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Saint-Gervais-en-Belin. « Marcel, mon papa, soldat et prisonnier »... |
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Gilles Fouqueray, le fils de Marcel et auteur du livre « Marcel, mon papa, soldat et prisonnier » © Ouest-France
Gilles Fouqueray a écrit un livre sur son père qui a vécu la Seconde Guerre mondiale.
Trois questions à …
Gilles Fouqueray,
auteur du livre Marcel, mon papa, soldat et prisonnier.
Quand avez-vous décidé d’écrire ce livre ?
En février 2020. Pendant cette période hivernale où les travaux du jardin sont à l’arrêt, j’ai trouvé que le moment était venu d’ouvrir ce dossier rouge qu’un de mes frères m’avait confié. Je connais le contenu, mais ce dossier était resté sur l’étagère du bureau depuis plus de six mois, je n’avais pas osé y toucher. J’ai décidé de me plonger dans ces archives qu’il faut d’abord classer, 40 courriers de papa à maman ou de maman à papa, 111 documents divers allant d’un registre matricule à la garde des anciens prisonniers de guerre, sans oublier un petit carnet écrit par papa, et enfin 49 photographies toutes plus mystérieuses les unes que les autres.
Quand commence cette histoire ?
En 1936, Marcel a 20 ans et vient d’être déclaré apte au service militaire. Il est incorporé dans l’infanterie en octobre 1937. Début septembre 1939, il quitte Cherbourg pour monter au front, à la déclaration de guerre. Un périple aventureux commence alors. Combats sur la Meuse en mai 1940, prisonnier à Boussois puis transfert vers le stalag à Neubrandenbourg, à 150 km au nord de Berlin. Marcel se déplacera à pied autour du camp, pour travailler dans les fermes, jusqu’au 1er mai 1945. Il lui faudra trois semaines pour rentrer et être démobilisé le 23 mai 1945. Ils n’auront pas besoin de se déplacer, Marcel et Germaine, pour se marier à Saint-Gervais-en-Belin deux semaines plus tard.
C’est une belle histoire en temps de guerre ?
Oui ! J’ai découvert des choses étonnantes, par exemple que les courriers amoureux ont été constants, que mon papa notait sur son carnet des lieux où la vie était difficile, qu’il a fait de très longues marches en étant affamé, que les prisonniers en Allemagne étaient bien nourris et qu’ils étaient payés. Malgré les sévices qu’ils ont subis, papa et maman n’ont eu aucune haine, aucun ressentiment à l’encontre des Allemands. En 1970, à la maison, papa discutait longuement avec un jeune allemand. Une famille allemande était à mon mariage. Ma sœur a vécu avec un Allemand. Mes parents l’ont considéré comme un membre de la famille. Je crois qu’ils ont toujours fait la différence entre les Allemands et le nazisme.
Du 8 au 12 novembre, exposition à la salle des fêtes. Commande et réservation d’un livre (40 € édition limitée) au 06 48 93 80 31 ou par mail (gilles.fouqueray72@gmail.com).