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« Pas de sachant, ni d’apprenant » : à Bayeux, l’association le Gem et toi a réussi son pari fou, réaliser un film de A à Z... |
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En octobre 2023, le Groupe d’entraide mutuelle de Bayeux, le Gem et toi, tournait les scènes de son film « La Dame », désormais projeté en salles. Un projet cinématographique qui cherche avant tout à montrer que « le handicap n’en est pas un ». © Archives Ouest-France
Pendant près de cinq ans, le Groupe d’entraide mutuelle de Bayeux, le Gem et toi, s’est mobilisé pour la réalisation d’une fiction autour de la légende de la dame d’Aprigny. Un film dans lequel professionnels du cinéma et personnes souffrant de troubles psychiques ont tenu le même rôle. Un film « comme les autres », mené à son terme et désormais projeté pour « simplement montrer que le handicap n’en est pas un ».
On l’a appelé « La Dame », pour le moment, mais ce n’est pas forcément le titre définitif
, indiquait le réalisateur François Bontemps en janvier 2022. Quatre ans plus tard, c’est bien sous ce même nom que le Groupe d’entraide mutuelle (Gem et toi) de Bayeux a finalement présenté son film en avant-première, vendredi 13 février 2026.
Amateurs et professionnels réunis
Une fiction d’une heure que cette association dédiée aux personnes atteintes de troubles psychiques et ses adhérents est parvenue à créer de toutes pièces. Ce soir, c’est de la fierté, de l’impatience et du stress qui se mélangent
, commente Sébastien Castel, l’un de co-présidents de la structure.

Jean-Michel Magniez, Sébastien Castel, Régis Ameline, François Bontemps, Guillaume Léry et Didier Labbé à l’heure de découvrir le résultat final du film « La Dame », porté par le Gem et toi de Bayeux (Calvados). Ouest-France
De l’écriture du scénario au tournage, en passant par la recherche de costumes et de financements, les 35 membres du Gem et toi, entourés d’une dizaine de comédiens et d’une dizaine de professionnels du cinéma »,
ont porté ce projet fou
de A à Z, retrace Marie Hamel, l’une des deux salariées de l’association. En embarquant avec eux divers établissements médico-sociaux du territoire.
« Une espèce de feu sacré »
Pour un film comme celui-là, on tourne généralement autour de 450 000 € de budget
, sait François Bontemps. Ici, toute l’équipe a composé avec 80 000 €, notamment obtenus auprès de financeurs institutionnels. Nous avons été portés par une espèce de feu sacré
, estime le réalisateur, heureux d’avoir pu mener cette idée à son terme. Grâce à beaucoup de rencontres positives, les choses se sont petit à petit alignées.
Inspiré de la légende locale de la dame d’Aprigny – qui proposait une danse aux passants et les violentait en cas de refus – le film lui invente une vie terrestre dont on ne sait rien
, résume Jean-Michel Magniez, lui aussi co-président. S’y côtoient deux temporalités, celle du XVIIIe siècle lorsque vivait Guinevire de Parseval, et celle de maintenant, avec un étudiant en histoire, Étienne Sauveur, qui va enquêter autour de cette histoire.

Un petit groupe d’adhérents de l’association GEM et toi de Bayeux avec le réalisateur François Bontemps (à droite) et la conteuse Marie Lemoine (en jaune, au centre), en train de plancher sur le scénario du film en janvier 2022. Archives Ouest-France
« Le contraire d’“Un p’tit truc en plus” »
« La Dame », c’est le contraire d’“Un p’tit truc en plus”, considère François Bontemps. Quand Artus a cherché à montrer le handicap avec bienveillance, ici on montre juste qu’il n’en est pas un.
Dans ce projet, il n’y avait pas de sachant et d’apprenant, juste des hommes et des femmes qui ont fabriqué quelque chose tous ensemble
Ce film, ficelé il y a tout juste quinze jours
, le réalisateur espère maintenant le voir distribué. C’est un nouveau gros défi, mais on croit en notre feu sacré !
François Bontemps l’imagine aussi volontiers projeté au sein de festivals
.
Pour l’heure, une séance grand public est programmée, le 24 mars, à 18 h, au Café des images à Hérouville-Saint-Clair (entrée libre). Avis à celles et ceux qui souhaiteraient juste découvrir un film comme les autres
, l’inclusivité en plus !