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Sarthe. Arnaques aux cartes de paiement prépayées
De nombreux Sarthois tombent dans le piège. Ils achètent des coupons de recharge de carte PCS et transmettent le code à des escrocs qui récupèrent l’argent. Les explications pour éviter cette arnaque.
Françoise (*) peut remercier sa buraliste. Elle lui a évité de se faire escroquer 750 €, jeudi 15 août.
Quelques minutes plus tôt, cette Sarthoise de 70 ans a reçu un appel masqué, puis un deuxième. Elle finit par décrocher. À l’autre bout du fil, un homme à l’accent prononcé se présente comme un policier. Il lui annonce que son compte en banque a été débité.
Paniquée, la septuagénaire suit les consignes de son interlocuteur. Il la presse d’aller chez un buraliste et d’acheter trois tickets PCS de 250 € chacun.
Une carte rechargeable
Quèsaco ? Il s’agit de coupons de recharge de carte PCS (prepaid cash services), une carte de paiement prépayée. Elle fonctionne sur le même principe qu’une carte-cadeau ou qu’une recharge téléphonique. Concrètement, le client remet 250 € à son buraliste, qui lui donne en échange un ticket de caisse. Dessus, se trouve un code qui permet de créditer de 250 €, par internet ou par SMS, une carte bancaire PCS. Celle-ci coûte quelques euros et peut être souscrite par tous, y compris par les interdits bancaires. Cette carte, qui n’est pas nominative, permet de payer et de retirer de l’argent.
Une arnaque répandue
Le 15 août, au « Disque Bleu », bureau de tabac de l’avenue Jaurès, au Mans, la gérante Isabelle Malabry voit donc arriver Françoise, le téléphone vissé à l’oreille. « Elle me demande trois coupons PCS à 250 €. Un montant énorme »
, qui met la puce à l’oreille de la buraliste, habituée des arnaques.
« La dame me dit que c’est pour son fils, mais elle vouvoie la personne au téléphone »
, s’étonne la commerçante. « Je lui dis que je vais voir si je peux accéder à sa demande. »
Françoise lui passe son téléphone, la buraliste échange quelques mots avec l’homme, avant de rendre le portable à sa propriétaire. Isabelle Malabry met en garde sa cliente : « Attention, parce qu’il y a beaucoup d’arnaques avec les cartes PCS. »
Finalement, la commerçante annonce : « Je ne peux pas sortir les coupons. »
La cliente sort paniquée et informe le pseudo-commissaire qu’elle va porter plainte au commissariat. L’escroc raccroche.
Françoise se rend compte qu’elle vient d’être victime d’une tentative d’escroquerie par un faux policier. « J’ai cru à son histoire »
, s’émeut la septuagénaire, qui souhaite mettre en garde les Sarthois. Elle a porté plainte pour tentative d’escroquerie.
(1) Le prénom a été modifié.
Des scénarios différents, un procédé identique
Sébastien Malabry, buraliste au Mans, a déjà évité à plusieurs clients de se faire avoir. « Ce qui me met en alerte, c’est quand les gens sont indécis. Ils ne connaissent pas le système »
, détaille-t-il. « Dès qu’ils disent que c’est pour acheter sur Le Bon Coin, je les mets en garde. Par exemple, un monsieur qui cherchait une voiture m’a dit que le vendeur voulait des recharges de carte PCS. Il fallait donner les codes tout de suite [avant d’avoir la voiture entre les mains] »
Quand ce n’est pas des coupons PCS, il s’agit d’autres paiements du même type : Transcash, Cashlib, PaySafeCard…
Le commerçant a dressé la liste des arnaques auxquelles il est confronté : « L’ordinateur se bloque et il faut des recharges PCS pour le débloquer. Une jeune fille veut vendre quelque chose ; l’acheteur propose une offre supérieure en contrepartie de l’achat de coupons PCS. Même les buralistes peuvent se faire arnaquer par des gens qui se font passer pour des agents de maintenance de la caisse. Il ne faut jamais communiquer ses codes. »
Fausses offres d’emploi, fraude à l’amour…
Parfois, l’escroc ferre sa proie pendant plusieurs semaines en flirtant sur une appli de rencontres. Jusqu’au jour où il demande de l’argent pour rejoindre son prétendu coup de foudre. D’autres fois, il se fait passer pour le banquier qui alerte sur un piratage du compte en banque. Plus classique : l’arnaqueur pirate l’adresse mail d’un de vos proches et envoie un message de détresse, demandant de l’argent.
