120 salariés débrayent pour leur directeur

    photo c'est l'heure de l'entretien préalable au licenciement pour le directeur de la socamaine, alain tronchet, qui vient de prendre un bain de foule parmi les salariés de son entreprise avant son entretien préalable à son licenciement.
    C'est l'heure de l'entretien préalable au licenciement pour le directeur de la Socamaine, Alain Tronchet, qui vient de prendre un bain de foule parmi les salariés de son entreprise avant son entretien préalable à son licenciement.

    Hier à Champagné, la CGT appelait au débrayage pour soutenir le directeur de la Socamaine, Alain Tronchet. Il avait rendez-vous pour l'entretien préalable au licenciement.

    Environ 120 employés de la Socamaine (450 salariés), une plate-forme logistique du réseau Leclerc, ont débrayé hier midi à l'appel de la CGT pour soutenir leur directeur. Une alliance contre nature qui fait suite à la mise à pied conservatoire d'Alain Tronchet, âgé de 54 ans. Il avait rendez-vous hier avec la direction pour son entretien préalable au licenciement. Le départ probable de l'ex-manutentionnaire, rentré en 1983 à la Socamaine et directeur depuis 1998, a choqué les salariés.

    Une éviction décrétée par la direction après la mise à pied de Christophe Guyon, comptable et numéro 2 de la Socamaine. « Ce sont des querelles de bonhomme, assure Yvon Peinturier, le président de la Socamaine. Alain Tronchet a licencié Christophe Guyon sans motif sérieux. C'est une tentative de destruction des cadres de l'entreprise ». Faux, rétorque le directeur. « Il m'a glissé des peaux de bananes depuis deux ans. C'était le poil à gratter envoyé par la direction ».

    Climat tendu à la Socamaine

    « Maintenant, le climat est tendu, affirme Lydie Grignon, une comptable de la Socamaine de 31 ans. C'est surprenant après tout ce qu'il a fait pour les salariés. Il y a des bruits de couloir. On a de l'appréhension. Que va-t-il se passer pour notre avenir ? » Même constat du côté des entrepôts. « C'était un bon directeur, sur le plan humain et pour l'entreprise, estime Michel Hiron, réceptionnaire. Il faisait beaucoup de social ».

    « L'entretien n'a rien donné, constatait, amer, Alain Tronchet dans l'après-midi. Maintenant, ils ont 48 heures pour me confirmer ou infirmer mon licenciement. C'est un dialogue de sourds ». Le directeur a proposé la nomination de deux médiateurs, Claude Hervé et André Jaud, les PDG des centres Leclerc du Mans et de Laval. « On a un mois pour prendre une décision avec le conseil d'administration, tempère Yvon Peinturier. Le président de la Socamaine se serait bien passé de l'agitation créée par la mise à pied. On a relevé momentanément Alain Tronchet de ses fonctions. La perte de son travail ne reste qu'une hypothèse. Il faut garder la sérénité à la Socamaine ». Difficile en tout cas pour le directeur de revenir comme si de rien n'était à son poste. Enjeu des semaines à venir ? Les conditions de départ et la qualification du licenciement.

    Gabriel THIERRY.

     
    Ouest-France  
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