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VIDÉO. À Saint-Michel-de-Chavaignes, ferrailleuses et pierreux sont à l’œuvre... |
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Adriano Ciara, Philippe Stemmelen, Carina Tornatoris, Nell Stride et Vitali Panok. © OUEST-FRANCE
Le 3e symposium de sculpture monumentale se tient jusqu’au 25 juillet. On peut assister en direct au travail de trois sculpteurs sur pierre et deux sculptrices sur métal. La liberté les a beaucoup inspirés. Magique !
Imaginez un parallélépipède de pierre blanche de 2 mètres de haut, 1 de large et 80 cm de profondeur. Soit à peu près 1,6 mètre cube de calcaire de la Vienne. Ou encore des fers à béton et autres longues tiges ou lattes d’acier.
Ce sont les matériaux qu’ont trouvés, à leur arrivée, trois « pierreux » et deux « ferrailleuses ». Autrement dit trois sculpteurs sur pierre et deux sculptrices sur métal. Il y a ceux qui enlèvent de la matière pour faire apparaître l’œuvre. Et celles qui la créent de toutes pièces.
Les cinq artistes se sont installé chacun sous son barnum, entre deux champs de maïs, à la sortie de Saint-Michel-de-Chavaignes, en Sarthe.
Munis de perforateur, éclateur, disqueuse, marteau, ciseau pour les uns, cintreuse et fer à souder pour les autres, ils vont, en moins de 15 jours, transformer ces matériaux bruts en sculptures monumentales. À l’exception de « l’Envol », acheté par la ville de Connerré, les autres resteront sur place et rejoindront les œuvres réalisées lors des précédents symposiums et dispersées dans le village.

Carina Tornatoris et son très attendu Pégase, « entièrement en ferraille ». OUEST-FRANCE
Un cheval volant haut de 4 m
Carina Tornatoris adore le principe : « On nous fournit du matériel. On n’a pas à se préoccuper de trouver un acheteur ou de devoir déplacer l’œuvre pour la montrer. On peut ainsi laisser libre cours à notre créativité, explorer. » Cette sculptrice argentine vivant en France, est une habituée des sculptures monumentales. Elle a notamment réalisé des mammouths et ours des cavernes de 5 à 6 mètres de haut en paille, sur une structure en bois ou acier.
À Saint-Michel, la pression est grande sur elle. Le jury a flashé sur son Pégase, le cheval volant qui cherche à s’extraire du sol pour prendre sa liberté. Haut de 4 mètres, « il sera uniquement en ferraille. Le travail de la ligne, de la courbe est très important ». Carina s’est fait prêter une cintreuse professionnelle qui lui permet de tordre des fers de 2 cm. Elle a choisi de travailler uniquement à partir de photos de sculptures anciennes. Cela lui donne à la fois plus de liberté mais nécessite plus de recherche.

Philippe Stemmelen et la maquette de son Sage luttant pour sa liberté. OUEST-FRANCE
La liberté c’est aussi le thème choisi par Philippe Stemmelen, avec « le sage qui se libère de l’oppression dans laquelle on vit actuellement ». Une des membres du jury lui a confié qu’elle avait été particulièrement sensible à la musculature de son sage, s’amuse-t-il. « Le fait que je représente un homme a aussi séduit. En général, les sculpteurs s’intéressent davantage aux corps de femmes. »
Vénus sortant des flots

La Vénus de Vitali Panok surgissant des flots. OUEST-FRANCE
Femme libérée encore avec le franco-biélorusse Vitali Panok. Il propose son interprétation de la naissance de Vénus. « C’est aussi la naissance de la vie, de l’amour qui émerge de ce chaos primordial qu’est la mer. » Il a réalisé une maquette de son projet, « car c’est une course contre la montre. On n’a pas beaucoup de temps pour l’improvisation. On doit bien se préparer dans la tête ».

Très aérienne, la sculpture en fer de Nell Stride : l’Envol. OUEST-FRANCE
Liberté et légèreté dans « l’Envol » de Nell Stride : un acrobate ou une danseuse qui « exprime son besoin d’être libre, de s’envoler ». La matière lui importe peu, mais elle a choisi le métal qui permet d’élever. Elle habillera sa sculpture en métal de fils de fer et de résine acrylique.
Remplaçant au pied levé un sculpteur ukrainien coincé chez lui par le Covid, Adriano Ciara, est venu de Naples et a délaissé le marbre de Carrare. À partir de photos naturalistes de faucons sacrés, il s’apprête à reproduire une femelle et son petit.

Adriano Ciara fait naître un faucon sacré et son petit. OUEST-FRANCE
Les cinq artistes sont logés sur place dans un gîte et c’est la cantinière du village qui assure leurs repas. « L’accueil de Mains d’art est très sympa et c’est confortable de pouvoir se consacrer entièrement à son travail », apprécient-ils. D’autant que pour que tout soit terminé le dimanche 25 juillet, quelques nocturnes ne sont pas exclues… On peut venir assister à leur travail de création jusqu’au dernier moment. C’est magique!
À découvrir aussi sur place l’exposition des œuvres des sculpteurs ainsi que celles des artistes locaux et africains.