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Véronique Mang, la « zen attitude » du sprint... |
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Malgré la pluie qui s'est abattue samedi sur le stade de La Rudelière, aux Sables-d'Olonne, Véronique Mang a poursuivi sa préparation avec le sourire. Elle abordele meeting de La Roche-sur-Yon, ainsi que les Mondiaux de Daegu, avec sérennité. © Laurent Gelot
Meeting de La Roche-sur-Yon, mercredi. Véronique Mang est qualifiée pour les Mondiaux de Daegu.En stage préparatoire aux Sables-d'Olonne, elle sera sur la piste yonnaise ce mercredi.
Il suffit d'une course réussie pour effacer toutes les galères. En conservant son titre de championne de France du 100 mètres à Albi en 11''11, égalisant ainsi son record personnel de 2010, Véronique Mang a montré que sa forme était ascendante. Oubliées la tendinite d'Achille de l'automne, la grippe de l'hiver et les allergies respiratoires du printemps. C'est l'été, et la sprinteuse de Franconville chante comme une cigale et travaille comme une fourmi. Le climat et l'ambiance qu'elle et son entraîneur, Olivier Marchand, ont trouvé aux Sables-d'Olonne leur conviennent parfaitement. « Le cadre est sympa, l'atmosphère douce et je suis loin de l'agitation parisienne, explique Véronique. J'aime la sérénité et j'ai besoin de cette plénitude pour me préparer. Le sprint est une épreuve de vitesse où il faut être fluide et relâchée pour « sortir » un chrono. Ici, toutes les conditions sont réunies pour s'y préparer. »
Et comme dans l'esprit, un athlète ressemble souvent à son entraîneur, et inversement, Olivier Marchand est dans le même couloir. « Se préparer tout en décompressant, c'est une alchimie. Un alliage rare qu'il faut trouver pour donner de la magie au sprint. Cette recherche, c'est le contrepoint du sprint qui est un monde de bluffeur et où le 100 m est un effort « bestial », de l'énergie brute que l'on développe en cherchant une technique parfaite. »
Sereine et relâchée
Cette « zen attitude » dans le sprint d'aujourd'hui, on la retrouve également à Aix-les-Bains avec le duo Christophe Lemaître et Pierre Carraz. C'est l'une des sources de la performance. Le triple champion d'Europe de Barcelone (100 m, 200 m et 4 x 100 m) est maintenant en 9''92 dans la ligne droite. Dans ce couloir, c'est le 10''99 que vise Véronique. « Lorsque l'on voit les courses de Christophe, cela donne envie d'aller plus vite. Pour moi, passer sous la barre des 11 secondes est très important. Cependant, je préfère me laisser porter vers ce chrono. La performance est une chose et les titres en sont une autre. Pour être médaillée aux Mondiaux, toutes les filles ne seront pas en moins de 11 secondes. En Corée, j'aurai l'occasion de mettre en valeur mon potentiel et mon point fort qui est ma vitesse à partir du 60 mètres. Pour être compétitive, je travaille tous les autres points. Pour moi, ils ne sont pas faibles. Je dois seulement les améliorer. Comme on dit souvent, « cela ne va pas rigoler à Daegu », mais je ne vais pas me laisser « parasiter » par les adversaires et les conditions. C'est pour cela que je partirai sereine et relâchée en Asie. »
Conquérante et performante
La compétition est la révélation d'une progression. Si elle est avant tout chronométrique, elle est aussi technique, physique et physiologique. Véronique sera sur la piste Jules-Ladoumègue, mercredi soir. Si elle peut aller plus vite que les records du meeting yonnais sur 100 mètres et 200 mètres (11''25 et 22''99) - ses records personnels le prouvent : 11''11 et 22''92 - ce ne sera pas l'objectif recherché à La Roche-sur-Yon. « Je ne sais pas encore si je vais courir le 100 ou le 200, confie-t-elle. La question est encore dans mes jambes et la réponse se fera à l'entraînement. Je sais que la piste est bonne. L'an passé, j'ai réalisé 23''12 sur 200 mètres. Si je cours le 100 mètres, je n'aurai pas à me soucier des minima (11''18). Je serai donc plus relâchée que les autres. Le record de l'épreuve, je n'y pense pas trop. Je cours parce que je ne veux pas rester sans compétition jusqu'au 27 août. L'objectif, c'est Daegu. Je ne vais disputer que le 100 mètres. Je suis actuellement à 11''11 et le niveau mondial reste à conquérir... Et je me prépare à partir en conquête. » Sereine et conquérante, Véronique Mang est autant dans le « lâcher prise » que dans la performance. La « zen attitude » du sprint d'aujourd'hui.
Bruno POIRIER.