notables. Se réinventer est une obligation de chaque fin de cycle.