|
Sarthe. Jeune retraité, un agriculteur vient en aide aux femmes congolaises victimes de la guerre... |
3
Rouperroux-le-Coquet, mercredi 1er décembre 2021. Avec eux autres membres de l’AFDI Pays de la Loire, Jean-Loïc Landrein s’envolera bientôt pour la République démocratique du Congo. © Le Maine Libre – Denis LAMBERT
Habitant Rouperroux-le-Coquet, Jean-Loïc Landrein, président de l’AFDI 72 (Agriculteurs français développement international) s’envolera bientôt vers la République démocratique du Congo. Une mission humanitaire pour aider les femmes victimes de la guerre à cultiver la terre et à pouvoir se nourrir elles et leurs enfants.
L’association a fêté ses 40 années d’existence. L’AFDI Pays de la Loire (Agriculteurs français développement international), a été créée par les principales organisations syndicales (chambres, syndicalisme, mutualités ou coopération). Parmi ses ambitions celle-ci : tendre la main à l’agriculture de certains pays en voie de développement, proposer un accompagnement à ces paysans d’Afrique ou d’Asie pour cultiver la terre, ou élever des bêtes.
+ Téléchargez la nouvelle appli des médias du groupe Sipa Ouest-France
Le 28 janvier prochain, Jean-Loïc Landrein s’envolera pour la République démocratique du Congo, pour aider les femmes victimes de la guerre à cultiver la terre pour s’en nourrir.
L’éleveur à la retraite de Rouperroux-le-Coquet, figure du monde agricole sarthois pour avoir été président de la FDSEA puis de la chambre d’agriculture, a rejoint d’AFDI 72 il y a trois ans. D’abord au conseil d’administration, puis en tant que président. Il a tenu la promesse qu’il avait faite de s’investir au sein de cette structure lorsqu’il en aurait le temps. Lorsqu’aurait sonné l’heure de la retraite. En cet hiver 2021, il participera donc à sa première mission, à la consonance très humanitaire.
Des femmes violées et répudiées
En République démocratique du Congo, dans la région sud du Kivu, les femmes subissent des atrocités. Le viol là-bas est utilisé comme arme de guerre. Et ces femmes, lorsqu’elles ont été violées, sont répudiées. Abandonnées à leur sort par leurs familles, leurs maris. Elles sont seules avec leurs enfants, à la merci de la famine
, décrit Jean-Loïc Landrein. Sur place, un homme leur tend la main : le docteur Mukwege, qui a effectué ses études de médecine à Angers.
Ce qu’il fait pour ces femmes victimes de la guerre et des conflits lui a valu le prix Nobel de la paix en 2018. Grâce à lui, elles sont prises en charge et réparées. C’est comme cela que l’on dit. Il y a quelques années, le sort de ces femmes a été évoqué lors d’une conférence dans la région, devant des membres de la chambre d’agriculture du Maine-et-Loire. Celle-ci a alors sollicité l’AFDI régionale. Une première mission est partie en République démocratique du Congo pour évaluer les besoins. Et nous y retournons donc en janvier.
Conseiller et fournir du matériel
Pour ce déplacement d’une dizaine de jours, Jean-Loïc Landrein partira aux côtés de Marietta Mérieau-Barteau, la présidente de l’AFDI région, et de Daniel Guérineau, ancien président du GDA (Groupement de défense agricole). De Paris, ils se rendront au Rwanda, puis dans le Kivu via une liaison aérienne. Ces femmes sont accompagnées sur place par le Centre Kitumaini. Nous sommes là en appui, pour les aider dans le domaine qui est le nôtre : l’agriculture
, poursuit Jean-Loïc Landrein.

Jean-Loïc Landrein président de l’AFDI 72 après avoir été président de la FDSEA et de la Chambre d’agriculture de la Sarthe. Le Maine Libre – Denis LAMBERT
Pour cultiver la terre, elles se débrouillent seules. Nous allons les conseiller, leur montrer à faire pousser des légumes locaux pour se nourrir, elles et leurs enfants. l’AFDI va également leur permettre d’acheter du matériel pour s’équiper et développer une agriculture qui est vivrière. Comme elles pratiquent un élevage très extensif, avec seulement deux ou trois chèvres, nous avons financé l’achat d’animaux supplémentaires.
Au total, un budget de 400 000 € a été prévu sur cinq ans pour venir en aide à ces femmes du Kivu.
« Leur permettre de manger »
Comme il le fait déjà en Tunisie et au Burkina-Faso, l’AFDI Pays de la Loire tend la main à la République démocratique du Congo. L’investissement est financier et humain. Qu’est-ce qui a motivé Jean-Loïc Landrein à s’engager pour cette cause ? Il y a un côté humaniste qui colle à mes valeurs
, répond-il. Mais vous savez ce n’est pas une prouesse
, s’empresse-t-il de nuancer. Humble. Il y a encore de lourds reliquats de guerre et de luttes entre ethnies dans cette région. Les femmes et les enfants sont au cœur de cette situation. Nous allons simplement les aider avec nos moyens, pour leur permettre de manger.
Un appel aux partenaires et aux dons
Avant de se rendre en République démocratique du Congo, Jean-Loïc Landrein lance un appel à la solidarité. Toutes ces actions demandent des moyens. Nous finançons nos projets avec les cotisations de nos membres et les dons des particuliers. Mais les besoins sont importants. Les collectivités, entreprises ou particuliers qui accepteraient de nous aider, de devenir partenaires, sont évidemment les bienvenus.

Jean-Loïc Landrein lance un appel aux dons et aux partenaires pour venir en aide aux paysannes de la République démocratique du Congo. Le Maine Libre – Denis LAMBERT
Contact : Jean-Loïc Landrein ou Jeunes agriculteurs de la Sarthe (02 43 24 76 45).
L’aide, c’est aussi en Tunisie et au Burkina Faso
En plus de la République démocratique du Congo, l’AFDI Pays de la Loire soutient également les agriculteurs du Burkina Faso (depuis 40 ans) et ceux de Tunisie (depuis 2014). Au Burkina, avec le terrorisme qui engendre des déplacements importants de populations, tout est devenu très compliqué
, regrette Jean-Loïc Landrein. L’AFDI avait concrétisé de gros projets là-bas. Mais dans ce contexte, nous n’avons plus trop de nouvelles.
En Tunisie, le travail de l’AFDI avec des agriculteurs porte ses fruits. Dans ces trois pays, où des partenariats ont été mis en place, la démarche est toujours la même : aider en accompagnant. Créer des échanges
, souligne Jean-Loïc Landrein. Il ne s’agit pas de venir pour donner un chèque et de dire débrouillez-vous.