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Sécheresse. France nature environnement : « l’exceptionnel peut devenir la règle »... |
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France nature environnement s’interroge sur les pratiques agricoles. © Photo PO-Nathalie Bourreau
Face à une sécheresse qui perdure et qui s’intensifie jour après jour, France Nature environnement Pays de la Loire s’inquiète et s’interroge dans un communiqué publié le 11 août 2022. Pour son président, « on bouche les trous d’une baignoire percée avec les restrictions ».
Face à une sécheresse qui perdure et qui s’intensifie jour après jour, France Nature environnement Pays de la Loire s’inquiète et s’interroge. Exceptionnel ne peut cependant pas dire
imprévisible : depuis le début de l’année, nous avons enregistré des déficits cumulés en pluie, auxquels sont venues s’ajouter des températures élevées battant record sur record ; les scénarios du changement climatique nous avaient avertis, la tendance n’est pas à la raréfaction des sécheresses… Comment expliquer que nous nous retrouvons face au mur devant des phénomènes prévisibles ?
Agir face à la sécheresse
Depuis le début de l’année 2022, tous les mois ont été déficitaires au regard des pluviométries moyennes. Sans pluies, la recharge des nappes souterraines a été plus courte, les débits des cours d’eau ont commencé à diminuer très tôt, conduisant les préfets à prendre de premières mesures de restriction dès le mois d’avril, qui n’ont cessé de se renforcer face à la situation qui elle aussi s’aggravait
, constate FNE qui n’est pas convaincue par les mesures prises.
Limiter ou interdire certains usages permet de retarder l’échéance en diminuant certaines pressions mais les arrêtés préfectoraux connaissent des lacunes : une grande majorité des cours d’eau est déjà au seuil de la crise, certaines nappes d’eau souterraines de la région ne font pas l’objet de restriction, chaque usage économique a défendu en amont son intérêt auprès des préfets
…
On en est à espérer que les mesures de restriction soient suffisamment efficaces et respectées pour que les usages prioritaires comme l’eau potable ne subissent pas de coupure avant la fin de l’étiage, dont nul ne sait jusqu’à quand il se poursuivra… Tout en sachant malheureusement que les milieux naturels, pourtant prioritaires eux aussi, sont déjà en pleine souffrance
regrette Yves le Quellec, vice-président de FNE Pays de la Loire.
Quelle agriculture demain ?
Compter sur des restrictions d’usages une fois la crise présente ne suffit plus : on bouche les trous d’une baignoire percée avec les restrictions ; il va falloir changer pour une douche et faire des économies d’eau
déplore Jean-Christophe Gavallet, président de FNE Pays de la Loire.
Il prône un changement radical notamment dans les pratiques agricoles.Pour les usages agricoles par exemple, la question n’est plus de savoir quelle culture peut encore être arrosée à partir de tel seuil de restriction, mais que doit-on planter dans les conditions climatiques actuelles et futures sur nos territoires ? Et il faut se poser cette même question pour tous les usages, au regard de leur nécessité, de leur adaptation possible et de leurs impacts environnementaux
. Les économies d’eau ne doivent pas uniquement être imaginées en période de crise préconise FNE, c’est toute l’année et de manière systémique qu’elles nous permettront de nous adapter aux changements climatiques
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