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Sarthe. Arrêté sécheresse : des agriculteurs montent au créneau1 |
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La FDSEA et les Jeunes agriculteurs de la Sarthe estiment que l’administration leur impose de plus en plus de restrictions sur l’utilisation de l’eau pour l’arrosage des cultures tandis que les communes « gaspillent ». © archives Le Maine Libre – Hervé PETITBON
Le projet d’arrêté pour la gestion des ressources en eau n’est pas du goût de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs de la Sarthe. Des représentants de ces syndicats veulent rencontrer des élus des communes mercredi 27 et jeudi 28 mai 2020 pour les interpeller sur la question du gaspillage de l’eau alors que les restrictions seront plus sévères pour eux.
La gestion des ressources en eau fait grincer des dents chez certains agriculteurs. Du pain ou du gazon ? Des volailles ou des jardinières ?
, interroge la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) et les Jeunes agriculteurs de la Sarthe.
Ils dénoncent le nouveau projet d’arrêté qui serait mis en vigueur en cas de sécheresse. Il est encore plus draconien
, indique Éric Loyau, président de la section irrigation au sein de la FDSEA. L
es seuils de niveaux d’alerte seront relevés dans le cadre de ce nouvel arrêté
.
Gaspillage
Alors que l’on va imposer des restrictions plus sévères aux agriculteurs, les communes ne sont pas logées à la même enseigne, selon les deux syndicats agricoles.
Des agriculteurs iront donc rencontrer les élus de certaines communes ce mercredi 27 et jeudi 28 mai 2020 pour vérifier les usages de l’eau, expliquer aux maires des communes qui gaspillent sans scrupule de l’eau pour des gazons qu’ils pourraient le faire utilement pour notre alimentation dans les parcelles agricoles « déjà assoiffées » par ce printemps plus chaud que jamais ».
Nous voulons avant tout faire prendre conscience à nos élus de nos efforts en matière de pratiques agricoles et qu’ils nous défendent,
tempère Éric Loyau. L’agriculture en France ne dépense que 2 % de l’eau disponible ! Nous ne comprenons pas ces restrictions imposées par l’administration alors qu’en plein été on voit les lignes du tramway au Mans ou encore des terrains de football verdoyants
.
Rappelons que de nombreuses communes ont, elles aussi, changé leurs pratiques pour économiser l’eau ces dernières années : paillage, plantation de variétés résistantes à la sécheresse, suppression de bacs et jardinières au profit de plantations en massifs, moins gourmands en arrosage.
« Déjà d’énormes efforts »
La FDSEA et les Jeunes agriculteurs rappellent le rôle souligné par le président de la République durant le pic de Covid-19 : Nourrir la France
. On nous a parlé de souveraineté alimentaire durant la pandémie et maintenant l’administration (entendez la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, l’Office français de biodiversité, la Direction départementale des territoires, NDLR) nous torpille. Si nous ne pouvons produire, la France importera des céréales, de la viande de pays étrangers dont l’agriculture n’est pas soumise aux mêmes restrictions que nous
, martèle Éric Loyau. Les agriculteurs ont déjà fait d’énormes efforts. On nous en réclame d’autres alors que nous n’avons pas encore les effets de nos nouvelles pratiques. Dans notre métier, l’inertie est grande. On ne peut agir du jour au lendemain !
Pour ce dernier, il faut notamment se lancer dans une politique ambitieuse de stockage de l’eau. L’hiver passé a été très pluvieux, nous aurions pu conserver une partie de cette eau en créant des bassins où nous pourrions puiser durant la période sèche. Cela éviterait de pomper l’eau des rivières et des nappes phréatiques et, durant l’hiver, de canaliser l’eau de pluie afin d’éviter les inondations ».
La FDSEA et les Jeunes agriculteurs ont réclamé une entrevue au préfet afin de défendre leurs revendications avant que l’arrêté ne soit signé.
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Aujourd'hui, tout le monde trouve choquant de voir des jets d'arrosage, à perte de vue, sur des champs de maïs, à longueur de journée ..... et de nuit !!!
Justement, compte tenu du dérèglement climatique, des crises sanitaires, la FNSEA devrait montrer de nouveaux chemins à ses adhérents car c'est son rôle ... le maïs (très consommateur d'eau) doit il occuper de telles superficies, ne peut-on pas faire le choix de cultures, de pratiques, moins exigeante en eau ...
L'immobilisme de la FNSEA et l'endoctrinement de ses adhérents nuisent à l'image de l'agriculture alors que des évolutions doivent être entreprises dans le métier ... Faire face en permanence à l'opinion des consommateurs ne fait pas avancer les choses .....