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Sarthe. Après un burn-out, Solange mène une nouvelle vie auprès des poneys de la race Connemara... |
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Solange Lebranchu avec son protégé, Qladdaghduff. © Le Maine Libre
C’était son métier de cœur. Après un burn-out, l’ancienne maîtresse sait aujourd’hui qu’elle ne retournera pas en classe. Solange Lebranchu tourne la page et se lance dans l’élevage.
Aux écuries de l’Arche du Tertre, à Courgenard, il y a toujours de la vie. Michel et Solange Lebranchu sont bien entourés. Entre leurs enfants et les enfants des écoles qu’ils accueillent dans leur mini-ferme pédagogique, entre les cavaliers aussi et tous les animaux. Pas seulement des chevaux mais ce sont les plus nombreux bien évidemment…
+ Covid, télétravail… Les burn-out explosent à la veille d’un retour progressif au bureau
Premier concours
Parmi les derniers arrivés, un poney de la race Connemara, hors taille, on dirait un cheval. Lequel participe ces 26 et 27 juin 2021, au Grand week-end Connemara à Laval en Mayenne, organisé par l’association Connemara des Pays de la Loire. Un rendez-vous régional avant le Grand national fin août à Lamotte-Beuvron (Loir-et-Cher) de l’association française du poney Connemara (AFPC). Qladdaghduff de son nom (en référence à Claddaghduff, village dans le comté de Galway, en Irlande) sera monté pour la première fois par Solange pour qui c’est aussi une toute première.
Avec une poulinière, Prouesse du Grand-Mont, depuis mars à Courgenard, ils sont inscrits sur trois épreuves : Ridden Class (classes montées) plus de 8 ans et demi, puis championnats senior femelles (non suitées) et mâles (étalon 4 ans et plus) reprise de dressage… devant un juge irlandais !
, se réjouit-elle avec un peu d’appréhension, à l’évidence. C’est bien normal.
« On allait voir un cheval blanc »
Alors à l’approche du week-end, Solange continue de s’entraîner sous les conseils de son mari, éleveur depuis toujours ou presque, au parcours insolite (à lire dans une prochaine édition). Je suis en confiance, c’est lui qui m’a remis le pied à l’étrier. Je suis tombée de cheval quand j’étais petite et je ne m’en étais jamais remise. Pourtant depuis que j’ai rencontré Michel je vis entourée de chevaux, mais je les voyais toujours de loin… Jusque-lÃ
.
En effet, lorsque la famille s’en va en Normandie pour le cadeau de Noël d’Alice, la petite dernière, la maman a un coup de cœur pour Qladd. Je pensais que c’était Naxos. On allait voir un cheval blanc
. Le temps passe, les Lebranchu repartent avec les deux.
« Un petit bijou dans les mains »
C’est la première fois que j’achète un équidé à mon nom et j’ai l’impression d’avoir un bijou dans les mains. C’est une descendance de champions suprêmes de la race, je l’ai appris ensuite en faisant des recherches
. Qladd, 17 ans, est sûrement un phénomène, comme son père et son grand-père, et fait de bons produits. 20 naissances dont on parle aussi.
Il y a des indices qui ne trompent pas, fils et filles de Qladd sont également doués
. On apprend ainsi que Duff est l’un des premiers élevages de Connemara en France. Je ne le savais pas non plus
. Autant dire que depuis, bien des projets tournent autour de Qladd, chouchouté. C’est un entier et c’est un gentil. Impressionnant mais rassurant
, selon Michel. Le Connemara a énormément de qualités comme le New-Forest. En Allemagne plus particulièrement, on aime le grand format. Et Qladd en est un parfait exemple
.
« J’étais dans la dévotion »
De quoi donner des idées à ce couple qui veut valoriser la race. Être étalonnier ce n’est pas simple et ce n’est pas gratuit. On ne fait pas ce qu’on veut, tout doit être déclaré aux haras IFCE (Institut français du cheval et de l’équitation)
. Reste à trouver des clients et des juments pour les saillies, au printemps prochain à l’Arche du Tertre. Une reconversion professionnelle pour la nouvelle éleveuse : Mon métier d’enseignante m’a beaucoup apporté et m’a toujours angoissée. Plus j’en faisais plus j’avais un nœud au ventre. J’étais dans la dévotion, je n’ai jamais puni un élève, je me donnais à 600 %. C’était trop
.
Une nouvelle éleveuse
C’était ma vocation. J’ai fait un burn-out en 2013 et un séjour en psychiatrie, je n’y suis pas restée longtemps mais j’en suis sortie différente. J’avais rencontré Michel avant grâce aux poneys, lors d’une kermesse, en région parisienne. Le coup de foudre. Peu de temps après, on signait le compromis de vente de notre maison en Sarthe où une nouvelle activité est en train de voir le jour pour moi. Une vraie renaissance. Aujourd’hui les chevaux font partie intégrante de ma vie, la suite logique de mon histoire
.
Zoom sur la race
Le Connemara est une race de poneys, originaire de la côte ouest éponyme de l’Irlande. Ses origines sont obscures. Il a connu de nombreux croisements au cours des siècles avant la création de la Connemara Breeder’s Society en 1923 qui fixe les caractéristiques de la race et établit le premier stud-book édité en 1926. C’est un poney compact mais athlétique qui présente le plus souvent une robe grise. Poney de sport, il est polyvalent. Il se prête tant au dressage qu’au saut d’obstacles, où il se distingue particulièrement. Sa popularité s’est étendue à travers le monde. La France et l’Irlande possèdent le cheptel le plus important.