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À Quimperlé, deux documentaires mettent en avant la vie de femmes pionnières de l’océanographie et la navigation... |
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Aurélie Brousse, coscénariste du Voyage de documentation de Madame Anita Conti (2e à gauche), a été invitée à La Bobine par les bénévoles de Chlorofilm. © OUEST-FRANCE
Anita Conti est la première océanographe française. Enora Person, la première et seule femme commandante de son armement. Deux documentaires projetés jeudi 12 mars à 20 h 30 à La Bobine, à Quimperlé (Finistère) leur seront consacrés.
Deux vies de femmes, deux siècles, deux milieux, mais une même passion pour l’océan et la navigation. Les deux documentaires projetés à la Bobine à Quimperlé (Finistère), jeudi 12 mars 2026, mettent en avant le parcours d’Anita Conti, première océanographe française, et celui d’Enora Person, première et seule femme commandante de son armement. Proposée par Chlorofilm, la projection d’une heure environ sera suivie d’un échange avec Aurélie Brousse, coscénariste du Voyage de documentation de Madame Anita Conti.
« Transmettre ses émotions »
J’ai découvert Anita Conti par hasard, en tombant sur des livres qu’elle avait écrits, dans la bibliothèque de mes parents. J’ai directement été happée par le personnage, sa manière d’écrire.
Et il y a de quoi. Anita Conti naît en 1899 dans un milieu aristocratique. Très jeune, elle se prend de passion pour l’océan et embarque régulièrement avec des pêcheurs. En 1952, elle se lance dans une traversée de six mois sur un morutier, raconte Aurélie Brousse. Elle avait pour mission de filmer la vie à bord, mais également d’écrire un livre sur le voyage.
La pionnière de l’océanographie mettait tous les médiums à sa disposition : la photographie, le dessin, le film, la poésie, des enregistrements de sa voix. Une abondance de matière qui réjouit Aurélie Brousse : Ça nous permet d’avoir plein d’éléments pour composer son portrait. Dans le documentaire, on a voulu transmettre ses émotions, amener le spectateur à épouser son point de vue.
Si « la Dame de la mer », telle qu’elle était surnommée, est bien connue des marins-pêcheurs, son nom est peu évocateur auprès du grand public. Pour Nicole Roux, bénévole chez Chlorofilm qui a découvert Anita Conti grâce au documentaire, c’est un personnage passionnant dont on n’entend pas beaucoup parler. C’est révélateur du fait qu’il y a plein de femmes qui ont fait des choses formidables mais qu’on ne les connaît pas.
Aurélie Brousse confirme : Quand l’océanographie est devenue une vraie science, son travail n’a pas été reconnu parce qu’elle n’avait pas de diplômes. Alors ce sont des hommes avec des diplômes qui ont occupé le devant de la scène.
Jeudi 12 mars 2026, à 20 h 30. Cinéma La Bobine, Quimperlé. Tarifs : 4,50 €.