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Sarthe. Brûlon est la troisième commune de France à lancer une « place des services » avec La Poste... |
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Anne-Sophie Saget, cheffe de projet du programme « Petites villes de demain », Daniel Coudreuse, maire de Brûlon, et Guillaume Monsallier, directeur territorial du groupe La Poste en Sarthe, devant l’actuel bureau postal de la commune, qui va être repensé. © Ouest-France
Dans le cadre de son grand projet de revitalisation du centre-ville, la municipalité de Brûlon s’est associée avec le groupe La Poste pour ouvrir une « place des services » d’ici décembre à la place de l’actuel bureau postal. La commune sarthoise est seulement la troisième en France à expérimenter ce nouveau concept. La première en milieu rural.
La municipalité de Brûlon vient de signer une convention à Paris avec le groupe La Poste pour le transformer en une agence postale fonctionnant sur un nouveau concept : la « place des services ». Ce sera la première en Sarthe. Explications.
C’est quoi la « place des services » ?
C’est une « nouvelle forme de présence postale ». Plus qu’une agence permettant d’affranchir, d’expédier et de recevoir des colis, c’est un tiers lieu tourné vers les services de proximité. Une conciergerie avec une dimension humaine incarnée par un « facteur-régisseur » et une dimension numérique avec une application dédiée et une consigne avec des casiers connectés accessibles 24 heures sur 24. Le concept n’existe pour l’heure qu’à deux endroits en France : dans un centre commercial de Châtillon (Hauts-de-Seine), et à la gare d’Haguenau (Bas-Rhin).
Pourquoi arrive-t-elle à Brûlon ?
Cette « place des services » s’inscrit dans le projet phare de l’actuelle mandature de revitaliser le centre bourg et de créer un nouveau quartier autour de l’église. La municipalité s’appuie pour cela sur le programme d’aide de l’État Petite ville de demain : elle fait partie des trente communes de moins de 20 000 habitants retenues fin 2020 en Sarthe pour en bénéficier. Cette dynamique municipale a rencontré celle de La Poste qui souhaitait transformer son bureau postal quelque peu décati de la place Gautier-Chevreuil.
Comment les habitants sont-ils impliqués ?
À Brûlon, comme aime le rappeler l’édile Daniel Coudreuse, « tout est possible, mais pas comme les autres ». La mairie a donc mis sa patte sur le concept de « place des services », qui sera la première en milieu rural, en impliquant une dizaine d’« ambassadeurs » issus de la commune pour réfléchir sur ce qu’ils pourront mettre dans la future « place des services ». Deux ateliers ont été organisés en novembre et en février derniers, avec l’appui technique de l’École de design de Nantes autour de la problématique : « Qu’est-ce qu’il manque en services de proximité et que les commerçants ne proposent pas ? »
Plusieurs pistes ont été esquissées pour se greffer autour de l’activité postale : un service de photocopies, impressions et scans ; du prêt d’objets ; la mise en place de boutiques éphémères pour les produits des artisans locaux ; une zone de télétravail ou encore la création d’un repair café. Pour compléter ce travail de consultation, un questionnaire est adressé aux habitants (à retrouver dans la rubrique actualité du site internet de la commune), aux entreprises et aux commerçants. « Le projet ne peut fonctionner que si les Brûlonnais y adhèrent », répète-t-on du côté de la mairie.
Qui finance ?
L’inauguration de cette « place des services » d’une centaine de mètres carrés est programmée le 18 décembre prochain. La transformation des locaux actuellement occupés par La Poste nécessite un investissement de 100 000 €. Plus de la moitié (60 000 €) est prise en charge par La Poste. La mairie puise dans ses fonds propres à hauteur de 20 000 € et le reste est complété avec l’aide de la Banque des territoires.
Le budget de fonctionnement est lui estimé à 44 000 € par an. Le salaire de « facteur-régisseur » constituera une part importante. En signant la convention, La Poste s’engage à financer l’équivalent d’un mi-temps chargé pendant 18 ans. Le reste sera à la charge de la commune.
Reste donc à trouver la bonne personne. « Ce sera son espace, il faut qu’elle soit bien identifiée des Brûlonnais », soulignent Daniel Coudreuse et Guillaume Monsallier, directeur territorial du groupe La Poste en Sarthe.