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Sarthe. L’appel à l’aide pour les plasticiens... |
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Rémy Le Guillerm. © Ouest-France
L’artiste Rémy Le Guillerm publie une tribune engagée pour une aide immédiate aux plasticiens, victimes collatérales de la pandémie.
 Non ! Les artistes ne vivent pas que
d’amour et d’eau fraîche
, mais essentiellement d’amour de l’art et de travail.Â
 Rémy Le Guillerm vient de publier une longue tribune de deux pages. Plasticien sarthois dont le travail est reconnu en France, il lance un appel à l’aide aux plus précaires des plasticiens.
Commissaire d’exposition, Rémy Le Guillerm est avant tout un artiste, connu et reconnu par ses pairs. Tour à tour sculpteur, dessinateur, photographe, plasticien et enseignant, il est un véritable touche-à -tout dans le domaine de l’art.
S’il habite depuis cinquante ans à Pruillé-le-Chétif, l’artiste se sent Manceau.  Le Mans, c’est ma ville, je l’aimeÂ
, dit-il en soutenant le regard. Et des projets pour Le Mans, il en a à revendre.  J’ai quelques regrets sur la politique culturelle de la Ville. Elle manque de puissance. J’aimerais bousculer les choses et participer à la dynamisation de ma ville. C’est difficile.Â
Un message aux candidats ?  Il est déjà passé. Des choses existent au Mans, heureusement, mais on peut encore plus.Â
Coup de gueule
Ce qu’il encourage ?  Un stage aux élus, pour qu’ils comprennent que la création est une force et qu’elle peut changer l’attractivité d’une ville. On le voit avec Nantes, par exemple. Ou encore le village breton La Gacillly de 4 000 habitants. Sa politique artistique attire près de 340 000 visiteurs chaque année. Cela joue sur l’économie d’une commune.Â
À condition que tout le monde joue le jeu. Et c’est là que Rémy Le Guillerm pousse un véritable coup de gueule.
Car pour que toute la pyramide fonctionne, il faut une réelle politique volontariste de soutien aux plasticiens, notamment aux plus précaires, les plus nombreux.  Les peintres, sculpteurs, photographes, dessinateurs… n’ont jamais eu de régime d’intermittents ou autres ; quant à la retraite, une misère ! S’ils n’ont aucune rentrée financière, s’ils ne vendent ni n’exposent, c’est l’angoisse.Â
Sa solution ? Que toutes les institutions qui organisent des expositions rémunèrent et/ou achètent une œuvre de l’artiste.  Le Mans joue le jeu »,
tient-il à souligner.  Les artistes plasticiens sont délaissés, c’est un fait (Covid ou pas), mais ils se prennent en charge, ne se victimisent ni ne se plaignent »,
alors même que 95 % d’entre eux ne dépendent pas du marché de l’art spéculatif, souligne-t-il.
Rémy Le Guillerm, en connaisseur et pratiquant, insiste sur la richesse artistique et sa plus-value.  Si on les laisse s’exprimer, les plasticiens peuvent participer, développer socialement, politiquement et économiquement l’attirance d’une ville.Â
Ils sont un des piliers de la  démocratie et de l’intelligence d’un pays, d’une cité »
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Une vente aux enchères de soutien
Lucien Ruimy, de Puls’Art et à la tête du futur Fonds international d’art actuel (FIAA), défend le point de vue de Rémy Le Guillerm. La Ville fait cet effort d’achat d’œuvres d’artistes qui exposent. Elle dispose d’ailleurs d’un fonds important d’œuvres d’art, à découvrir prochainement au FIAA.
Pendant la crise, Lucien Ruimy s’est associé au commissaire-priseur Aymeric Rouillac et à Françoise Monnin, du magazine Artension. Une vente aux enchères, avec 500 artistes présentés sur le site, a été organisée pendant le confinement. Certaines ventes ont enrichi un fonds d’aide aux artistes. Certains plasticiens ont pu vendre en direct leurs œuvres.
Au total, 212 000 € ont été récoltés, dont 86 000 € répartis sous forme de bourses d’aides à 86 artistes.
Lucien Ruimy déplore encore l’inévitable annulation de Puls’Art : L’année dernière, la manifestation a enregistré près de 95 000 ventes. Il existe un public et pour les artistes l’annulation de ces salons est un véritable manque à gagner.