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À Saint-Barthélemy-d’Anjou, le festival du court métrage rappelle des souvenirs et ouvre une fenêtre sur les autres... |
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Lors du festival du court métrage, à la maison de quartier de la Paperie, la projection du film sur une matelassière a suscité beaucoup de commentaires et de souvenirs chez la vingtaine de spectateurs présents. © Ouest-France
La fête du court-métrage avait lieu toute la semaine du 25 au 31 mars 2026 à Saint-Barthélemy-d’Anjou (Maine-et-Loire). Toutes les séances n’ont pas eu la même affluence, mais la sélection judicieuse des films a parfois permis de susciter des échanges animés et appréciés du public.
Vendredi 27 mars, une vingtaine de personnes assistaient à la fête du court-métrage à la maison de quartier de la Paperie. Le premier film racontait la vie d’une matelassière à Paris. Les questions posées par Flora et Valentin, en service civique à Unis-Cité, et par Mickaël Crémont, directeur du Village Pierre-Rabhi (VPR), ont fait remonter les souvenirs.
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Le cardage manuel dans la cour de mes parents, ça faisait de la poussière. J’avais 12 ans, je regardais »,
témoigne un spectateur. Pour mon mariage, j’ai fait un couvre-pied
, enchaîne une spectatrice. On tendait un tissu sur un cadre, on répartissait la laine et on cousait en losanges. C’était très chaud et très lourd.
Une autre ajoute : Ma grand-mère travaillait dans une usine de fabrication de balais. Ses doigts étaient tout déformés, comme dans le film.
« Vous vous verriez aller au lavoir ? »
Les souvenirs fusent sur la pénibilité des métiers d’autrefois, l’impossibilité de choisir son métier, surtout pour les filles. Mais aussi sur les veillées, la convivialité, la vie sociale dans les villages, qui n’existe plus ».
Laissant place à la nostalgie ? Vous vous verriez aller au lavoir avec votre baquet pour laver le linge ?
, interroge une spectatrice. La majorité est d’accord pour revenir en arrière, mais avec certains avantages de maintenant !
Un autre film, sur la phobie administrative, a parlé à l’assistance, qui s’est épanchée sur l’internet quasi obligatoire, le piratage, les spams. On est toujours dans la méfiance, ce n’est pas une vie »,
commente une habitante. Mickaël Crémont en profite pour rebondir. Tous les jeudis, les étudiants de l’Esaip (école d’ingénieurs) donnent des cours d’informatique au VPR. Et il y a un travailleur social pour aider aux démarches en ligne.
« L’occasion de découvrir d’autres lieux »
La séance de la Paperie a duré 1 h 30. Nathalie était allée à celles de la médiathèque et du VPR. Je ne vais jamais au VPR et je ne suis pas du quartier. C’est l’occasion de découvrir d’autres lieux et de rencontrer des gens qu’on ne côtoie pas forcément »,
apprécie-t-elle.
C’était le but rappelé par Mickaël Crémont à chacune des 6 séances organisées à la médiathèque, au VPR, à l’Ehpad Bon Air ou à l’Espace ados. Le festival est un support pour que les gens sortent, débattent, partagent leurs visions.