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Sécurisation de la rade de Brest : vers une flottille acceuillant des drones pour le contre-minage... |
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Le marché de la guerre des mines est en plein essor. Estimé à 600 millions d’euros en 2025, il devrait atteindre 850 millions d’euros d’ici à 2030, selon l’entreprise Thales. © Thales
Le vieillissement de la flotte de chasseurs de mines tripartite et les délais pour leur remplacement par le programme SLAMF (Système de Lutte Anti-Mines Futur) et les futurs BDGM (bâtiments de guerre des mines), crée un « trou capacitaire » qui pourrait fragiliser les mouvements des sous-marins nucléaires lanceurs d’engin dans la rade.
La marine nationale a besoin de blanchir
 (sécuriser) la zone du goulet de Brest pour pouvoir y faire évoluer en toute sécurité ses sous-marins lanceurs de missiles nucléaires (SNLE) abrités dans la base de l’île Longue.
Pour ce type de mission, elle dispose d’une flotte de six chasseurs de mines tripartites (CMT). Mais le vieillissement des CMT oblige à en désarmer certains. C’est le cas, selon Mer et Marine, du chasseur de mines Andromède qui quittera bien le service actif cette année ; ce CMT est opérationnel depuis 1984.
D’où un projet pour le remplacement des CMT de la classe Eridan (six déployés à Brest et deux à Toulon) par des nouveaux bâtiments de guerre des mines (BDGM). Mais cette commande a déjà été reportée à plusieurs reprises pour des questions budgétaires. Résultat : les futurs bâtiments porte-drones appelés à succéder aux CMT n’entreront pas en service avant le début des années 2032.
Intérim externalisé
Il a donc été décidé l’acquisition d’une capacité intérimaire pour assurer les missions de sécurisation de la rade brestoise et des approches de l’île Longue. Selon le journaliste Jean-Dominique Merchet, Naval Group vient de remporter un appel d’offres très discret du ministère des Armées, afin de fournir des moyens de déminage dans le goulet de Brest
, par où transitent les SNLE de la Force océanique stratégique (FOST).
Ni la Direction générale de l’armement (DGA) ni l’équipementier Naval Group n’ont souhaité commenter cette annonce d’attribution de marché. Le cabinet de la ministre des Armées n’a pas, non plus, souhaité confirmer l’attribution d’un tel marché à Naval Group, possiblement associé à Thales qui fournirait les systèmes de contre-minage et de détection de menaces marines. Toutefois une telle capacité intérimaire est bien prévue dans la loi de finances 2026, elle s’appuiera sur des navires aux standards civils de type
supply ship. Ils seront opérationnels d’ici 2030
 », précise-t-on à l’hôtel de Brienne.
Ces supply (des navires ravitailleurs à grande capacité de stockage en pontée), dont la construction serait confiée à Naval Group, serviront de Offshore Support Vessels (OSV) et pourront embarquer les drones aériens, les drones de surface et les drones sous-marins que Thales propose pour de telles missions.
D’ailleurs, Thales a lancé, le jeudi 26 mars, un centre d’opérations portable imaginé depuis Brest (Finistère) nommé Expeditionary PathMaster . C’est un système développé à la suite des cinq ans d’expérience d’un programme de guerre des mines mené entre les marines française et britannique.
L’idée ? Permettre à chaque marine de se doter d’un instrument de lutte contre les mines selon ses ambitions et le renouvellement qu’elle souhaite apporter
, a expliqué à Ouest-France, Benoit Drier de la Forte, conseiller opérationnel dans la lutte contre les mines à Thales. En clair : améliorer le travail à bord des chasseurs de mines, mais également permettre aux marines qui n’en ont pas les moyens de se doter d’un drone chasseur de mine, plutôt que d’un navire entier. Sur certaines configurations, comme du déminage portuaire, la solution peut être déployée à terre, ou sur des bâtiments [bateaux] de circonstance, s’ils peuvent déployer des drones sous-marins. Une solution que l’entreprise française veut sur mesure.