Sur les pas du Petit Prince : l’enfance de Saint-Exupéry au Mans
Avant de devenir l’auteur-aviateur du Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry a passé une partie de sa jeunesse au Mans. De 1909 à 1915, le jeune élève fait sa scolarité dans l’établissement Saint-Charles Sainte-Croix, découvre le Jardin des Plantes et déplore la mauvaise météo dans la Sarthe. On découvre aussi que la ville sarthoise aura beaucoup inspiré l’écrivain pour ses œuvres, notamment le Petit Prince, dans lequel on jure retrouver certains personnages de son enfance mancelle.
L’arrivée au Mans, nouveau foyer familial
En 1909, Antoine de Saint-Exupéry pose ses valises au Mans avec sa mère et son frère cadet François. Le jeune garçon a alors 9 ans. Il vivra au Mans jusqu’à ses 14 ans. Marie de Saint-Exupéry, sa mère veuve depuis 1904, s’installe au 21 rue du Clos-Margot, dans le quartier des Maillets, à la demande du grand-père paternel, qui réside non loin de là, dans la maison du 39 rue Pierre-Belon.
Au Mans, le jeune Antoine se balade au Jardin des Plantes qu’il fréquente souvent. Mais il trouve qu’il pleut beaucoup dans la Sarthe, comme il le relate dans les premières lettres datant de son arrivée.
De la réalité à la fiction
Le cadre bourgeois de la grande résidence familiale, avec son énorme bibliothèque, offre au jeune Antoine un décor propice à la rêverie, marquant durablement son imaginaire et son inspiration. À commencer par Fernand, ce grand-père généalogiste. Toujours absorbé dans ses recherches, il ressemble à s’y méprendre au géographe à barbe blanche, qui passe tout son temps dans ses papiers.

Aux murs de la maison du grand-père sont aussi accrochées les photographies de l’oncle de l’écrivain. Ce militaire qui voyageait beaucoup rapportera des images des oasis et des déserts de Turquie et d’Égypte, autant d’images qui nourriront les décors du Petit Prince.
Un élève indiscipliné et rêveur
À son arrivée en classe de 4e, Antoine fréquente l’établissement Saint-Charles Sainte-Croix, comme avant lui son père et son oncle. Il y rencontre un professeur de français, Antoine Margotta, surnommé « Boa ». Ce maître, auquel il dédiera un poème témoignant de sa nouvelle passion pour les avions, lui inspirera peut-être aussi le personnage du Boa, au début du Petit Prince.
Élève jugé indiscipliné et rêveur, il ne brille pas en orthographe ni en mathématiques, science dont il a horreur. Il s’illustre en revanche par ses récits et ses dessins. Il remporte ainsi le prix de la narration française en 3e, pour l’une de ses rédactions.
Le clin d’œil à l’aviateur
Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, la mère de l’écrivain est nommée infirmière-chef de l’hôpital militaire d’Ambérieu-en-Bugey, en Auvergne-Rhône-Alpes. Toute la famille quitte alors Le Mans. Mais l’auteur-aviateur n’aura jamais oublié ses années mancelles.
La ville du Mans n’oubliera pas non plus le passage du légendaire écrivain, rebaptisant l’entrée du collège Saint-Charles Sainte-Croix, rue Saint-Exupéry.

Chaque année depuis 2020, lors de la Nuit des Chimères, un hommage lumineux est également rendu à Antoine de Saint-Exupéry sur les murailles gallo-romaines du Vieux-Mans. Ce clin d’œil artistique offre un spectacle numérique où le Petit Prince, personnage universel, dialogue avec les pierres et les ombres du Vieux-Mans.
Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry a été écrit et publié en 1943 à New York. L’écrivain, démobilisé pendant la guerre, avait débarqué aux États-Unis en 1940. Le manuscrit, constitué de 141 feuillets, est rédigé à l’encre et au crayon sur « onionskin paper » (pelure d’oignon), papier souvent utilisé par l’auteur-aviateur. Il est complété d’un ensemble de 35 feuillets de dessins préparatoires de l’auteur.
Pour en savoir plus
Découvrez le livre L’enfance d’Antoine de Saint-Exupéry de Thierry Dehayes (éd. Atlande), qui retrace en détail les années passées par l’auteur du Petit Prince au Mans et l’influence de cette période sur son œuvre.