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Saint-Léonard-des-Bois. Le peintre René Saint-Léonard met à l’honneur son village d’origine... |
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Dans son atelier, René, après un premier croquis au crayon, commence à poser les capsules de couleur de son nouveau tableau : un village de Provence, le pays des peintres. © Ouest-France
A 75 ans, René Tessier, originaire de la commune Saint-Léonard-des-Bois des Alpes Mancelles (Sarthe) se voue à sa passion : la peinture. En mémoire de son village d’enfance, il a repris son nom et se fait désormais appeler René Saint-Léonard.
Son vrai nom est René Tessier. Son père était charron forgeron sur la place du village de Saint-Léonard-des-Bois, dans le nord de la Sarthe. De la forge, il a fait son atelier de peinture. À 75 ans, il expose dans la grange du Gasseau 61 œuvres parmi les 700 de sa collection. Toute une vie. Modeste mais de grande culture, il a choisi d’honorer sa commune de naissance en reprenant son nom : René Saint-Léonard. « J’ai pris ce nom d’artiste en mémoire des peintres de la Renaissance Italienne, qui se faisaient appeler par un nom de lieu », raconte le peintre.
Une carrière dont il rêvait, déjà très jeune. « C’est à 7 ans, en découvrant une reproduction du célèbre tableau de l’homme à l’oreille coupée (une image dans un paquet de biscottes) que j’ai dit à ma mère, au désespoir de mon père, qui me voulait un vrai métier : « Je serai peintre, comme Van Gogh. » Est-ce par fidélité filiale que René ne fut pas peintre professionnel ? S’il a travaillé au Centre psychiatrique d’Alençon (Orne), il a peint toute sa vie, dans la quiétude rassurante de son atelier. Désormais, il y consacre tout son temps. Après avoir côtoyé dans son métier l’irrationnel et la folie, il veut désormais, dans sa retraite, appréhender ce qui est pour lui l’essentiel.
De nombreuses sources d’inspiration
Un style unique et personnel. Ni surréaliste, ni naïve, mais une peinture faite d’une multitude de petits points colorés, sortes de globules, un peu comme des cellules épithéliales à travers le verre d’un microscope.

« Le chat de Monsieur Vermeer ». En noir, René regarde Vermeer qui peint son chat. Une mise en abyme, un clin d’œil au visiteur, comme il aime faire quelquefois. Et toujours Saint-Léonard, reconnaissable à son clocher qui dépasse des arbres. Ouest-France
Ses maîtres : les Italiens du quattrocento, Van Gogh, encore lui, Vermeer, peut-être aussi le Douanier Rousseau, duquel il se sent proche. Ses sujets : les paysages du midi, l’amour, la sensualité, le soleil et la lune, des villes d’Europe traversées, Prague, Stockholm, Riga… Mais surtout, Saint-Léonard, son village dans les Alpes Mancelles, reconnaissable avec la flèche de son église, au qu’il peint et repeint sans cesse avec l’obstination des classiques sur leur sujet et la délectation de l’enfant, toujours renouvelée. « Si je n’avais pas conservé mon âme d’enfant, j’aurais probablement cessé de peindre, reconnaît René. D’ailleurs les enfants sont mes admirateurs spontanés. »
Ainsi, René Tessier a fait connaître un peu Saint-Léonard, dans le monde, il a notamment exposé à New York.
Mais aujourd’hui, le temps qui passe ne le rend plus aussi serein. « À 75 ans, j’imagine que cette expo pourrait être la dernière. Mais je continuerai à peindre, toujours. Le Paradis, peut-être », conclut-il en souriant.
La grange du Gasseau, à Saint-Léonard-des-Bois. Tous les jours de 14 h à 18 h. Entrée libre.