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Sarthe. Un détenu place une lame de 30 centimètres sous la gorge d’une surveillante de prison... |
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?Trois surveillant(e)s agressé(e)s, ce jeudi 23 décembres 2021 par un jeune détenu de la maison d’arrêt des Croisettes à Coulaines près du Mans. L’un a été frappé à l’aide d’une chaussette remplie de morceaux de verres. Une autre a eu sous son cou une lame de 30 cm. © Ouest-France
Trois surveillant(e)s ont été agressé(e)s, ce jeudi 23 décembres 2021 par un détenu de la maison d’arrêt des Croisettes à Coulaines près du Mans (Sarthe). L’un deux a reçu des coups donnés avec une chaussette remplie de morceaux de verres. Une autre a eu sous le cou une lame de 30 cm.
Les surveillants de la maison d’arrêt des Croisettes de Coulaines, en agglomération nord du Mans (Sarthe), ont vécu un moment pour le moins tendu, ce jeudi 23 décembre 2021.
Vers 15 h, l’un d’eux se fait agresser par un jeune détenu d’une manière violente : il a reçu des coups avec une chaussette remplie de morceaux de verre.
Prise d’étranglement
Aussitôt, une alarme se déclenche dans les coursives de la maison d’arrêt. « Une surveillante gradée, intervient pour demander au détenu d’arrêter. Celle-ci se retrouve alors victime d’une prise d’étranglement avec, sous le cou, une arme blanche », explique Vincent Demeet, représentant syndical Snepap-FSU-SPS des surveillants de prison.
Une lame de 30 cm
L’arme blanche en question est fabriquée de manière artisanale. Le tranchant est celui d’une lamelle de crémaillère de fenêtre mesurant la bagatelle de 30 cm. La surveillante a été d’autant plus choquée qu’elle aurait entendu, toujours selon le représentant syndical, que « C’est une prise d’otage. La collègue a eu la vie sauve car par réflexe, elle a réussi à se débattre ».
Dans l’action, qui ne durera qu’une poignée de secondes, le premier surveillant reçoit de nouveaux des coups. Ainsi qu’un troisième agent qui intervient dans la foulée. Tout revient ensuite dans l’ordre avec la venue des autres surveillants.
Le détenu en question a été placé depuis au quartier disciplinaire. En attendant une éventuelle suite judiciaire. Il s’agit d’un jeune détenu, au casier plutôt conséquent, qui est condamné dans une affaire et prévenu dans une autre consécutive.
L’origine de l’agression ? « Il avait demandé à être reçu et voulait ne plus être seul. Mais si l’était c’était parce qu’il y avait eu un passif avec un codétenu », précise Vincent Demeet.
« La prison est devenue une passoire »
Quoi qu’il en soit, l’intersyndicale des surveillants de prison ne souhaite pas en rester là . « Pour le moment, on est toujours dans le soutien avec nos collègues blessés mais on sera dans les discussions à la rentrée, prévient le Snepap-FSU-SPS. Le nombre d’arme artisanale est exponentiel. C’est devenu un grand n’importe quoi. La prison est devenue une passoire. »
Pour protester, les surveillants ont décidé de retarder de 15 minutes, dans la matinée de ce vendredi 24 décembre. Puis l’intersyndicale va demander à être reçue, dès la première semaine de janvier, par le préfet de la Sarthe en personne. « Et non par son directeur de cabinet, comme précédemment », insistent les représentants syndicaux.