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Sarthe. Accusée de violence envers son mari, elle est relaxée... |
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Le tribunal du Mans a prononcé la relaxe. © Archives Ouest-France
Poursuivie pour violences envers son époux, à Fresnay-sur-Sarthe, de janvier 2022 à juin 2023, une femme de 68 ans a été relaxée par le tribunal correctionnel du Mans (Sarthe), ce mercredi 27 novembre 2024.
Pendant un an et demi, le mari s’est confié régulièrement à son voisinage et à des amis, racontant « l’enfer » qu’il a vécu au quotidien, entre janvier 2022 et juin 2023, à Fresnay-sur-Sarthe. Privé de nourriture par son épouse, il s’amaigrit. Celle-ci lui confisque sa carte bancaire, l’oblige à aller faire ses besoins avec un seau dans le jardin et à dormir dans un fauteuil. Des voisins rapportent des cris de dispute et des insultes. Il aurait confié sa détresse en évoquant une corde, avec laquelle il envisage de mettre fin à ses jours.
« Le frigo n’est pas fermé à clef ! »
De petite taille, maigrelette, la femme de 68 ans a déjà été condamnée à deux mois de prison avec sursis en 2016, pour violences sur un autre conjoint. À la barre du tribunal correctionnel du Mans (Sarthe), ce mercredi 27 novembre 2024, elle reconnaît avoir traité son mari de « moins que rien, de fainéant ». Mais conteste tous les autres faits reprochés. Elle dit ne pas savoir pourquoi il ment. Et précise : « Le frigo n’est pas fermé à clé ! »
La sexagénaire soutient qu’il a accès aux toilettes de la maison, qu’il dort dans une chambre qu’elle n’occupe plus. Et ajoute : « C’est lui qui m’a menacée à plusieurs reprises, il boit beaucoup. Il a même une carabine non déclarée ».
Manque d’éléments « objectifs »
Avocate de la prévenue, Me Anne-Lise Cloarec souligne que tous les témoignages « reposent sur des déclarations et non sur des faits constatés ». Elle soulève des contradictions, plaide que le plaignant a un lit mais préfère le fauteuil, qu’il ne sait pas se servir d’une carte bancaire, ni faire la cuisine. Quant à la précédente condamnation de sa cliente, elle la resitue dans son contexte, rappelant que l’ancien compagnon a été condamné pour tentative d’assassinat.
Estimant qu’il manque d’éléments objectifs, le tribunal correctionnel du Mans a prononcé la relaxe.