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Vibraye. Il était une fois… les forges de Champrond... |
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À Champrond, le passé se lit encore dans les bâtiments. © Le Maine Libre
Le Pays d’art et d’histoire du Perche sarthois, en partenariat avec l’office de tourisme des Vallées de la Braye et de l’Anille, et l’association Maisons paysannes de Sarthe a organisé un circuit découverte intitulé « L’architecture rurale au fil de la Braye ».
Le rendez-vous était fixé à Champrond, charmante petite bourgade de 75 habitants dont le passé historique méritait bien une visite guidée. C’est Sylvie Lemercier, animatrice architecture et patrimoine du Pays d’Art, et Dominique Couallier, maire de Champrond, qui ont mené les participants. « Le secteur Vibraye Montmirail est riche et préservé. Ce matin, nous allons nous concentrer sur les forges de Champrond et le site de Cormorin, et cet après-midi nous découvrirons les bourgs de Valennes et un lieu privé, la Borde des Châtaigniers, un bijou de restauration. »
L’histoire de Champrond est singulière. Un petit village qui se développe au Moyen Âge autour d’une clairière ronde : champ rond. Une première mention de la paroisse de Champrond est relevée en 1248 mais les textes sont plus précis à partir du XVIe siècle « C’était une petite paroisse rurale, agricole, l’implantation d’une forge importante au XVIIe a changé le destin de ce village. » Bien sûr le secteur a été bouleversé par des mouvements révolutionnaires ; le château de Vibraye disparaît, les incidents sont nombreux. Mais le passé de Champrond se lit encore dans les bâtiments ayant résisté au temps ; le bâtiment du maître des forges, les habitats ouvriers, la fenderie, les halles de stockage, les canaux aménagés pour utiliser la force hydraulique de la Braye. La forêt fournissait le bois et le minerai de fer… Le site était prospère. C’était une des rares forges où l’on faisait de la fonte mais où on moulait aussi des objets qui étaient commercialisés jusqu’en Angleterre. À partir de 1860 décolle l’industrie moderne. Les lois de libre échange, la concurrence des gros bassins métallurgistes auront raison peu a peu des forges de Champrond. Elles ferment définitivement en 1912.