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Les tuteurs jouent les anges gardiens sur le campus |
Mardi, c'était jour de rentrée pour les étudiants de 1re année de l'Université. Trois tuteurs ont joué les guides sur le campus.
Il y a trois ans, Émilie, Emmanuelle et Mohamed faisaient leur entrée en 1re année d'anglais, à l'université du Maine. Emmanuelle se souvient en riant qu'elle « a mis un an à découvrir le bistrot Bartholdi », pourtant à un jet d'encre du bâtiment d'anglais. Mohamed, « sans doute par orgueil », avait voulu se débrouiller seul, et assure : « au bout de deux semaines, j'étais dans mon élément ».
Aujourd'hui, tous trois sont des étudiants épanouis, à l'aise sur leur campus. Ils se sont portés volontaires pour être les « tuteurs » des petits nouveaux. L'Université les embauche 20 heures en septembre (rémunérées 150 €). En échange, ils doivent aider les étudiants de première année d'anglais à se repérer sur le campus, s'inscrire dans les travaux dirigés. Le tout émaillé de petits conseils pour une immersion douce dans ce « nouveau monde ». Autre temps, autres mots... L'université a une manière bien particulière de découper le temps. Ici, on le tronçonne en « semaines » (là , on est en fin de « semaine 1 ») ; et en « semestre ». Le premier s'étale jusqu'en décembre et les premiers examens. Les étudiants doivent intégrer de nouveaux sigles : « CM » (cours magistraux) ; « TD » (travaux dirigés), « UE » (unité d'enseignement, qui peut parfois être « libre »)... On s'y fait très vite. Comme au lycée... « Contrairement à ce que beaucoup imaginent, ici, vous n'aurez presque pas de cours en amphi », préviennent les tuteurs. En revanche, pour les deux-trois cours qui s'y tiendront cet hiver, « n'oubliez pas votre petite laine, il n'y fait pas chaud ! » La plupart des cours se déroulent donc dans des salles en présence d'une trentaine d'étudiants. « Le prof fera l'appel, vous lèverez la main pour parler. Ça ne change guère du lycée. Sauf que si vous ne venez pas, on ne téléphonera pas à vos parents. Vous êtes responsables, au-to-no-mes ! » prévient Emmanuelle. Petits creux... Pour se restaurer sur le campus, il y a plein de possibilités. Le plus connu, c'est le « restau U » Vaurouzé qui, pour 2,80 € vous propose « une entrée, un plat, un dessert ». « Ils ont fait de gros efforts, il y a tous les jours un plat de gastronomie du monde différent ». Pour le même prix, à Bartholdi, vous n'aurez que deux plats, mais « plus copieux ». En revanche, si vous n'avez que 30 mn pour déjeuner, « Oubliez ! » « Avec la file d'attente, vous n'aurez le temps de ne prendre que... le plateau ! » Dans ce cas, une solution, se rabattre sur les cafet'de chaque département. On y trouve pizza, quiche... à réchauffer au micro-ondes. « Et de délicieux donuts (beignets) à grignoter avec un café en faisant une traduction », sourit Emilie. C'est la gentille Colette qui tient la cafet'd'anglais. Coté choix, aucune cafét ne peut rivaliser avec celle de Droit. De l'autre côté du rond-point, il y a aussi « bars et snacks sympas ». En revanche, pas de supérette dans le quartier. « Et ça, ça manque drôlement à tous ceux qui habitent en cité universitaire ».Gare aux pièges... A éviter absolument : les voies réservées au bus sur le campus. On les reconnaît à leurs énormes ralentisseurs en béton. « Chaque année, ça ne manque pas, des voitures restent coincées dessus ou raclent méchamment le bas de caisse », préviennent les anciens. L'art éphémère... En passant devant la bibliothèque universitaire, gros trou de mémoire du trio : « Tous ces rondins, ça représente quoi, déjà ? » « Ça un rapport avec un fakir, non ? » plaisante Mohamed. Gare aux apparences... En passant devant les bâtiments préfabriqués miteux qui l'abritent, les trois tuteurs se lancent dans un vibrant plaidoyer pour le « service culture » de l'Université. « C'est sûr, côté look, c'est pas le Zénith ! rigole Mohamed, mais grâce à lui, on peut faire de la musique, du théâtre (à condition de s'inscrire tôt), de la danse. Pour 60 € l'année ! » Même chose pour le sport, une infinité de choix, y compris l'équitation, le golf ou le water-polo. « C'est limité à deux. Avec ton emploi du temps de première année, tu verras ça ira comme ça », conseille Émilie à une assoiffée de sports. Affichages... Soirée, fêtes et concerts sont légion sur le campus. Pour savoir où et quand (souvent le jeudi soir), il suffit d'être attentif aux petits papiers qui fleurissent sur les murs du campus. A propos de petites annonces, à surveiller dans les prochains jours le tableau d'affichage du bâtiment d'anglais : « Les étudiants des années supérieures mettent souvent en vente leurs bouquins. S'ils sont encore au programme, ça vaut le coup ! » Sur le panneau réservé à l'administration sont punaisés les procès-verbaux d'expulsion des étudiants : « Ça arrive. A ceux qui trichent aux examens... L'affichage, c'est fait pour dissuader ».Rituel. Avec les arrêts devant chaque lieu incontournable, les détours dans les coins et recoins, la visite du campus a duré une bonne heure et demie. S'achevant sur cet avertissement : « De toute façon, vous n'y couperez pas les premiers temps : la grosse panique qui vous gagne quand vous cherchez votre salle, alors que le cours commence dans 5 minutes. Ici, c'est un rituel ! »Laurence PICOLO.