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sur le tatouage... |
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Mikka et sa femme Amandine exercent au sein de Rosered Tattoo, à Montoir-de-Bretagne. © Le Maine Libre
La Tattoo convention se déroule ces 7 et 8 mars 2026 au centre des expositions du Mans. Mikka, tatoueur en Loire-Atlantique, a répondu aux questions du Maine Libre.
« Le Maine Libre » : À quel âge peut-on se faire tatouer ?
Mikka, tatoueur en Loire-Atlantique : « L’âge légal, c’est 18 ans, mais certains tatoueurs acceptent des clients plus jeunes s’ils ont une autorisation parentale. Je travaille avec ma femme Amandine et nous refusons systématiquement les mineurs. Nous avons tous les deux fait l’erreur de nous faire tatouer jeunes, sur un coup de tête, et on le regrette. À 16 ans, on a des envies qu’on n’aura plus à 40 ans… comme un Pikachu par exemple. »
Justement, comment faire quand on regrette un tatouage ?
« Il y a deux solutions : l’effacement par laser effectué par des médecins, ou le cover qui consiste à réaliser un tatouage sur celui que l’on souhaite cacher. À Montoir-de-Bretagne où nous exerçons, la cover représente un bon tiers de notre activité. »
Comment choisir son tatoueur ?
« On a souvent un coup de cœur pour un tatoueur, mails il faut aussi regarder son book, la qualité de ses traits, les retours des clients. Le tatouage est un art, cela reste donc très subjectif. »
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Y a-t-il des dessins interdits ?
«Vous trouverez toujours un tatoueur pour faire le dessin que vous souhaitez. Mais éthiquement, il y en a que je me refuse catégoriquement de faire, comme une croix gammée par exemple.»
Vous est-il arrivé de déconseiller à un client certains dessins ?
« Cela m’arrive oui notamment chez les plus jeunes qui souhaitent se faire tatouer le prénom de leur copine ou de leur copain. Je leur dis qu’on ne sait pas de quoi la vie est faite, et que si leur couple ne dure pas, ils pourraient le regretter. Après, je les laisse décider. J’ai parfois des demandes assez salaces. Dernièrement, un client m’a demandé de lui dessiner une pêche qui avale une aubergine. J’ai dit ok car cela collait bien à sa personnalité. »
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Quelles parties du corps peut-on se faire tatouer ?
« Toutes. Du crâne jusqu’à la paume des pieds. Certains tatoueurs n’ont pas de limites et son très à l’aise, quelle que soit la zone à tatouer. Il m’arrive de refuser d’en faire à certains endroits. On m’a déjà demandé un tatouage autour de l’anus. C’est une zone où la peau bouge beaucoup et très franchement, cela m’aurait mis mal à l’aise. De la même manière, si une femme veut un tatouage sur son sein, je l’adresse à ma femme. Et si un homme souhaite un dessin sur son pubis, c’est moi qui le fais. »

Toutes les parties du corps peuvent se faire tatouer. Le crâne fait partie des zones les plus sensibles à la douleur. Le Maine Libre
Comment être sûr qu’un tatoueur soit irréprochable niveau hygiène ?
« Pour être tatoueur, la seule obligation est de passer une formation d’hygiène. Et quand on vient dans un salon comme celui-ci, on doit présenter notre diplôme. Le respect de l’hygiène dépend du tatoueur mais en France, on est tous hyper vigilants. Nos produits viennent d’Europe, nos encres sont tracées, pour utiliser certains produits de nettoyage une autre formation est nécessaire… Si on veut durer dans le métier, on doit être très à cheval sur l’hygiène. »
Tout le monde peut se faire tatouer ?
« Nous n’avons pas le droit de demander à un client son état de santé. Mais si on voit qu’il a des maladies de peau type eczéma ou psoriasis, on lui dit d’aller voir son médecin pour être sûr qu’il n’y ait pas de contre-indications. Idem quand un client nous dit qu’il est sujet à des cancers de la peau ou qu’il prend un fluidifiant pour le sang car dans ce dernier cas, il peut saigner beaucoup. On préfère être prudents. »
Avez-vous un profil type de clients ?
« Nous avons des clients de tous les âges, à partir de 18 ans, hommes comme femmes. Notre plus vieille cliente a 74 ans. Elle est adorable, elle a fait son premier tatouage à 71 ans et est devenue accro. C’est une passionnée, elle a ses bras remplis de fleurs. On a aussi reçu une famille : les parents et leurs trois filles avec une demande similaire : ils voulaient le même petit bouquet de fleurs mais avec, pour chacun, une fleur supplémentaire différente des autres membres de la famille. »
Pratique. La Tattoo convention se poursuit ce dimanche 9 mars 2026 de 10 h à 19 heures, centre des expositions du Mans. Tarif journée : 10€/5€.