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Vignes, prairies, vergers… Comment Serge Zaka, le « cow-boy du climat » voit l’agriculture de demain en Pays de la Loire... |
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Ingénieur en agronomie, Serge Zaka viendra présenter quelles pistes d’adaptation pourrait suivre l’agriculture des Pays de la Loire pour faire face aux conséquences du dérèglement climatique. © IP3 PRESS/MAXPPP
Invité par la Région, Serge Zaka, docteur en agroclimatologie, viendra à la rencontre des agriculteurs des Pays de la Loire, les 2 et 3 décembre. Ce vulgarisateur hors pair des questions climatiques et agricoles esquissera des scénarios possibles d’adaptation pour les champs, vergers et prairies ligériennes, d’ici à 2050.
Serge Zaka, docteur en agroclimatologie, président-fondateur d’AgroClimat2050, est invité par la Région des Pays de la Loire à échanger, les mardi 2 et mercredi 3 décembre, à Nantes et au Mans, sur l’agriculture de demain.
Les effets du dérèglement climatique se ressentent déjà sur l’agriculture des Pays de la Loire. Que peut-il se passer si la carte des productions n’évolue pas ?
Il faut s’attendre à des pertes de rendements, pouvant aller de -20 % à -50 % sur le maïs, avec un impact aussi sur le tournesol ou les prairies. Voilà pourquoi il faut aussi mettre en place des stratégies d’évitement, en semant plus tôt par exemple, pour que la floraison ne survienne pas en pleine canicule. En privilégiant pour le maïs les sols où on peut irriguer et en arrêtant d’en mettre sur les sols superficiels.
Pour faire quoi, à la place ?
Le sud de la France, le Maroc, l’Espagne, ne pourront sans doute plus faire autant de fruits demain. C’est une opportunité pour les Pays de la Loire, qui ont intérêt à se tourner vers l’arboriculture et le maraîchage… La vigne est aussi promise à un grand avenir, si on adapte les cépages. Sorgho, pois chiche, tournesol… Il y a aussi de nombreuses nouvelles filières à développer, à condition qu’elles fassent l’objet d’investissements. Mais voulons-nous être pionniers ou avons-nous peur de passer pour des fantaisistes ? Pourquoi pas, demain, une IGP d’huile d’olive vendéenne ?
La tension sur la ressource en eau génère, localement, de vifs débats. Que recommandez-vous ?
Une combinaison de plusieurs solutions. Il n’y a pas que les « mégabassines ». On peut mettre en place des réserves collinaires [qui se remplissent grâce au ruissellement], mieux gérer les sols pour absorber les excédents et faire face au manque d’eau… Pensons aussi aux paysages. Les parcelles exposées au vent favorisent l’évapotranspiration : il faut donc faire barrière avec des haies, par exemple.

Le dérèglement climatique générera d’importantes pertes de rendements de lait, variables selon les régions françaises. Serge Zaka Agroclimat.
Quelle place pour l’élevage, notamment laitier, quand on voit l’impact des sécheresses sur les fourrages et les animaux ?
On aura toujours des animaux d’élevage en Pays de la Loire, mais c’est vrai que le stress thermique va compliquer leurs conditions, notamment dans le Sud de la région. Le poids économique de la filière laitière est donc amené à prendre plus de place ailleurs, mais il faudra veiller à ce qu’il n’y ait pas trop d’animaux dans ces secteurs, en s’assurant que la production de maïs ne se fasse pas au détriment des prairies, qui ont de nombreuses vertus.
Lire aussi : À quoi ressembleront les champs de Maine-et-Loire, demain ?
Conférence à Nantes le mardi 2 et au Mans le mercredi 3 décembre, avec présentation des projets d’adaptation menés en Pays de la Loire. eventbrite.fr