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Le tramway au Mans

Après la galère, les commerçants retrouvent le sourire

    photo jean-marc parage, le poissonnier du bas de la rue gambetta, se demande, avec le sourire quand même, comment emporter un plateau de fruits de mer si on ne peut pas se garer devant sa boutique.
    Jean-Marc Parage, le poissonnier du bas de la rue Gambetta, se demande, avec le sourire quand même, comment emporter un plateau de fruits de mer si on ne peut pas se garer devant sa boutique.

    Les trois ans de travaux ont laissé de mauvais souvenirs dans les boutiques situées le long de la ligne. Les commerçants vivent un retour à la normale.

    Pour les commerçants riverains, le tram ce sont d'abord les travaux. Les mauvais souvenirs passés, les mauvais chiffres plutôt, les commerçants retrouvent le sourire. Et regardent devant.

    Dans le bas de la rue Gambetta, la boucherie Taboy a résisté aux marteaux-piqueurs. « J'ai fait le maximum pour sauver mon bateau, mon équipage. On est six à travailler, j'ai baissé mon salaire et supprimé les vacances », confie Jean Taboy, digne. Le patron se réjouit de voir l'activité redémarrer, mais « rien n'est acquis. Le tram a rapproché les distances pour tout le monde, c'est sûr. Je vois venir des clients du côté de Ribay, du Pré et de l'université ». Un coup de peinture sur la façade, de nouveaux stores, deux arbustes à l'entrée, le vélo du coursier sur le toit et bientôt une rôtisserie dynamisent la boucherie, que personne ne peut manquer, pas même les passagers du tram.

    De l'autre côté de la rue, le poissonnier ne voit pas les choses du même oeil. Au Palais de l'océan, Jean-Marc Parage installé depuis mars vitupère contre le serpent orange. « Personne ne peut se garer en face de la boutique sinon c'est 35 € d'amende. Impossible d'emporter un plateau de fruits de mer ! Si on avait autorisé le stationnement minute, on n'en serait pas là. Les gens nous téléphonent pour savoir comment ils peuvent venir en voiture. » Le poissonnier ne voit pas ce que le tram apporte au quartier. « Le quartier est inanimé, il n'y a plus de passage. Regardez dans le tram, y'en pas un qui a une baguette ! »

    Pas assez de places pour se garer

    Lucette Lefeuvre, propriétaire du salon Vita Coiffure, apprécie la proximité de l'arrêt du tram. « Avant, on ne voyait plus de jeunes de l'université, les voitures passaient de chaque côté. Le tram draine les quartiers d'à-côté et ça fait du bien », dit-elle. A la Cave Terroir de France, à deux pas du parc Monod, Florence Tortevoie déplore la difficulté pour se garer et mettre dans le coffre des cartons de bouteilles. « Des voitures ne bougent pas. Ah non, ce n'est pas la mienne, moi j'viens en tram ! »

    Dans l'autre sens, avenue Jean-Jaurès, « on commence à revoir du monde ». L'horloger prendra le temps de repeindre sa vitrine, Jean-Paul Furet a retrouvé le chiffre d'affaires qu'il avait perdu. Idem au bar-tabac voisin, Le Celtic. « Ce n'est pas le tram qui nous amène du monde, c'est le passage des voitures et puis les constructions en face », souligne Christiane Crotté qui cherche à vendre son établissement mais au prix d'avant les travaux.

    L'animation de la rue est liée aussi à l'ouverture début septembre d'un Marché plus. Comme à Gambetta, le gérant est content. « Le tram nous apporte des clients, je ne peux pas dire le contraire, admet Zeki Ciftci. On est un peu court en places de stationnement. Aux heures de pointe, les gens hésitent à se garer, ce n'est pas facile. Mais notre emplacement a favorisé la marche à pied. »

     
    Ouest-France  

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