Autre scénario, détaillé par l’adjudante-cheffe Janique Tenin, de la cellule de renseignement criminel de la brigade d’appui judiciaire de la gendarmerie, l’arnaque aux fausses offres d’emploi : « Le prétendu employeur dit : « je vous envoie un chèque de 5 600 €. Vous gardez 1 600 € pour vous [la première paye, en avance] et vous payez les 4 000 € à mon fournisseur en coupons PCS ; je ne peux pas le faire, je suis à l’étranger ». »
Les 5 600 € arrivent sur le compte de la victime, tellement contente d’avoir un emploi qu’elle vire les 1 600 € sans se poser de question. Problème : le chèque est en bois ; le versement des 5600 € est donc annulé. Au passage, la victime a perdu 1 600 €.
Plaintes classées sans suite
Dans tous les cas, l’escroc disparaît dans la nature une fois les codes du coupon PCS récupérés. Impossible de le recontacter et donc de retrouver son argent.
« J’en lis tous les jours, de ce type d’escroqueries »
, s’exclame le commandant Stéphane Beaudry, de la police du Mans. Quant à la gendarmerie sarthoise, elle a relevé 61 plaintes depuis le début de l’année pour des arnaques aux cartes PCS. « Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg »
, souligne le lieutenant-colonel Eric Cabioch, « car tout le monde ne porte pas plainte, au regard du montant du préjudice »
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L’immense majorité des plaintes est classée sans suite, le numéro de téléphone ou l’adresse IP (qui identifie un ordinateur connecté à internet) renvoyant vers l’Afrique, la Russie ou encore Israël.
Les conseils pour ne pas se faire avoir
Une mise en garde figure en lettres capitales sur chaque ticket PCS : « Attention fraude. Des escrocs se font passer pour vos proches, amis réels ou virtuels et vous demandent le code PCS ci-après. Ne le donnez jamais ! »
Pourtant, « tout le monde se fait arnaquer, personne n’est à l’abri »
, observe le commandant Stéphane Beaudry. « Hommes, femmes, jeunes, vieux, toutes les couches sociales »
, insiste l’adjudante-cheffe Janique Tenin.
« Faire preuve de vigilance »
Les scénarios apparaissent parfois difficiles à croire, mais « les escrocs connaissent la psychologie des gens et arrivent à les manipuler »
, note le lieutenant-colonel Eric Cabioch.
Les victimes peuvent être impressionnées par l’autorité du soi-disant policier, alléchées par une affaire en or, séduites par un amoureux virtuel, stressées par le prétendu piratage de leur compte en banque ou de leur ordinateur.
Face à l’impuissance à enrayer ces escroqueries, « la principale protection est de faire preuve de vigilance »
, rappelle le lieutenant-colonel Eric Cabioch.
Les conseils à retenir : en cas de mail reçu par un proche, appelez-le pour vérifier que sa messagerie n’a pas été piratée. Si on vous demande de l’argent alors que c’est vous qui vendez, fuyez ! Si vous achetez quelque chose, ne versez pas l’argent tant que vous n’avez pas le produit entre les mains. Ne cédez pas à la panique si votre interlocuteur se montre pressant, alarmant, voire menaçant ou s’il use du chantage.
Les escrocs usurpent des identités
« Les cartes PCS ne sont pas anonymes ; il faut une pièce d’identité pour les activer »
, explique Jean-Michel Douan. Il est directeur commercial et marketing de CreaCard, la société qui édite les cartes et les coupons PCS.
Selon lui, les escrocs usurpent une identité pour activer leur carte : « Par exemple, en postant une fausse annonce de logement du Le Bon Coin, puis en demandant aux personnes intéressées d’envoyer un dossier avec la photocopie de leur carte d’identité. »
Résultat : au moment où PCS active un compte, la carte d’identité utilisée n’apparaît pas comme volée puisque la personne ignore que ses données ont été récupérées.
Réquisitions judiciaires
« Quand la police fait des réquisitions judiciaires, on communique les informations de la carte : où elle a été achetée et utilisée, pour quels montants, quelles opérations, etc. »
, ajoute Jean-Michel Douan, soulignant que « 1 à 2 % de nos clients dévoient l’utilisation de la carte, faite pour les interdits bancaires. »
Il mise sur la prévention « sur notre site et nos réseaux sociaux »
et sur « une quarantaine de personnes qui travaillent sur la lutte contre la fraude chez Créacard et Prepaid Financial Services, qui émet la carte »
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j'ai été récement victime d'une arnaque de 1200euros sur coco.fr mais grace au conseil d'un ami j'ai finalement pu me faire remboursser. je viens partager mon espérience avec vous en espérant que vous aurez aussi gain de cause.l'adresse mail du service transcash grace au quel j'ai pu me faire remboursser est servisclientstrascash @mail2one .com