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TÉMOIGNAGE. Parlementaire en Sarthe : « Quand on ne sait plus où aller, on vient voir sa députée »... |
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Sylvie Tolmont sillonne sa circonscription à la rencontre des habitants chaque vendredi, comme ici au guichet unique à Sablé-sur-Sarthe. © Ouest-France
Députée de la 4e circonscription de la Sarthe depuis juillet 2018, Sylvie Tolmont est présente sur le territoire tous les vendredis avec cette volonté d’être au plus près et à l’écoute des habitants. Elle sera à Mareil-en-Champagne ce vendredi 18 février 2022. Nous l’avons rencontrée lors d’une précédente permanence, à Courtillers.
Ce vendredi-là , dans la fraîcheur du matin, Sylvie Tolmont, députée socialiste de la 4e circonscription de la Sarthe, débarque pour tenir une permanence en mairie à Courtillers. « Depuis que je suis élue, j’organise ce type de rendez-vous tous les vendredis à travers les communes de ma circonscription, explique-t-elle. Il faut avoir cette capacité à se mettre à l’écoute des citoyens. J’établis un planning au semestre. » La tâche est de taille : 72 communes figurent sur son territoire.
Ce jour-là , Sylvie Tolmont est accueillie par le maire courtilléen, Dominique Leroy. Elle prend le temps d’échanger en attendant que l’on vienne la solliciter. « Parfois, je ne vois personne ; parfois, je vois pas mal de monde. » Ce jour-là , personne ne s’est présenté. Qu’à cela ne tienne. « Il y a des fois où je suis contrainte de mettre en place un planning pour réguler l’affluence. » Elles croisent de ces gens qui ont, en tout et pour tout, deux fois leur nom dans le journal : quand ils naissent et quand ils disparaissent.
Logement, santé, économie au cœur des préoccupations
Mais que veut-on à Madame la députée ? « On vient me voir pour toutes sortes de questions, parce que l’on doit faire face à une difficulté dans son quotidien ou bien dans des rapports avec une administration. Aujourd’hui, le digital ne facilite pas les relations humaines. Je me retrouve le plus souvent face à des citoyens démunis. »
Les questions de logement, de santé, d’économie reviennent de manière récurrente. « Quand on ne sait plus où aller, on vient voir sa députée. Comme un dernier recours. On ne vient pas me voir pour des bagatelles, tout comme on ne me parle pas d’immigration. »
On lui parle bien souvent de la réserve parlementaire et des fonds qui étaient distribués dans un passé récent, en espérant obtenir une aide. « Jusqu’en 2017, chaque députée avait à disposition des sommes pour accompagner des projets sur son territoire. Il n’y a pas de secret, c’était 130 000 € par an. En 2017, Macron a considéré que c’était terminé. C’est dommage. Il n’était pas question de clientélisme car tout était public. Ces sommes sont désormais allouées à un fonds de développement de la vie associative et après constitution d’un dossier de demande d’aides, un collège assure la répartition. » C’est plus carré mais un peu moins rond pour l’élue.
« En rien une démarche électoraliste »
Ces voyages aux confins de la Sarthe sont indispensables pour la députée, candidate à sa succession en juin. Elle prend le pouls. « Ce n’est en rien une démarche électoraliste », se défend-elle tout comme elle a horreur qu’on lui parle de la France d’en bas. « Je suis une députée de la France, une parmi 577 autres parlementaires. Je suis à Paris, le mardi, le mercredi et le jeudi matin ; le reste du temps je sillonne ma circonscription. Il y a le cadre de l’Assemblée nationale et il y a le contact avec les citoyens. Je suis là pour défendre des dossiers de mon territoire, pour voter des lois mais pas que… »
Sur la route, Sylvie Tolmont ne compte pas ses heures. « C’est un engagement extrêmement fort. Il n’y a que peu de temps mort dans la vie d’un député. » L’usure ne l’affecte pas - « je ne serai pas là si c’était le cas » – tout comme les incivilités à l’égard de son personnage d’élu. Elle se veut discrète sur le sujet, comme pour ne pas tomber dans une sorte de psychose. D’autres sujets l’inquiètent comme le détachement des citoyens à la chose politique. « Il y a un vrai travail pour rénover le lien. Le vrai sujet est de restaurer la confiance dans nos institutions. »