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« Little Trouble Girls » : le désir face au divin dans un doux récit féminin... |
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Jara Sofija Ostan et Mina Švajger font leurs débuts à l’écran dans «Little Trouble Girls». © ASC Distribution
Lorsque l’éveil des sens adolescents se heurte aux dogmes religieux, la route vers l’âge adulte devient d’autant plus sinueuse. « Little Trouble Girls », le premier long-métrage de la réalisatrice slovène Urška Djukic, est à découvrir ce mercredi 11 mars au cinéma.
Après trois courts-métrages - dont La vie sexuelle de Mamie récompensé du César du meilleur court d’animation en 2023 - Urška Djukic livre un premier long intimiste sur le passage à l’âge adulte, remarqué à la Berlinade.
Lucia a 16 ans, mais semble à peine sortir de l’enfance. Sa mère lui interdit de porter du rouge à lèvres, et change de chaîne lorsque le film qui passe à la télé devient trop charnel à son goût. Lorsque l’adolescente rejoint la chorale de son école catholique, elle fait la rencontre d’Ana Maria, une lycéenne populaire et charismatique qu’elle ne parvient plus à lâcher du regard.
Un « coming of age » sensoriel
Thème récemment exploré dans La petite dernière d’Hafsia Herzi, l’éveil lesbien face aux dogmes religieux est ici traité avec légèreté et tendresse par la réalisatrice slovène. L’exploration de la sexualité à la sortie de l’adolescence est devenue un sujet courant, voire banal au cinéma. Or Little Trouble Girls parvient à tirer son épingle du jeu en proposant une mise en scène soignée, presque pudique, avec un sens du détail qui charme de bout en bout.
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Un couvent en chantier perdu en Slovénie, des ouvriers torse nu que les jeunes filles épient, et une statue de la Vierge Marie qui veille. Le cadre bucolique enveloppe ce microcosme, où la chorale d’écolières s’est recluse avec leur professeur. La douceur estivale caresse les joues de Lucia et Ana Maria - incarnées par deux superbes actrices qui font ici leurs débuts - tandis qu’elles explorent, et répriment, leurs désirs naissants.
Les nombreux plans serrés sur de petits bouts de corps dégagent une charge sensorielle tout en retenue, et subliment ce coming of age spirituel, malgré certaines longueurs qui restent facilement oubliables.