Tsonga : « Pas tragique, juste triste »... |
"Atteint" d'avoir dû mettre un terme à sa saison en raison d'une blessure au genou gauche, Jo-Wilfried Tsonga a également "appris à relativiser" et est certain d'avoir l'occasion de se rattraper dans les années à venir, notamment en Coupe Davis. "C'est un rêve qui s'envole. Mais pas très loin car une finale de Coupe Davis c'est quelque chose qu'on peut rééditer", a déclaré le numéro un français qui manquera la finale 2010 face à la Serbie, du 3 au 5 décembre.
Vous avez donc décidé de mettre un terme à votre saison...
"Oui et ce n'est pas une décision qu'on prend à la légère. Pour moi c'était un rêve de gosse de pouvoir jouer la finale de Coupe Davis. Il y a forcément beaucoup de regrets et un peu d'amertume. C'est difficile, ce n'est pas anodin, je suis atteint. Je tire un trait sur ce qui aurait été un des moments les plus beaux de ma carrière, je suis déçu de ne pas pouvoir faire partie de cette fête. Mais malheureusement je ne peux pas. C'est dommage, je jouais bien, je me sentais super bien physiquement et paf, la douche froide."
Est-ce l'un des moments les plus durs de votre carrière ?
"Oui certainement, comme il y a deux ans lorsque je n'ai pas pu aller aux jeux Olympiques. La Coupe Davis fait partie des choses vraiment magiques. C'est un rêve qui s'envole. Mais pas très loin car une finale de Coupe Davis c'est quelque chose qu'on peut rééditer. Dans les années à venir je vais avoir l'occasion de me rattraper."
Quand la douleur s'est-elle réveillée ?
"Lors de mon match face à Gilles (Simon, à Montpellier vendredi). Ces dernières semaines, j'ai fait le maximum pour être prêt à temps, j'ai travaillé dur, j'ai été assidu, j'ai pris des risques. J'ai voulu accélérer les choses pour jouer la finale mais ce n'est pas passé. Je n'ai pas le choix."
C'était impossible de tenter le coup pour être rétabli d'ici la finale ?
"Les médecins m'ont dit stop, que c'était dangereux de continuer. Ce ne serait pas sérieux de tenter le diable. Je ne peux pas prendre le risque d'être blessé pendant six mois. Je vais prendre trois semaines de repos et reprendre la raquette début décembre si tout va bien".
N'avez vous pas envie de maudire ce corps qui vous lâche si souvent ?
"Oui mais en même temps c'est aussi à cause de lui que je suis arrivé jusqu'ici. Franchement après tout ce qui m'est arrivé, je relativise. Il ne tient qu'à moi de renouveler ça et de me redonner la chance de jouer une finale de Coupe Davis."
Pensez-vous à modifier votre programme dans le futur pour éviter ces blessures récurrentes ?
"Mais mon programme je le modifie déjà. Je ne peux pas faire grand-chose de plus. A un moment donné on ne peut plus contrôler, la vie est ce qu'elle est. Ce n'est pas non plus la mort, ce n'est pas tragique. C'est juste triste."