|
« The Bride ! », un film punk aussi captivant que déstabilisant... |
1
Christian Bale et Jessie Buckley dans « The Bride ! », de Maggie Gyllhenhaal. © Warner
En s’emparant d’un classique du cinéma d’horreur, Maggie Gyllenhaal signe un film punk partant dans tous les sens. Ce qui en fait le charme et les limites. « The Bride ! » est en salles ce mercredi 4 mars.
On ne peut jamais préjuger de la vie des films. Parti pour être l’un des longs métrages les plus attendus de l’année 2025, promis aux nominations et prix en cascade, voici que The Bride ! déboule finalement dans nos salles en 2026 après que Netflix l’a abandonné en cours de route. La plate-forme lui a préféré le Frankenstein de Guillermo Del Toro. Warner, qui l’a récupéré, a choisi de décaler sa sortie, prévue à l’automne dernier, de presque six mois. On a évidemment connu meilleure rampe de lancement !
Aux antipodes de « The Lost Daughter »
Mais la découverte du film permet de comprendre la perplexité de Warner devant le résultat final. En s’emparant du classique du cinéma fantastique de 1935 de James Whale, La Fiancée de Frankenstein , adapté de l’œuvre de Mary Shelley, Maggie Gyllenhaal signe en effet une œuvre baroque, tonitruante et punk. Un deuxième long métrage aux antipodes de son premier, The Lost Daughter , primé pour son scénario à la Mostra de Venise en 2022.
On y suit Frank – la créature du docteur Frankenstein – qui, ne supportant plus sa vie de solitude, va demander au Dr Euphronious (Annette Bening) de lui créer une compagne. Ce qu’elle accepte de faire à partir d’une femme assassinée sous les coups de son compagnon. « The Bride ! » va donc raconter ce drôle de couple en donnant cette fois-ci la parole à cette épouse qui était réduite au silence dans le film de Whale. Et plus précisément la cavale de ce couple quand il va avoir toute la police du pays à ses trousses après que Frank a tué les deux hommes qui ont tenté d’agresser sa femme.
Sur le fond comme dans la forme, Maggie Gyllenhaall a choisi de faire exploser tous les carcans, de mêler les styles (on passe de la couleur au noir et blanc), les genres (du fantastique à la comédie musicale en passant par la tragi-comédie romantique) et les influences. Elles vont des comédies musicales de Fred Astaire et Ginger Rogers à « Bonnie & Clyde », en passant par Joker : Folie à deux. On pense énormément à ce dernier devant la composition enlevée du duo Christian Bale-Jessie Buckley poussant à fond tous les curseurs.
The Bride » est un film punk qui lasse autant qu’il captive, qui part dans tous les sens, ouvre mille portes sans en refermer la moitié. Le chaos paraît ici le maître mot, de l’écriture du scénario au montage. Un film qui détonne dans la production hollywoodienne d’aujourd’hui. Pour le meilleur comme pour le pire.
De Maggie Gyllenhaal. Avec Jessie Buckley, Christian Bale, Penelope Cruz… Durée : 2 h 10.