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Sarthe. Vincent assouvit sa passion des chevaux avec le métier de maréchal-ferrant... |
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Vincent Nail est maréchal-ferrant à son compte depuis janvier 2022, à Bouessay. © Ouest-France
Vincent Nail, 24 ans, a choisi de se consacrer à l’un des plus vieux métiers du monde : il vient de s’installer comme maréchal-ferrant à Bouessay (Mayenne), juste à côté de Sablé-sur-Sarthe.
Son téléphone aura sonné plusieurs fois pendant l’heure et demie qu’il nous a accordée entre deux soins de chevaux. Vincent Nail est un jeune homme plutôt sollicité. À 24 ans, il s’est lancé à son compte en janvier dernier, en tant que maréchal-ferrant. Un métier ancestral qui s’est modernisé.
Jadis, le maréchal-ferrant recevait dans sa forge, un lieu reconnu dans les villages. Aujourd’hui, c’est lui qui se déplace dans un véhicule aménagé en atelier, avec une forge à gaz. « C’est de l’organisation. On ne s’ennuie pas », sourit Vincent. Basé à Bouessay, commune mayennaise juste à côté de Sablé-sur-Sarthe, il intervient sur trois départements : la Sarthe, le Maine-et-Loire et surtout la Mayenne, terre historique de cheval. « Il y a beaucoup de travail, rapporté au nombre de maréchaux-ferrants », relève l’entrepreneur.
« C’est physique, mais aussi mental »
Il faut dire qu’une chose n’a pas changé avec le temps : la tâche reste très exigeante physiquement. « On est toujours le dos courbé pour ferrer. C’est physique, mais aussi mental pour surmonter les douleurs. Il faut également avoir la technique et la patience pour s’y prendre avec les chevaux », souligne Vincent.
Sa potion, c’est sa passion pour ces animaux. Il est tombé dans la marmite quand il était petit, grâce à l’élevage de ses grands-parents maternels. « J’ai toujours été passionné par les chevaux. J’ai commencé à monter à 3 ans, sur un poney », se souvient celui dont le père est garagiste à Sablé et la mère directrice d’école à Auvers-le-Hamon. « Je voulais un métier dans le cheval où l’on gagne bien sa vie », poursuit-il.

Vincent Nail est passionné par les chevaux, animaux qu’il a découverts petit dans l’élevage de son grand-père. Ouest-France
Vice-champion de France d’endurance à cheval lorsqu’il était adolescent, il a songé à être jockey ou driver pour briller sur les hippodromes. « Mais en fait, je ne me voyais pas faire ça, confie-t-il, face aux aléas de ce genre de carrières en compétition. Maréchal-ferrant, c’est plus sûr. »
Les courses, il les gagne par procuration. Son travail compte pour aller chercher une place au poteau. « Pas de pied, pas de cheval », comme on dit dans le milieu. « On essaye d’amener l’animal au plus fort de sa performance. C’est stimulant et gratifiant quand on en voit certains gagner », apprécie Vincent, qui a choisi de ne s’occuper que des chevaux destinés à l’hippisme.
Des pur-sang qui valent des fortunes
Certains des pur-sang qui passent entre ses mains valent des petites fortunes. « Lundi, par exemple, je suis intervenu sur un cheval qui a un million d’euros de gains à son actif, chez Jean-Michel Bazire à Solesmes », rapporte le maréchal-ferrant. Les portes du temple du « Zidane du trot » se sont ouvertes à lui par l’intermédiaire de son ancien maître d’apprentissage, Quentin Abrivard, qui s’est aussi lancé très jeune, il y a huit ans.
Vincent, qui a passé un CAP maréchalerie en Mayenne puis s’est perfectionné avec un brevet technique des métiers (BTM) dans la Manche, continue de collaborer ponctuellement avec son ancien patron. Mais il se constitue également sa propre clientèle en misant sur le bouche-à -oreille.

À l’arrière de son camion, Vincent dispose de tout l’équipement pour travailler les fers. Ouest-France
Pour se forger une bonne réputation, il ne ménage pas sa monture. Ses journées de travail commencent dès 7 h, pour se terminer vers 19 h. « Je peux faire jusqu’à dix chevaux par jour », calcule Vincent, qui passe également beaucoup de temps sur la route entre deux écuries.
Il le concède : certains matins, c’est dur quand le réveil sonne à 5 h 30 et que le mal de dos apparu la veille se fait encore ressentir. Mais la passion du métier prend le dessus. Comme quoi, on en trouve des choses sous le sabot d’un cheval… Même un peu de bonheur.